Les Nuits musicales d’Uzès, un 55e voyage entre grand répertoire et horizons lointains
- Emmanuel Rials

- 22 juil.
- 3 min de lecture
À Uzès, dans le Gard, le festival emblématique des Nuits musicales d’Uzès 2026 célèbre cet été sa 55e édition sous le signe du voyage sonore. Depuis le mercredi 22 juillet jusqu’au 29, les prestigieux monuments historiques que sont la cour du Duché et l’évêché se transforment en scènes vivantes, accueillant une programmation qui offre au public une traversée musicale du romantisme allemand aux rythmes vibrants du Cap-Vert, en passant par l’Italie, le Caucase, l’Orient et le jazz manouche.
Une tradition de plus d’un demi-siècle placée sous le signe de l’exigence et de l’éclectisme
Nées dans le contexte des années 1970, les Nuits musicales d’Uzès se sont imposées avec force dans le paysage culturel régional. Ce festival a su mêler un haut niveau artistique à une ouverture toujours plus large vers diverses esthétiques musicales. Véritable carrefour sonore, il fédère une programmation où la musique classique côtoie les musiques populaires et les traditions venues d’autres continents.
La cour du Duché, joyau du patrimoine local, devient ainsi un écrin majestueux pour les grandes formations orchestrales et les récitals solistes, offrant une acoustique et un cadre historique qui intensifient l’émotion des soirées. En parallèle, l’évêché accueille des concerts intimistes, souvent hybrides, qui misent sur la proximité avec le public et l’innovation artistique.
Un programme riche et varié repoussant les frontières musicales
Le festival s’ouvre le 22 juillet à 21 h 30 avec un récital du pianiste britannique Benjamin Grosvenor, reconnu internationalement comme l’un des plus grands spécialistes du piano romantique. Son programme se déploie autour d’œuvres rarement jouées de Beethoven, dont les variations sur God Save the King et Rule Britannia, suivies de la Fantaisie op. 17 de Schumann, de la Sonate n° 2 de Scriabine, et sera clos par la puissante Sonate n° 2 de Chopin, célèbre pour sa Marche funèbre empreinte de gravité.
Le 24 juillet, place à l’Ensemble Matheus dirigé par Jean-Christophe Spinosi qui propose une soirée dédiée à l’Italie avec un programme exaltant. Entre ouvres lyriques de Mozart et Rossini, ainsi que les ouvertures de Schubert et Mendelssohn, le public est invité à vibrer au rythme d’une musique pleine de vivacité, de couleur et d’ardeur.
Les territoires lointains à l’honneur
Le festival prend ensuite un tournant vers des sonorités plus éloignées avec le concert du pianiste et compositeur André Manoukian accompagné de son quartet pour présenter La Sultane, un projet inédit qui mêle jazz, musiques du Caucase et de l’Orient. Cette création témoigne de la richesse des rencontres artistiques et de l’importance de l’improvisation dans la musique contemporaine.
Le 28 juillet, le trio de jazz manouche formé par Stochelo et Mozes Rosenberg revisite les thèmes mélancoliques des compositions de Charlie Chaplin, offrant une interprétation virtuose et nostalgique, fidèle à la tradition héritée de Django Reinhardt.
Enfin, la clôture du festival le 29 juillet propose un hommage poignant à Cesaria Evora avec le Cesaria Evora Orchestra. Cette formation réunit certains des meilleurs musiciens cap-verdiens actuels et célèbre la mémoire de la « Diva aux pieds nus », à travers les rythmes et mélodies de la morna. Les voix de Ceuzany, Lucibela, Lura et Teofilo Chantre portent un héritage chargé d’émotions, symbolisant le dialogue entre tradition et modernité.
Un festival qui allie rigueur artistique et ouverture culturelle
En une semaine, les Nuits musicales d’Uzès 2026 offrent un véritable voyage à travers les siècles et les cultures, témoignant de la capacité du festival à conjuguer fidélité à son identité et soif de renouvellement. De la redécouverte d’œuvres rares à la mise en lumière de musiques longtemps marginalisées, cette édition affirme avec force l’importance du dialogue entre musiques savantes et universelles.
Le public est invité à se laisser transporter à travers ces divers univers sonores, où chaque note raconte une histoire, chaque mélodie une émotion. Dans un contexte où les festivals se doivent d’être à la fois ancrés et innovants, les Nuits musicales d’Uzès prouvent qu’il est possible d’allier tradition et aventure artistique, offrant ainsi une expérience musicale unique dans un cadre d'exception.



