Tous à l’Opéra 2026 : trois jours gratuits pour découvrir les coulisses des grandes maisons lyriques à Paris et en Île-de-France
- Emmanuel Rials

- il y a 1 jour
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Du vendredi 8 au dimanche 10 mai 2026, les grandes maisons lyriques de Paris et d’Île-de-France ouvrent gratuitement leurs portes au public à l’occasion de la 19e édition de « Tous à l’Opéra ». Placée cette année sous le sous-titre « Jeunesses », la manifestation invite curieux, familles, mélomanes confirmés ou simples promeneurs à découvrir les coulisses de l’opéra, depuis les ateliers de costumes jusqu’aux plateaux de répétition, en passant par les salles mythiques comme le Palais Garnier ou l’Opéra Royal du Château de Versailles. Pendant trois jours, visites, ateliers, concerts, masterclasses et rencontres avec les professionnels du spectacle vivant sont proposés sans frais, parfois sur réservation, à Paris, Versailles et Massy. Lancée en 2007 à l’initiative de la Réunion des Opéras de France, « Tous à l’Opéra » s’est imposée au fil des ans comme l’un des grands rendez-vous nationaux de démocratisation de la culture. Selon les organisateurs, plus d’un million et demi de visiteurs ont déjà franchi les portes des opéras participants depuis la création de l’événement. L’édition 2026, coordonnée par les Opéras de France avec le soutien du ministère de la Culture, s’inscrit dans la continuité de cette ambition, tout en mettant un accent particulier sur le renouvellement des publics et des métiers. La thématique « Jeunesses » se décline à plusieurs niveaux : jeunesse des spectateurs, invités à découvrir un univers souvent perçu comme intimidant ; jeunesse des artistes et techniciens en formation ; mais aussi nouvelle génération de métiers d’art et de professions techniques qui assurent le futur des maisons d’opéra. Cette orientation est portée par deux marraines, la chanteuse et comédienne Marie Oppert, pensionnaire de la Comédie-Française, et la chanteuse Neïma Naouri, qui se font cette année les voix de l’opération à l’échelle nationale. À Paris et en Île-de-France, plusieurs institutions majeures participent à cette 19e édition. Le Palais Garnier, l’Opéra Bastille, le Théâtre National de l’Opéra-Comique, l’Opéra Royal du Château de Versailles et l’Opéra de Massy ont dévoilé un programme dense mêlant découverte architecturale, immersion en coulisses et temps d’échange avec les équipes. L’Opéra national de Paris, qui rassemble le Palais Garnier et Bastille, s’inscrit pleinement dans la dynamique de l’événement portée à l’échelle du pays par la Réunion des Opéras de France et relayée notamment par Radio France et France Musique. Les trois journées des 8, 9 et 10 mai s’annoncent ainsi comme un parcours à la carte pour les Franciliens et les visiteurs de passage. Le Palais Garnier, symbole historique du théâtre lyrique français, ouvrira gratuitement ses portes le samedi 9 mai de 10 h à 17 h, avec un dernier créneau de visite fixé à 15 h 30 et une dernière entrée à 16 h. La visite doit être réservée en ligne à partir du 5 mai, à 14 h 30, sur le site de l’Opéra national de Paris. Le public pourra déambuler dans les foyers, les escaliers, les galeries et les espaces habituellement payants pour les visites, et ainsi découvrir le faste de cette salle inaugurée à la fin du XIXe siècle. Cette ouverture exceptionnelle s’inscrit dans la logique de « Tous à l’Opéra » qui, chaque année, permet à un large public d’accéder sans frais à des lieux considérés comme emblématiques mais parfois méconnus dans leur fonctionnement quotidien. Non loin de là, le Théâtre National de l’Opéra-Comique consacrera la journée du samedi 9 mai, à partir de 10 h, à une série d’activités gratuites centrées sur la découverte de la fabrique d’un spectacle. Certaines nécessitent une réservation en ligne, mais l’ensemble reste accessible à tous les publics. Des séances « Bébés chœurs » offriront, à 10 h 15 et 11 h 15, une première expérience musicale à destination des tout-petits de 0 à 3 ans. Des visites guidées de l’Opéra-Comique seront proposées de 10 h à 12 h 30, complétées par des ateliers de chant à 10 h 30 et 13 h pour chanter en chœur sur la place Boieldieu. Le théâtre ouvrira aussi ses ateliers de création de costumes et perruques, sur réservation, et proposera une conférence participative « Chantez les vaudevilles » à 12 h et 14 h. Une visite chantée conduite par le ténor et conférencier Grégoire Ichou permettra de parcourir le lieu en musique à 13 h et 16 h, tandis qu’un atelier « chant relax » de 14 h à 15 h se voudra