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E.Rials, rédacteur

31/10/25

Varsovie couronne, Strasbourg renonce : quand l'excellence côtoie les renoncements

Entre triomphe pianistique polonais et contraintes budgétaires françaises, la semaine écoulée révèle les paradoxes d'un monde lyrique tiraillé entre ambition artistique et réalités économiques. Gloires et désillusions se côtoient dans cette actualité contrastée.

Je vous l'avoue : cette semaine m'a laissé un goût doux-amer. D'un côté, le frisson de Varsovie où un jeune Américain vient d'inscrire son nom au panthéon des géants du piano. De l'autre, la désillusion strasbourgeoise, où l'une de nos plus belles maisons doit renoncer à ses rêves faute de moyens. C'est toute la contradiction de notre époque : l'excellence continue de briller, mais nos institutions peinent à maintenir le cap face aux turbulences budgétaires. Entre consécration internationale et renoncements hexagonaux, je vous invite à parcourir avec moi cette actualité qui dit beaucoup de l'état de notre monde musical.


Eric Lu triomphe au Concours Chopin : l'Amérique retrouve Varsovie 55 ans après

C'est aux alentours de deux heures du matin, le 21 octobre dernier, qu'Eric Lu a été sacré vainqueur du prestigieux Concours international de piano Chopin à Varsovie. Le pianiste américain de 27 ans devient ainsi le premier représentant des États-Unis à décrocher ce prix mythique depuis 1970. Élève de Dang Thai Son — lui-même lauréat en 1980 —, Eric Lu s'est imposé face à dix autres finalistes avec une interprétation qui a divisé le public. Les 60 000 euros de récompense et surtout les portes des plus grandes salles du monde s'ouvrent désormais à ce jeune prodige d'origine chinoise et taïwanaise. Mais comme le relate ResMusica dans son compte-rendu de la finale, le verdict a suscité des sifflements dans la salle, révélant les tensions qui entourent toujours ce concours quasi centenaire. Cette victoire confirme néanmoins qu'au-delà des polémiques, le talent finit toujours par s'imposer sur la scène internationale.


L'Opéra du Rhin contraint d'abandonner Follies : les réalités économiques rattrapent les ambitions

Coup dur pour Strasbourg. L'Opéra national du Rhin annonce devoir renoncer à la nouvelle production de Follies, la comédie musicale de Stephen Sondheim prévue pour juin 2026. Le retrait du Théâtre du Châtelet de ce projet de coproduction, couplé aux difficultés à rassembler les financements nécessaires, contraint l'institution alsacienne à faire machine arrière. Cette annulation illustre cruellement les défis auxquels nos opéras régionaux font face. L'OnR, qui doit entamer de lourds travaux de rénovation entre 2028 et 2033, propose néanmoins une solution de repli : Gypsy, autre comédie musicale de Jule Styne avec des paroles signées... Sondheim justement, toujours mise en scène par Laurent Pelly et avec Natalie Dessay. Un lot de consolation qui ne masque pas l'inquiétude face à ces renoncements qui s'accumulent dans le paysage lyrique français. Nos maisons d'opéra méritent mieux que cette gestion au jour le jour qui sacrifie l'ambition artistique sur l'autel des restrictions budgétaires.


Victoires de la Musique Classique 2025 : les nommés dévoilés avant la cérémonie de mars

La 32e édition des Victoires de la Musique Classique se précise. La liste des nommés a été dévoilée, et la cérémonie se tiendra début mars 2026 à l'Opéra de Rouen Normandie, avec une retransmission sur France 3 et France Musique. Côté artistes lyriques, trois belles voix s'affrontent : la mezzo-soprano Adèle Charvet, le baryton Stéphane Degout et la mezzo Lucile Richardot. Dans la catégorie Révélation, on trouve la mezzo Floriane Hasler, le ténor Julien Henric et la soprano Julie Roset, lauréate du concours Operalia 2023. Ces Victoires mettent aussi en lumière trois compositeurs français — Régis Campo, Francesco Filidei et Benoît Menut — qui portent haut les couleurs de la création hexagonale. Stéphane Bern présentera cette cérémonie qui continue, année après année, de célébrer nos talents nationaux dans un écrin prestigieux. Une belle tradition qui mérite d'être soutenue, tant elle participe au rayonnement de la musique classique française dans le paysage culturel européen.


L'Ensemble intercontemporain nomme trois nouveaux chefs assistants

Trois jeunes chefs d'orchestre ont été nommés assistants de l'Ensemble intercontemporain, la formation dirigée par Pierre Bleuse. Ils rejoindront l'institution à partir de janvier 2026 pour une durée de deux ans : Luibov Nosova, cheffe d'orchestre russe de 32 ans, Polina Lebedieva, cheffe ukrainienne de 24 ans, et Gabriel Durliat, pianiste et chef d'orchestre français de 24 ans. Cette nomination perpétue la mission de transmission chère à Pierre Boulez, fondateur de l'ensemble. Former de jeunes chefs à l'exigence de la musique contemporaine reste un enjeu capital pour l'avenir de notre patrimoine musical. Ces trois talents vont pouvoir se frotter aux partitions les plus audacieuses du répertoire et apprendre au contact des meilleurs solistes de France. Une excellente nouvelle qui montre que notre pays continue d'investir dans la formation des générations futures.

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