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À Paris, le gala de l’Opéra ouvre une saison de danse placée sous le signe de la création

il y a 15 heures
4 min de lecture

Le Palais Garnier accueillait, samedi 10 octobre 2026, le douzième gala d’ouverture de la saison de danse de l’Opéra national de Paris. Organisée à l’occasion du lancement de la saison 2026-2027, cette soirée a réuni artistes, mécènes et personnalités du monde culturel autour d’un programme mêlant la tradition du Ballet et la création contemporaine. Elle a également permis de collecter environ 1,8 million d’euros au bénéfice des activités de l’Opéra. Un rendez-vous artistique, mais aussi un temps fort du financement privé de l’institution, alors que le Palais Garnier doit fermer ses portes pour plusieurs années afin de permettre des travaux de modernisation. Le prochain gala se tiendra donc à l’Opéra Bastille, dans un contexte particulier pour la maison parisienne.

Dans le calendrier de l’Opéra national de Paris, le gala d’ouverture occupe une place singulière. Il donne le ton de la saison tout en offrant un aperçu de la diversité des écritures qui seront défendues par le Ballet. Le public y retrouve les signes les plus reconnaissables de la compagnie, à commencer par le Défilé du Ballet, mais découvre aussi des œuvres récentes et des artistes appelés à compter dans l’avenir de la danse. Cette édition 2026-2027 a ainsi joué sur un équilibre entre cérémonial, transmission et renouvellement.

L’événement est organisé depuis 2014 par l’AROP, l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris. Cette structure s’appuie sur un comité d’honneur composé de donateurs individuels et d’entreprises, ainsi que sur plusieurs mécènes historiques. Chanel, Grand Mécène de l’Opéra national de Paris et mécène d’exception des travaux du Palais Garnier, et Rolex, présentée comme la montre de l’Opéra national de Paris, participent notamment au financement de la production des spectacles. Selon les informations communiquées par l’AROP et reprises par Challenges, les recettes de la soirée permettront de soutenir les activités artistiques de l’institution dans les prochaines saisons. Cette dimension est essentielle pour une maison qui doit financer la création, l’entretien de son répertoire, la formation des jeunes artistes et la présence de ses équipes sur plusieurs scènes.

Le gala a commencé par les interventions d’Alexander Neef, directeur général de l’Opéra national de Paris, et de José Martinez, directeur de la danse. Puis est venu le traditionnel Défilé du Ballet, moment emblématique de la soirée. Sur la scène du Palais Garnier se sont succédé les Étoiles, les Premières Danseuses, les Premiers Danseurs, le Corps de Ballet, le Junior Ballet et les élèves de l’École de Danse. L’Opéra national de Paris présente ce défilé comme un moment de rassemblement de toute la compagnie, des plus jeunes élèves aux artistes les plus expérimentés. Sa force tient précisément à cette continuité visible : une même ligne artistique relie les générations et rappelle le rôle central de la transmission dans l’histoire du Ballet de l’Opéra de Paris.

Cette année, la partie musicale était placée sous la direction de la cheffe Alizée Léhon. La Marche des Troyens, d’Hector Berlioz, a été interprétée par de jeunes musiciens du programme ADO, pour « Apprentissage de l’Opéra – Orchestre de Jeunes », avec la participation de musiciens de l’Orchestre de l’Opéra. Le choix de cette œuvre accompagnait l’entrée en scène de l’ensemble du Ballet et donnait au défilé une ampleur presque cérémonielle. Comme lors des précédentes éditions, Chanel a signé les costumes de scène et les diadèmes portés par les artistes, prolongeant le dialogue entre savoir-faire de la mode, éclat du spectacle et identité visuelle du gala.

Après ce défilé, la soirée a laissé place à une création spécialement conçue pour l’occasion. Rings Of Saturn, chorégraphiée par Juliano Nuñes, réunissait les danseurs Étoiles Germain Louvet et Hugo Marchand. Les costumes de cette création étaient signés Matthieu Blazy pour Chanel. Il s’agissait de la première création de Juliano Nuñes pour l’Opéra de Paris, un choix qui inscrit la soirée dans une volonté de faire dialoguer le prestige de la compagnie avec de nouvelles écritures chorégraphiques. Le duo offre également à la pièce une distribution particulièrement attendue, fondée sur la précision, la présence scénique et la complémentarité de deux figures majeures du Ballet.

Le programme se poursuivait avec deux entrées au répertoire de l’Opéra national de Paris. Vers un pays sage, de Jean-Christophe Maillot, rend hommage au père du chorégraphe et s’inscrit dans un langage néoclassique. Busk, d’Aszure Barton, s’inspire quant à lui de l’univers des spectacles de rue et repose sur une écriture décrite comme expressive et virtuose. Ces deux œuvres doivent être présentées jusqu’au 7 novembre dans le cadre d’une soirée intitulée Paysages intérieurs. Elles sont accompagnées de Rearray, une pièce de William Forsythe, sur une musique de David Morrow. En réunissant ces trois propositions, l’Opéra affirme son souhait de faire vivre un répertoire ouvert, où la tradition classique peut être confrontée à des formes plus libres, plus physiques ou plus expérimentales.

Le gala s’est déroulé dans un format de 2 heures et 25 minutes, avec deux entractes, selon la programmation de l’Opéra et de l’AROP. La soirée, placée sous le signe du protocole et de la tenue de gala, a aussi attiré plusieurs personnalités, parmi lesquelles le réalisateur Wes Anderson, Charlotte Casiraghi, Panayotis Pascot, Géraldine Nakache, Laurent Lafitte, le chanteur Pierre de Maere, le duo Ofenbach et le mannequin Constance Jablonski. Cette présence médiatique rappelle la dimension mondaine de l’événement, sans effacer son enjeu principal : donner de la visibilité au travail quotidien des danseurs, des musiciens, des ateliers et des équipes qui rendent possible chaque saison.

Au-delà de la représentation, cette douzième édition marque donc la fin prochaine d’un cycle au Palais Garnier. Le bâtiment doit fermer pour des travaux de modernisation, et la saison de danse poursuivra son activité sur les autres scènes de l’Opéra, notamment à Bastille. Le gala aura ainsi servi à la fois de vitrine artistique, de rendez-vous mondain et de levée de fonds. Pour le public, la saison 2026-2027 s’ouvre avec un programme qui associe la continuité du Défilé du Ballet, l’arrivée de nouvelles œuvres au répertoire et le soutien de mécènes dont le rôle reste déterminant dans la production des spectacles. Dans ce passage d’un écrin historique à une nouvelle étape de son histoire, l’Opéra de Paris entend préserver son héritage tout en continuant à faire place à la création.

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