Rossini, le compositeur qui écrivait avec des truffes et du foie gras
- Emmanuel Rials

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Dernière mise à jour : il y a 2 jours

À Paris, dans les années 1820, Gioachino Rossini ne se contente pas d’enchanter les scènes : il hante aussi les grandes tables. Au point qu’un chef de la Maison Dorée, Casimir Moisson, baptise un plat devenu mythique — le tournedos Rossini — en l’honneur de ce client prestigieux, amateur de foie gras, de truffe et de sauce au madère. Installé dans la capitale, le créateur du Barbier de Séville fréquente la Tour d’Argent, Bofinger ou le Veau-qui-tête, où un banquet mémorable lui est dédié en 1823. La gourmandise, chez Rossini, n’a rien d’anecdotique : elle devient une part de sa légende. Passionné au point de composer un Livre de cuisine pour consigner ses recettes, il revendique lui-même cette priorité de l’assiette sur la partition. « Je cherche des motifs, mais ne me viennent à l’esprit que pâtés, truffes et choses semblables », confie-t-il. Même en voyage, il préfère recevoir des spécialités locales plutôt qu’une médaille. Retiré de l’opéra, Rossini s’autorise alors une musique plus intime, malicieusement réunie sous le titre Péchés de vieillesse. Et le menu est explicite : « Les amandes », « Les noisettes », « Quatre hors d’œuvre », « Ouf, les petits pois », « Hachis romantique »… Jusqu’à une « Petite valse à l’huile de ricin ». Fils d’un inspecteur de boucherie, le compositeur aura fait rimer, comme peu d’autres, virtuosité et gourmandise.



