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E.Rials, rédacteur

11/01/26

La Biennale des quatuors à cordes 2026 : huit jours où Paris écoute autrement

Du 10 au 18 janvier, la Philharmonie de Paris fait du quatuor un laboratoire à ciel fermé : grands noms, jeunes ensembles, création et questions très concrètes sur ce que signifie « être quartettiste » aujourd’hui. Une semaine pour réapprendre à écouter, sans jargon.

Il y a des soirs où Paris donne l’impression de courir derrière sa propre vitesse. Et puis il y a ces moments, plus rares, où la ville se met à marcher au pas d’une phrase musicale. Le quatuor à cordes, c’est exactement ça : une allure intérieure. Quatre voix d’une même famille, des frottements, des accords qui se cherchent, des tensions qui se résolvent sans tapage. Et pendant huit jours, du 10 au 18 janvier 2026, la Philharmonie de Paris en fait son centre de gravité avec la 12e Biennale de quatuors à cordes.


Je me suis attardé sur un rendez-vous en apparence modeste dans la programmation : une table ronde (samedi 10 janvier à 18h30, Amphithéâtre – Cité de la musique) posant une question toute simple et, au fond, vertigineuse : « Être quartettiste en 2026 en France, en Europe, qu’est-ce que c’est ? » J’aime ces formats, parce qu’ils ramènent la musique au réel : au travail, aux choix de répertoire, aux fragilités d’une carrière, et à la place que la culture occupe vraiment dans nos vies.


La Philharmonie résume très bien l’esprit : ces conférences et tables rondes servent à préparer l’écoute et à approfondir la thématique du week-end, en explorant la musique et son contexte historique et sociétal. On n’est pas dans le cours magistral. On est dans l’atelier.


Le quatuor : une « épreuve de vérité » (et c’est pour ça qu’on y revient)

La Philharmonie parle du quatuor comme d’un genre « à part », un lieu privilégié de recherche pour les compositeurs, parfois même un chemin de spiritualité. J’insiste sur ces mots, parce qu’ils expliquent pourquoi un événement de musique de chambre peut devenir, en janvier, un vrai sujet de société.


Le quatuor à cordes ne triche pas. Il ne se cache pas derrière la masse orchestrale. Il ne s’adosse pas à la virtuosité solitaire d’un soliste. Il expose. Il oblige à entendre qui mène, qui cède, qui relance. C’est probablement pour ça qu’il traverse les siècles avec cette autorité tranquille.


Et c’est aussi pour ça que la table ronde « Être quartettiste en 2026 » m’intéresse autant. Parce qu’au-delà de la beauté, il y a une question simple : comment vit-on, aujourd’hui, quand on a choisi ce métier si exigeant ? Le quatuor échappe-t-il à la crise culturelle, ou la subit-il de plein fouet ? Les manières de travailler ont-elles changé ? À l’heure où tout va vite, où tout se consomme, le quatuor réclame du temps. Or le temps est devenu notre ressource la plus chère.


Une ouverture comme un manifeste : Ébène + Belcea, et la grande forme

La Biennale s’ouvre avec un tandem très symbolique : Quatuor Ébène et Quatuor Belcea. Le programme du samedi 10 janvier (20h) met en avant Mozart, Debussy, puis l’Octuor d’Enesco.


Ce choix n’est pas anodin. L’octuor, c’est l’explosion contrôlée : deux quatuors qui se répondent, se provoquent, s’embrassent, parfois se bousculent. Il y a là une idée très actuelle : la chambre qui devient publique. La musique de chambre qui sort de sa miniature et ose la fresque.


Et ce n’est pas un hasard si plusieurs sources insistent sur cette « grande forme » : Classicagenda rappelle l’ambition de ce week-end d’ouverture et met en avant ce dialogue Ébène–Belcea autour d’Enesco et Mendelssohn. La Ville de Paris, de son côté, résume l’esprit de l’événement : grands quatuors, étoiles montantes, concours de lutherie, concert de clôture en forme d’apothéose.


Ce que la programmation raconte (et ce que je lis entre les lignes)

Le magazine de la Philharmonie parle d’une programmation foisonnante, réunissant des formations internationales de premier plan et de jeunes ensembles prometteurs, sur un répertoire qui explore toutes les facettes du genre. Le Journal La Terrasse ajoute un angle intéressant : la Biennale ausculte depuis 2004 la vitalité du quatuor, « du répertoire aux écritures contemporaines », avec un focus cette année sur la musique américaine (des « inventeurs du Nouveau Monde »), et une ouverture vers des scènes où les frontières entre classique, jazz, pop et électro s’effacent.


Je trouve que c’est là le vrai cœur du sujet : le quatuor n’est plus seulement un musée vivant. Il devient un outil pour comprendre notre époque. On peut y entendre Haydn ou Mozart comme des fondations, mais aussi écouter ce que le monde a fait au son des cordes, et ce que les cordes font au monde.


Les coulisses de la transmission : « Après-midi du Quatuor » et auditions

Je suis toujours attentif à la manière dont un festival articule la vitrine et la relève. Ici, la Biennale le fait explicitement.

  • D’abord avec L’Après-midi du Quatuor, un marathon de jeunes ensembles (Akilone, Barbican, Fibonacci, Galilée, Hermès, Magenta) le 10 janvier à 13h.

  • Ensuite avec l’Audition internationale de quatuors à cordes, le 17 janvier, où des ensembles sélectionnés jouent devant des personnalités du monde musical.

Ce sont des moments précieux, parce qu’ils disent une vérité simple : la musique classique ne tient pas seulement par les monuments. Elle tient par la formation, l’accompagnement, les scènes où l’on se mesure.


Le final : quand le quatuor se frotte à l’orchestre (et à Beethoven)

La clôture, le 18 janvier, met le Quatuor Ébène avec l’Orchestre Français des Jeunes, sous la direction de Kristiina Poska, autour de Beethoven et John Adams, avec Absolute Jest.


Ce qui me plaît dans ce programme, c’est le fil invisible : John Adams construit Absolute Jest en intégrant des fragments de Beethoven (notamment des emprunts aux opus 131 et 135, et à la Grande Fugue). Ce n’est pas qu’un “grand concert”. C’est une manière de dire : le quatuor n’est pas une chapelle. Il peut être un moteur.


Mon conseil très concret (et un peu trivial) pour profiter de la Biennale

Je le dis sans romantisme : ne venez pas au hasard. Si vous êtes curieux, commencez par la table ronde « Être quartettiste en 2026 » : c’est une porte d’entrée sans intimidation, et c’est souvent là que naît l’envie d’écouter ensuite “pour de vrai”. Puis choisissez un concert comme on choisit un livre : pas pour cocher une case, mais pour sortir avec une idée en tête.

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