À Bordeaux, Mozart se découvre en immersion au Théâtre Femina pendant les fêtes
À Bordeaux, le Théâtre Femina accueillera du 20 décembre 2026 au 3 janvier 2027 la première mondiale de « Sonarela : Dans les yeux de Mozart ». Pendant les vacances de Noël, 22 représentations proposeront une lecture immersive de l’œuvre et de l’univers intérieur du compositeur autrichien. Le spectacle mêlera musique interprétée en direct, projections lumineuses à 360 degrés et narration en voix off. Une création conçue par Lotchi, la société déjà à l’origine de Luminiscence, le spectacle son et lumière présenté à la cathédrale Saint-André de Bordeaux.
L’objectif affiché est de ne pas seulement écouter Mozart, mais de tenter de voir et de ressentir sa musique autrement, en entrant symboliquement dans ses pensées, ses rêves et sa créativité. Le projet s’inscrit dans une année particulière pour le compositeur : né à Salzbourg le 27 janvier 1756, Wolfgang Amadeus Mozart aurait eu 270 ans en 2026. Figure majeure du classicisme viennois, auteur d’œuvres aussi célèbres que La Flûte enchantée, Don Giovanni, le Requiem ou ses grands concertos pour piano, Mozart reste associé à une musique à la fois virtuose, théâtrale et profondément expressive. C’est cette richesse que Sonarela souhaite traduire en images.
Sonarela inaugure une nouvelle collection de spectacles consacrés, à chaque édition, à un compositeur, un artiste ou un courant musical différent. Bordeaux a été choisie pour lancer cette aventure, dans une salle qui connaît elle-même une longue histoire scénique. Créé en 1921, le Théâtre Femina a d’abord été conçu comme une salle de spectacle avant de devenir, pendant plusieurs décennies, un important cinéma bordelais. Sa scène, ses loges et sa fosse d’orchestre ont ensuite été réaménagées à la fin des années 1970, afin de permettre au lieu de retrouver sa vocation théâtrale et musicale.
Avec sa salle de 1 200 places, ses décors mêlant références Louis XVI et Art nouveau, et son implantation au cœur de la ville, le Femina servira ici d’écrin à une expérience qui veut utiliser l’architecture comme partie intégrante du spectacle. Pendant environ une heure, des musiciens réinterpréteront plusieurs œuvres de Mozart dans des arrangements originaux associant instruments acoustiques et claviers électroniques. Cette présence musicale en direct doit conserver au concert sa dimension sensible, tout en ouvrant la porte à une mise en scène plus enveloppante.
Les images ne seront pas projetées sur un simple écran : elles investiront les murs et le plafond de la salle, afin de créer un environnement visuel à 360 degrés. D’après la présentation du spectacle, six actes et 18 tableaux composeront le parcours. Au centre de la scénographie, un iris géant évoluera au fil de la représentation. Il ne figurera pas directement Mozart, mais traduira ses émotions et son imaginaire : l’œil s’éveille, se tend, se sature, puis semble progressivement déborder sur toute la salle.
Astres, silhouettes, végétaux, monuments, particules et phénomènes lumineux doivent ainsi accompagner la musique et la voix off, chargée de raconter l’homme derrière la figure du génie. Cette approche entend rappeler que Mozart ne se résume pas à une image figée de l’enfant prodige. Derrière la légende se trouvent un compositeur au travail, un artiste soumis aux contraintes de son époque et un créateur dont l’inventivité s’exprimait aussi bien dans l’opéra que dans la musique de chambre ou les œuvres symphoniques. Pour Grégoire Nedelcovici, directeur de Sonarela, il s’agit de faire découvrir le compositeur « comme si l’on regardait le monde par ses yeux », selon les propos rapportés par Passion Aquitaine.
La proposition revendique donc une place à la croisée du concert, du spectacle vivant et de la création numérique. Les producteurs prennent toutefois soin de la distinguer d’une simple projection ou d’un concert augmenté : Bordeaux Tourisme la présente comme un spectacle immersif de nouvelle génération, dans lequel la musique constitue le fil conducteur d’un voyage visuel. Le public ne sera pas placé devant une succession d’images illustratives, mais au cœur d’un dispositif destiné à faire dialoguer espace, lumière et interprétation musicale.
Le choix de Bordeaux prolonge directement l’histoire de Luminiscence. Lancé à l’automne 2023 dans la cathédrale Saint-André, ce précédent spectacle de Lotchi associait musique, lumière et projections monumentales pour revisiter l’histoire et l’architecture du lieu. Selon les chiffres communiqués par la société, il avait attiré 150 000 spectateurs à Bordeaux avant de poursuivre son parcours en France et à l’étranger, jusqu’à dépasser les deux millions de visiteurs. Romain Sarfati, fondateur de Lotchi, rappelle que « c’est à Bordeaux que tout a commencé ».
Avec Sonarela, l’entreprise entend désormais transposer cette logique immersive de l’architecture vers la musique et la figure des compositeurs. Le format a aussi été pensé pour un public familial, avec un accès annoncé dès 3 ans. Les billets débuteront à 29 euros pour les adultes, 9 euros pour les moins de 16 ans et 19 euros pour les personnes à mobilité réduite. Les séances auront lieu à 19 heures et 21 heures le 20 décembre, puis à 18 heures et 20 heures les autres jours de représentation. Aucune séance ne sera proposée les 24, 25 et 28 décembre, ni le 1er janvier.
La prévente doit ouvrir le 16 novembre pour les personnes inscrites sur la liste d’attente, avant l’ouverture générale de la billetterie le lendemain. Dans le centre de Bordeaux, cette création trouvera ainsi sa place entre deux repères patrimoniaux : le Théâtre Femina, à quelques pas de la rue Sainte-Catherine, et la cathédrale Saint-André, située à une dizaine de minutes à pied, où Lotchi avait lancé son précédent succès. Reste désormais à voir si cette première mondiale parviendra à faire de la musique de Mozart une expérience aussi visuelle que sonore, et si Sonarela deviendra, à son tour, une collection appelée à voyager au-delà de Bordeaux.




