Radio France clôture sa saison symphonique 2026 avec trois chefs d'orchestre emblématiques
- Emmanuel Rials

- il y a 4 jours
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À Paris, la Maison de la Radio et de la Musique s'apprête à vivre un moment fort de la saison symphonique 2025-2026 grâce à une série de concerts exceptionnels. En juin 2026, Radio France invite les mélomanes à découvrir un parcours musical riche et varié orchestré par trois chefs d'orchestre de renommée internationale : Cristian Macelaru, Riccardo Muti et Jaap van Zweden. Ces soirées succèdent au fil des 11, 18, 19 et 20 juin, dans l'emblématique Auditorium de la Maison de la Radio, réunissant l'Orchestre National de France et l'Orchestre Philharmonique de Radio France pour une célébration du répertoire classique, de la création contemporaine et de la redécouverte de trésors méconnus.
Une programmation audacieuse au cœur du projet artistique de Radio France
Depuis plusieurs années, Radio France inscrit sa programmation dans une dynamique alliant tradition et modernité. Cette fin de saison n’échappe pas à cette règle, mettant en lumière des compositeurs d'hier et d'aujourd’hui dans une volonté affirmée de valoriser le patrimoine tout en soutenant la création contemporaine. On retrouve ainsi Cristian Macelaru, directeur musical de l’Orchestre National de France depuis 2020, dont l'engagement pour la musique vivante s'illustre à travers la mise en avant régulière de compositeurs actuels.
L'arrivée prochaine de Jaap van Zweden à la tête de l’Orchestre Philharmonique à l’automne 2026 est annoncée comme un tournant prometteur. Le chef néerlandais, reconnu mondialement, a créé une alchimie immédiate avec les musiciens, qualifiée de "coup de foudre" dès leur première collaboration à l'automne 2023. Entre ces deux personnalités de la nouvelle génération, Riccardo Muti, chef vénérable et figure mythique, incarne la continuité d'une tradition dirigée par le génie et l'exigence.
Première mondiale et dialogues esthétiques : la soirée du 11 juin avec Cristian Macelaru
Le cycle s’ouvre le 11 juin avec l’Orchestre National de France sous la baguette de Cristian Macelaru. Le moment phare de cette soirée est la création mondiale d’Études, concerto pour orchestre, œuvre commandée par Radio France au compositeur français Thierry Escaich. Figure majeure de la création contemporaine française, organiste virtuose et improvisateur reconnu, Escaich s'inscrit ici dans la grande tradition des concertos pour orchestre inaugurée au XXe siècle par des maîtres comme Béla Bartók, Witold Lutosławski ou György Ligeti. Cette commande s'inscrit parfaitement dans l'identité artistique de l'Orchestre National de France qui conjugue excellence interprétative et avant-garde musicale.
Le programme crée également un dialogue entre générations et esthétiques, avec l'inclusion d'oeuvres de deux compositeurs britanniques : Edward Elgar, pilier du romantisme anglais, et Anna Clyne, compositrice contemporaine acclamée pour sa poésie orchestrale et son énergie. Même si le détail des pièces exécutées n'est pas spécifié, la juxtaposition évoque une rencontre fertile entre héritage et innovation.
Riccardo Muti au sommet de son art : l’Italie à l’honneur le 18 juin
Une semaine plus tard, Riccardo Muti retrouve l’Orchestre National de France pour un programme inédit où l’opéra italien se dévoile sous une forme instrumentale rare. La soirée débute par Contemplazione, une œuvre orchestrale lyrique d’Alfredo Catalani, compositeur du XIXe siècle souvent éclipsé mais remarquable pour son raffinement et sa poésie, reflétant l’esprit du romantisme italien.
L'œuvre suivante, Les Quatre saisons, morceau de ballet extrait de Les Vêpres siciliennes de Giuseppe Verdi, révèle une facette moins connue du compositeur, celle d’un maître de la couleur orchestrale en contexte théâtral. Cette œuvre, rarement jouée en concert, offre au public l'occasion d'une redécouverte.
En seconde partie, la Symphonie n° 4 de Piotr Ilitch Tchaïkovski conclut la soirée en apothéose. Chef-d’œuvre romantique russe, cette symphonie est imprégnée d’un thème du destin puissant et d’un final flamboyant, une partition que Riccardo Muti connaît intimement et qu'il a régulièrement dirigée dans les plus prestigieux orchestres.
Jaap van Zweden inaugure sa direction avec des œuvres emblématiques et une création française
Les 19 et 20 juin, l’Orchestre Philharmonique de Radio France passe sous la direction de son futur directeur musical, Jaap van Zweden, pour une double soirée qui marie tradition et contemporanéité. Au programme, la première française de B-Day de Betsy Jolas, figure majeure de la musique contemporaine française, née en 1926 et toujours active compositrice. Cette œuvre courte mais dense, conçue pour un effectif orchestral réduit, est un hommage à la longévité et à la créativité, rappelant la relation étroite de Jolas avec les orchestres de Radio France qui ont souvent défendu sa musique.
Ce volet contemporain est mis en perspective avec deux monuments du répertoire symphonique. La Symphonie n° 40 de Mozart, composée à seulement 32 ans, est une œuvre marquante et l’une des rares symphonies en mode mineur de ce compositeur. Elle se distingue par sa profondeur émotionnelle et sa tension constante.
Enfin, Le Sacre du printemps d’Igor Stravinski, dont la création parisienne révolutionnaire en 1913 a fait date dans l’histoire de la musique, conclut ce périple symphonique. Cette œuvre, au rythme effréné et à l’orchestration novatrice, reste un défi tant pour les interprètes que pour les auditeurs, incarnant la modernité au début du XXe siècle.
Une saison riche, reflet des engagements et de la diversité artistique de Radio France
Ces quatre soirées condensent parfaitement l’identité artistique de la Maison de la Radio et de la Musique : un ancrage solide dans la tradition européenne, un soutien sincère à la musique contemporaine et un déploiement d’orchestres d’excellence. Elles traduisent aussi la richesse des profils des chefs invités, chacun apportant sa personnalité, sa vision et son expertise, de la rigueur de Muti à la passion novatrice de Macelaru, jusqu’à l’arrivée prometteuse de van Zweden.
Au-delà des notes, ces concerts s’inscrivent dans une dynamique culturelle plus large à Paris, où la Maison de la Radio joue un rôle central pour la vie symphonique et musicale. Le public est invité à profiter de ces moments exceptionnels dans les meilleures conditions, avec un accueil soigné et des mesures de sécurité adaptées.
Enfin, cet événement annonce une saison 2026-2027 prometteuse, mettant en avant les créations, les trésors oubliés et les chefs d’œuvre qui font vibrer les salles, confirmant Radio France comme un acteur phare de la vie musicale française et européenne.



