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À Portet-sur-Garonne, la mandoline et l’orgue dialoguent sous les voûtes

il y a 12 minutes
4 min de lecture

Le vendredi 2 octobre 2026 à 20h30, l’église Saint-Martin de Portet-sur-Garonne accueillera « Dansons sous les voûtes », un concert gratuit consacré à une rencontre musicale peu commune entre la mandoline et l’orgue. La mandoliniste Marie Burou et l’organiste Aurélie Samani y proposeront un programme inspiré par les danses et traversant plusieurs siècles de musique, en prélude à la 31e édition du Festival international Toulouse les Orgues. Une seconde représentation est prévue le dimanche 4 octobre à 17h, dans l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Fronton.

À Portet-sur-Garonne, l’entrée sera libre et le concert accessible sans réservation, dans la limite des places disponibles. D’une durée annoncée d’environ une heure, cette proposition s’adresse aussi bien aux habitués de la musique classique qu’aux auditeurs curieux de découvrir autrement deux instruments rarement réunis. Dans l’acoustique particulière de l’église Saint-Martin, le public pourra mesurer comment un instrument à cordes pincées et un grand instrument à tuyaux peuvent partager un même sens du rythme et de la couleur.

Organisé en partenariat avec la Ville de Portet-sur-Garonne, ce rendez-vous illustre la volonté du festival de faire entendre l’orgue au-delà des seules scènes toulousaines. La manifestation principale se déroulera du 7 au 18 octobre 2026 dans plusieurs églises et lieux patrimoniaux de Toulouse, mais des concerts décentralisés sont programmés dès les premiers jours du mois à Portet-sur-Garonne, Tournefeuille, Saint-Lys et Fronton.

Créé en 1996 par les organistes Michel Bouvard et Jan-Willem Jansen, en hommage au musicien et pédagogue Xavier Darasse, Toulouse les Orgues est devenu un rendez-vous important pour la découverte et la valorisation du patrimoine organistique régional. Pour sa 31e édition, le festival annonce une programmation mêlant récitals, musique de chambre, créations, ateliers, conférences et formats plus insolites autour de l’instrument. Le concert de Portet-sur-Garonne s’inscrit pleinement dans cette démarche d’ouverture, en rapprochant l’orgue d’un répertoire et d’une partenaire qui en révèlent d’autres facettes.

« Dansons sous les voûtes » repose sur un contraste assumé. La mandoline, avec son attaque précise et son timbre clair, est décrite par le festival comme un instrument intime, percussif et lumineux. L’orgue déploie au contraire une puissance monumentale, orchestrale et enveloppante. L’enjeu n’est pourtant pas de les opposer, mais de faire circuler l’énergie entre eux. La mandoline peut prendre les couleurs d’une voix d’opéra, d’une guitare populaire ou d’un violon baroque, tandis que l’orgue peut se transformer en orchestre symphonique, en continuo ou en partenaire de musique de chambre.

Le fil conducteur de la danse permet précisément de relier ces univers. Qu’elle soit évoquée par un rythme régulier, une phrase mélodique souple ou un accent populaire, elle donne au programme son mouvement et sa diversité. Les résonances de l’église prolongeront les notes de la mandoline, tandis que les registrations de l’orgue pourront en souligner les élans lyriques, les couleurs baroques ou les inflexions plus contemporaines.

Le répertoire réunira des œuvres de Heitor Villa-Lobos, Wolfgang Amadeus Mozart, Reynaldo Hahn, Georg Friedrich Haendel et Manuel de Falla. Le programme présenté par le Festival du Comminges, qui accueille également ce duo le 3 août 2026 à la cathédrale Sainte-Marie de Saint-Bertrand-de-Comminges, précise plusieurs pièces : des extraits de Mozart, dont « Deh vieni alla finestra » et « Là ci darem la mano », l’« Aria » des Bachianas Brasileiras n° 5 de Villa-Lobos, « A Chloris » de Reynaldo Hahn, « Ombra mai fu » de Haendel et « La vida breve » de Manuel de Falla, dans un arrangement de Fritz Kreisler.

À ces pages s’ajoutent des œuvres de Bach, Astor Piazzolla, Salvatore Cardillo, Raffaele Calace et Pablo Sorozábal. Cette sélection fera passer le public de la musique baroque aux répertoires lyrique, populaire et latino-américain. Elle rappelle aussi que la mandoline ne se limite pas à une image folklorique : son histoire traverse la musique savante, l’opéra, la chanson et la création contemporaine. Face à elle, l’orgue apparaît moins comme un monument figé que comme un instrument capable d’absorber et de transformer des langages très différents.

Marie Burou défend depuis plusieurs années une place renouvelée pour la mandoline dans la musique classique. Présentée sur son site comme une artiste engagée dans le renouveau de l’instrument, elle se produit en soliste et en musique de chambre, de la musique baroque à la création contemporaine. Formée au Conservatoire de Toulouse auprès de Julien Martineau, elle collabore notamment avec le compositeur et chef d’orchestre Joe Hisaishi et enseigne dans les conservatoires de Toulouse et de Tarbes. Son travail s’appuie également sur des arrangements et des créations destinés à élargir le répertoire de la mandoline.

Aurélie Samani possède, de son côté, une double expérience de pianiste et d’organiste. Formée à Pau puis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, elle mène une activité de soliste et de chambriste. Elle a découvert l’orgue à l’âge de onze ans et poursuit depuis un travail d’interprétation, d’improvisation et d’accompagnement. Cette pratique croisée nourrit un projet fondé sur les couleurs, les timbres et la relation entre l’espace de l’église et les instruments qui y résonnent.

À Portet-sur-Garonne, le concert aura lieu dans l’église Saint-Martin, située 5 rue Robert Saintigny, le vendredi 2 octobre à 20h30. La Ville confirme une entrée gratuite et tout public. À Fronton, la seconde date se tiendra le dimanche 4 octobre à 17h, dans l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, au 4 rue de l’Église. Le tarif annoncé est compris entre 5 et 14 euros. Ces deux rendez-vous offriront une première approche du Festival Toulouse les Orgues avant le lancement officiel de l’édition toulousaine, le 7 octobre à la basilique Notre-Dame de la Daurade. Une manière de faire entendre l’orgue autrement, dans un dialogue où la mandoline apporte sa finesse, son rythme et ses accents populaires.

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