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Mozart en intégrale au Collège des Bernardins : Jean-Marc Luisada clôture le cycle des sonates pour piano

Le jeudi 15 octobre 2026 à 20h, le prestigieux Collège des Bernardins, situé au cœur du 5e arrondissement de Paris, accueille un rendez-vous musical d'exception entièrement dédié à Wolfgang Amadeus Mozart. Cette soirée clôturera le remarquable cycle consacré aux sonates pour piano du compositeur autrichien, avec le talentueux pianiste français Jean-Marc Luisada à l'interprétation. Le programme mêle trois des sonates les plus emblématiques de Mozart – numéros 11, 13 et 17 – ainsi que la puissante Fantaisie en do mineur K. 475, offrant aux mélomanes une immersion profonde dans l'univers pianistique mozartien.

Une Saison Mozart ambitieuse au Collège des Bernardins

Depuis l’automne 2025, le Collège des Bernardins dédie sa saison musicale à explorer en intégralité l’œuvre variée et riche de Mozart. Avec près d'une cinquantaine de concerts programmés entre novembre 2025 et décembre 2026, cette initiative unique ambitionne de présenter les 41 symphonies, 18 sonates pour piano, 12 motets et une sélection de projets lyriques et pédagogiques autour du génie viennois. Cinq pianistes, chacun apportant son style et tempérament propres, se sont partagés les soirées consacrées aux sonates, couvrant ainsi ce corpus écrit principalement durant les années 1770 et 1780.

Jean-Marc Luisada, figure reconnue pour son interprétation sensible et poétique du répertoire classique et romantique, est invité à incarner la dernière étape de ce parcours. Son approche, particulièrement attentive aux nuances et au phrasé, promet de révéler des dimensions nouvelles à ces œuvres familières.

Les chefs-d’œuvre au programme

Le concert commence avec la célèbre Sonate n° 11 en la majeur K. 331, notamment renommée pour son final emblématique, le « Rondo alla Turca ». Cette pièce, composée au début des années 1780 et éditée à Vienne en 1784, se singularise par une architecture atypique : un thème suivi de variations en premier mouvement, un menuet en second, et enfin le vibrant Rondo finale. Cette dernière partie, imprégnée par la mode des musiques « à la turque » alors très en vogue en Europe centrale, est devenue un des piliers du répertoire pianistique. Jean-Marc Luisada, qui propose régulièrement cette sonate dans ses cours et concerts, sait en exalter le caractère dansant et les subtilités dynamiques.

Ensuite, la Sonate n° 13 en si bémol majeur K. 333, dite « Linz » du nom de la ville où Mozart la composa en 1783, illustre la plénitude créatrice du compositeur. Composée en trois mouvements, elle conjugue un allegro mélodique, un andante introspectif, et un finale virtuose mettant en valeur la clarté et l’équilibre formels. Cette sonate partage son surnom avec la Symphonie n° 36, témoignant du contexte de réalisation exceptionnel de Mozart à Linz.

Plus tardive, la Sonate n° 17 en si bémol majeur K. 570 reflète une écriture raffinée d'une apparente simplicité marquée par un contrepoint subtil. Avec ses trois mouvements – un allegro épuré, un adagio méditatif et un allegretto gracieux –, cette œuvre de 1789-1790 clôt brillamment la série. Notons que de manière impropre, elle est parfois appelée « Sonate à la turque », un surnom historiquement attribué à la sonate K. 331, soulignant une simplification dans les programmations grand public.

Pour compléter ce triptyque de sonates, la Fantaisie en do mineur K. 475 vient apporter une dimension dramatique et expressive. Composée en 1785, cette pièce souvent qualifiée de « roman pour piano » mêle ruptures de tempo, modulations complexes et émotions intenses. Même si elle ne figure pas officiellement parmi les 18 sonates, elle partage avec celles-ci une densité et une intimité particularisées, justifiant pleinement son intégration dans ce parcours complet.

Contexte historique et artistique du cycle Mozart

Le lancement de cette intégrale au Collège des Bernardins intervient dans un cadre à la croisée de la musique, de la spiritualité et de la réflexion culturelle. Sous l'égide du diocèse de Paris, l'institution propose une série d'événements – colloques, conférences, expositions et concerts – qui questionnent la place de la création artistique dans le monde contemporain. Cette approche multidisciplinaire enrichit l'expérience auditive et invite à considérer la musique de Mozart comme un vecteur universel d'expression humaine et de quête spirituelle.

L'iconographie de la Saison Mozart a été confiée au peintre Augustin Frison-Roche, avec son œuvre « Papageno & Papagena », huile sur bois ornée de feuilles d’or réalisée en 2025. Ce choix évoque l’univers symbolique et populaire de l'opéra « La Flûte enchantée », soulignant la richesse polysémique de l’œuvre mozartienne, accessible à la fois au grand public et aux connaisseurs.

Jean-Marc Luisada : un interprète au service de la tradition et de l'innovation

Né en 1958, formé auprès de maîtres tels que Marcel Ciampi, Dominique Merlet ou Paul Badura-Skoda, Jean-Marc Luisada s’est distingué par une finesse expressive et un tempérament poétique. Tout en étant particulièrement reconnu pour ses interprétations de Chopin, il est un passionné de Mozart, ayant régulièrement joué les sonates en récital et en concerto, notamment avec l’Hong Kong Sinfonietta et lors de masterclasses dédiées.

Au Collège des Bernardins, il investit un espace qui favorise l’intimité et la proximité, permettant au public d’apprécier la richesse et la subtilité des œuvres, souvent perçues à tort comme des standards banalisés. Son jeu allie respect de la tradition et expressivité personnelle, rendant tangible la vitalité intemporelle de ces chefs-d’œuvre.

Un événement culturel et spirituel majeur à Paris

Ce concert du 15 octobre 2026 constitue un moment fort dans une saison consacrée à renouveler le regard sur Mozart à Paris. En évoquant tant la virtuosité éclatante du « Rondo alla Turca » que les atmosphères plus méditatives et dramatiques de la Fantaisie, le cycle met en lumière la diversité et la profondeur du catalogue pianistique mozartien.

Alors que l’intégrale des sonates se conclut, la Saison Mozart poursuit sa route avec la programmation des symphonies et motets, consolidant cette célébration comme un parcours musical et intellectuel d’ampleur exceptionnelle. Pour le Collège des Bernardins et le diocèse de Paris, cette immersion est aussi une invitation à réfléchir sur la signification et les résonances de la musique classique auprès du public actuel, soulignant la vitalité persistante de l’héritage de Mozart.

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