À Nice, la cathédrale Sainte-Réparate fait dialoguer Beatles et baroque, de Purcell à Vivaldi
- Emmanuel Rials

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Les 17 et 20 septembre 2026, la cathédrale Sainte-Réparate au cœur du Vieux-Nice se prépare à accueillir deux soirées musicales exceptionnelles, véritables ponts entre époques et styles : le programme « Beatles Baroque » porté par l’ensemble Les Paladins, suivi des célèbres Quatre Saisons de Vivaldi interprétées par l’Orchestra Paganini de Gênes. Ces rendez-vous conjuguent l’héritage pop inaltérable des Beatles avec la finesse expressive du baroque européen, dans un écrin patrimonial particulièrement propice à la musique sacrée et au concert.
Une rencontre improbable entre Purcell et les Beatles
Initié par le chef et claveciniste Jérôme Corréas, « Beatles Baroque » est un concept audacieux déjà salué sur de nombreuses scènes françaises, de Vézelay à Ivry-sur-Seine ou au théâtre de Suresnes Jean-Vilar. Cette création musicale met face à face deux univers éloignés de trois siècles : Henry Purcell, figure emblématique de la musique baroque anglaise du XVIIe siècle, et les Beatles, icônes mondiales de la pop du XXe siècle. Plus qu’un simple mélange, ce spectacle propose un dialogue subtil nourri de parentés rythmiques et mélodiques, révélant la simplicité ferme et la richesse harmonique qui unissent ces deux mondes.
Le programme et les artistes à Nice
Le 17 septembre, sous la voute majestueuse de la cathédrale Sainte-Réparate, les voix puissantes des sopranos Magali Léger et Anne-Sophie Honoré, du ténor Jean-François Lombard, se mêleront aux sonorités chaleureuses de la viole de gambe d’Olivia Gutherz, de la contrebasse de Franck Ratajczyk et aux jeux du clavecin et de l’orgue par Jérôme Corréas. Fidèle à une approche historiquement informée, l’ensemble Les Paladins manie instruments anciens et ornementations baroques tout en laissant libre cours à une interprétation contemporaine des Beatles.
Histoires et similitudes musicales
La juxtaposition d’airs baroques et de morceaux des Fab Four permet de souligner comment Purcell et Lennon-McCartney partagent « un sens de la mélodie simple, immédiatement mémorisable, et une science des harmonies touchant directement l’auditeur ». Ainsi, basses obstinées, lignes mélodiques épurées et arrangements ingénieux font ponctuellement écho, dans un univers sonore mêlant viole, clavecin et pop. Le spectacle met l’accent sur cette parenté inattendue, sans « baroquiser » les Beatles mais bien en révélant un langage commun et une inventivité créative.
Vivaldi et Les Quatre Saisons : un classique porté par de jeunes virtuoses
Trois jours plus tard, l’Orchestra Paganini de Gênes investira la cathédrale pour une autre facette du baroque, avec la présentation intégrale des Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi – œuvre phare régulièrement programmée dans le monde entier. Composé d’anciens étudiants du conservatoire Niccolò Paganini, ce collectif italien a su se distinguer en Ligurie par son interprétation vivante et énergique de ce cycle concerto, mettant en valeur l’alternance entre parties solistes et textures orchestrales.
Un chef-d’œuvre narratif et musical
Publié en 1725, le cycle associe chaque concerto de violon à un sonnet décrivant poétiquement les caractéristiques atmosphériques et émotionnelles des saisons : le renouveau du printemps, l’agitation estivale, la vendange automnale et le calme hivernal. L’orchestre, sous la direction de Vittorio Marchese, combine virtuosité technique et expressivité rythmique, contribuant à renouveler l’écoute d’un monument du répertoire classique.
Un écrin historique pour une musique intemporelle
Au-delà du contenu musical, la cathédrale Sainte-Réparate apparaît comme un véritable témoin de cette confrontation et fusion culturelle. Lieu de culte historique, elle allie acoustique riche et décor baroque, offrant un cadre idéal pour les musiques sacrées et classiques. Depuis plusieurs années, cet édifice concentre un effort de valorisation du patrimoine niçois par des concerts innovants qui attirent aussi bien mélomanes que curieux.
Une offre culturelle renouvelée sur la Côte d'Azur
Ces deux concerts s’inscrivent dans la diversification croissante des propositions musicales sur la Côte d'Azur, qui marie festivals d’été et saisons régulières. L’alliance entre pop et baroque dans « Beatles Baroque » déroute et enchante, créant une passerelle vers le baroque classique tandis que la consécration de Vivaldi dans l’interprétation de l’Orchestra Paganini illustre la portée toujours actuelle de ce répertoire.
Conclusion : un dialogue musical à savourer
Pour le public niçois, septembre 2026 promet d’être une parenthèse musicale rare, où deux formes d’héritage baroque offriront des expériences complémentaires : l’audace fusionnelle des Paladins et la tradition virtuose italienne. Ces concerts dans la cathédrale Sainte-Réparate réaffirment aussi le rôle de la musique comme passeur culturel, capable d’inviter à l’émotion, à la réflexion et à la découverte, en orchestrant un dialogue sensible entre passé et présent.