inclusif, notamment pour les personnes en situation de handicap psychique ou mental. La journée sera également rythmée par une « fabrique d’un opéra » sous forme de valise pédagogique, des expositions de maquettes de décor et de costumes, ainsi qu’une guinguette installée sur la place Boieldieu. À l’Opéra Bastille, le programme du samedi 9 mai s’articule autour de la rencontre avec les artistes et les métiers. Une masterclasse de violon réunira le public et Petteri Iivonen, premier violon de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, à 14 h 30, sur inscription gratuite à partir du 5 mai. Dans le studio de Bastille, transformé en petite salle de cinéma de 200 places, le public pourra découvrir, sur différents créneaux de la journée, des films et documents audiovisuels issus des archives de l’Opéra : « ADO ou apprentissage de l’Orchestre », « Danser à Tokyo », les ballets sur la musique de Ravel ainsi que des extraits de « Les Métiers d’art ». Une déambulation libre ou accompagnée sera possible dans ce théâtre inauguré à la fin du XXe siècle, tout de verre et de marbre, avec des masterclasses et ateliers proposés entre 10 h et 17 h. Un cours de danse, la « barre publique », sera animé par le professeur du Ballet Andrey Klemm à 10 h 30, sur inscription, tandis que des animations musicales « Mettez vos oreilles au diapason » résonneront dans les coursives à partir de 14 h 15, sous la direction d’Alexander Martin, directeur de la musique de scène. En grande couronne, l’Opéra de Massy participera également à l’événement en ouvrant largement ses portes le samedi 9 mai à partir de 10 h. Les visiteurs pourront découvrir les salles et les coulisses autour de la production de l’opéra « Barbe Noir », avec des animations et surprises prévues notamment sur le parvis. Cette maison francilienne, souvent citée en exemple pour sa politique d’ouverture vers de nouveaux publics, fait partie des opéras mis en avant par la Réunion des Opéras de France dans le cadre de cette édition 2026. À Versailles, l’Opéra Royal du Château proposera une visite exceptionnelle les vendredi 8 mai, de 13 h à 18 h, et samedi 9 mai, de 11 h à 18 h, en accès libre, gratuit et sans réservation. Le public pourra ainsi parcourir l’Opéra Royal, de ses dessous historiques à la colonnade, en passant par la loge du Roi et le parterre. Des présentations d’instruments atypiques de la musique baroque, des démonstrations de chant par de jeunes interprètes dans le Foyer Royal et des démonstrations de danses baroques par le Ballet de l’Opéra Royal sont au programme, ainsi qu’une exposition de costumes de scène créés pour des productions données à Versailles. Au-delà de l’Île-de-France, l’édition 2026 de « Tous à l’Opéra » implique, selon la Réunion des Opéras de France, vingt-cinq maisons partenaires dans tout le pays, de Bordeaux à Lyon, en passant par le Capitole de Toulouse, l’Opéra national du Rhin, Nancy, Lille, Rennes, Nice ou encore Toulon. Partout, la même volonté : rendre visibles les métiers et les espaces habituellement cachés, faire tomber les barrières symboliques qui entourent encore parfois l’opéra, et encourager la venue de nouveaux publics, en particulier les jeunes. France Musique, partenaire de l’événement, annonce ainsi une mobilisation éditoriale pour relayer les initiatives, tandis que les opéras eux-mêmes multiplient les formats participatifs : ateliers chant, rencontres, parcours pédagogiques, répétitions ouvertes. Les organisateurs de « Tous à l’Opéra » soulignent que la fréquentation de ces journées gratuites confirme chaque année l’appétence du public pour la découverte du spectacle vivant lyrique lorsqu’il est rendu accessible, financièrement comme symboliquement. L’édition 2026, avec son thème « Jeunesses », s’inscrit aussi dans un contexte plus large de réflexion sur l’avenir des institutions culturelles, leur capacité à se renouveler et à recruter de nouveaux talents dans l’ensemble des métiers, de la régie à la scénographie en passant par les métiers d’art. À court terme, les 8, 9 et 10 mai offriront aux Franciliens l’occasion de pousser la porte d’institutions souvent admirées de loin et d’y entrer librement. À moyen terme, ces journées pourraient contribuer à susciter des vocations et à ancrer davantage l’opéra dans le paysage culturel du quotidien. Reste à voir si cette ouverture ponctuelle se traduira par une fréquentation renouvelée au fil de la saison, mais les chiffres cumulés depuis 2007 laissent déjà entrevoir l’impact durable de ce rendez-vous désormais installé dans le calendrier culturel du printemps.



