top of page

« Da Ponte, le bouffon de Mozart » : une comédie musicale au Théâtre de Passy

il y a 20 minutes
4 min de lecture

À partir du 26 octobre 2026, le Théâtre de Passy, dans le 16e arrondissement de Paris, accueillera chaque lundi à 19 heures Da Ponte, le bouffon de Mozart, une comédie musicale consacrée à Lorenzo Da Ponte, librettiste de trois des opéras les plus célèbres de Wolfgang Amadeus Mozart. Le spectacle, écrit par Dominique Tirone-Fernandez et mis en scène par Corinne Jahier, sera présenté jusqu’au 4 janvier 2027. Pendant environ une heure vingt, huit artistes – comédiens, chanteurs et pianiste – feront revivre le parcours mouvementé de cet écrivain et aventurier du XVIIIe siècle, longtemps resté dans l’ombre du compositeur autrichien.

Le titre du spectacle résume son ambition : déplacer le regard sans diminuer la place de Mozart. Da Ponte fut bien davantage qu’un collaborateur discret. Il est associé aux livrets des Noces de Figaro, de Don Giovanni et de Così fan tutte, une trilogie qui demeure au cœur du répertoire lyrique. À travers une forme annoncée comme drôle, rythmée et largement nourrie de musique, la production entend raconter l’homme derrière ces textes. Un homme dont l’existence fut faite de succès artistiques, d’exils, de revers et de changements de fortune, avec une dimension romanesque qui semble naturellement appeler la scène.

Né à Ceneda, dans la République de Venise, en 1749, Lorenzo Da Ponte devient prêtre avant de se tourner vers la poésie et le théâtre. Son parcours le conduit de Venise à Vienne, puis à Londres et aux États-Unis. À la cour impériale de Vienne, il devient poète officiel du théâtre italien et rencontre Mozart dans les années 1780. Leur association donne naissance à trois œuvres où la musique et le texte se répondent avec une rare efficacité dramatique. Da Ponte y construit des situations, des caractères et des dialogues capables de soutenir le mouvement de la partition, tandis que Mozart leur donne une profondeur musicale qui dépasse largement la simple illustration.

Les conditions exactes de leur rencontre et de leur travail commun restent toutefois difficiles à établir. Les Mémoires de Da Ponte, rédigées plusieurs décennies après les faits, constituent un témoignage précieux, mais elles doivent être considérées avec prudence par les historiens. Le librettiste y façonne aussi son propre personnage, celui d’un homme constamment en mouvement, capable de fréquenter les puissants comme de recommencer sa vie ailleurs. Cette part d’incertitude nourrit l’intérêt du spectacle : entre biographie, théâtre et réinvention scénique, Da Ponte apparaît comme un narrateur dont la vie est déjà une œuvre.

Le livret des Noces de Figaro illustre particulièrement la modernité de cette collaboration. Adaptée de la pièce de Beaumarchais, l’œuvre met en scène les tensions entre aristocrates et domestiques dans une Europe traversée par de profondes transformations sociales et politiques. Da Ponte atténue certaines formulations politiques pour les rendre compatibles avec la scène viennoise, mais conserve les conflits de classe, les jeux de pouvoir et l’esprit critique de la pièce. Sous le mouvement de la comédie, l’opéra fait ainsi entendre une société qui s’interroge sur les privilèges et sur l’ordre établi.

Le spectacle du Théâtre de Passy s’appuie librement sur cette trajectoire et sur les Mémoires du librettiste. L’action fera se croiser plusieurs figures du monde artistique et musical de l’époque : Mozart, Antonio Salieri, Casanova, les chanteuses Adriana Ferrarese del Bene, dite la Cavalieri, et Nancy Storace, ainsi que le chanteur Manuel Garcia. Ces personnages permettront de restituer l’atmosphère des théâtres et des cours européennes, tout en donnant à Da Ponte des interlocuteurs, des rivaux et des alliés. Le récit suivra ensuite son itinéraire jusqu’à New York, où il s’installe à la fin de sa vie.

Dans la jeune Amérique, Da Ponte tient une épicerie et une librairie, tout en poursuivant son ambition de faire découvrir l’opéra italien au public américain. Cette dernière partie rappelle que son histoire ne s’arrête pas à Vienne et que son influence s’inscrit aussi dans une entreprise de transmission culturelle. Le point d’aboutissement annoncé est la représentation de Don Giovanni à New York, plusieurs décennies après la création de l’œuvre. Le parcours du librettiste prend alors une dimension presque circulaire : celui qui avait contribué à faire naître un chef-d’œuvre européen cherche à lui offrir une nouvelle vie sur un autre continent.

La production réunira Elena El Ghaoui, Hugo Lebreton, Christophe Paris et Dominique Tirone-Fernandez, qui signe également le texte. La partie musicale sera portée par le pianiste Hugo Delor et les chanteurs Alix Gallois, soprano, Tijana Knezevic, mezzo-soprano, et Alexandre Martin-Varroy, baryton. La lumière sera assurée par Nathalie Grassi et la scénographie par Ludyvine Laforme. Ce dispositif resserré doit favoriser le dialogue entre jeu dramatique, airs lyriques et accompagnement au piano, dans une approche conçue pour rester accessible aux spectateurs familiers de l’opéra comme aux néophytes.

Dominique Tirone-Fernandez connaît déjà l’univers de Mozart : il est l’auteur de Trazom Variations, une comédie fantastique et musicale consacrée au compositeur. Avec Moi, Lorenzo Da Ponte, le bouffon de Mozart, écrit en 2024, il prolonge cette démarche en s’intéressant à celui qui écrivait les mots quand Mozart composait la musique. Le « bouffon » du titre n’est donc pas seulement une figure comique. Il désigne un homme capable de traverser les milieux et les continents, de transformer ses échecs en récits et de conserver une ambition artistique intacte.

Le Théâtre de Passy, situé au 95 rue de Passy, propose des tarifs allant de 30 à 42 euros selon les catégories, avec des formules promotionnelles et un tarif jeune annoncé à 13 euros, sous réserve des disponibilités. Les réservations sont ouvertes auprès du théâtre et des réseaux de billetterie. À travers ce portrait scénique, le public est invité à redécouvrir une figure essentielle de l’histoire de l’opéra et à mesurer ce que les grandes œuvres doivent parfois à des personnalités moins visibles. Mozart reste le nom le plus immédiatement associé à la trilogie viennoise. Da Ponte, le bouffon de Mozart rappelle que derrière ces partitions se trouve aussi la plume d’un homme dont la vie, de Venise à New York, ressemble déjà à une pièce de théâtre.

NEWSLETTER : inscrivez-vous !

Merci pour votre envoi !

Restez informé, découvrez le meilleur de LA GRANDE MUSIQUE dans la newsletter hebdomadaire gratuite et recevez directement dans votre boite e-mail notre sélection d'articles, de concerts, d'actualités musicales. Mais aussi des cadeaux et des offres de nos partenaires.

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX

  • alt.text.label.Twitter
  • alt.text.label.Facebook
  • Instagram
  • Youtube
  • LinkedIn
  • Les fils

DÉCOUVREZ RADIO PANAME

Radio Paname

TÉLÉCHARGER L'APP

bouton telechargement google play store
bouton telechargement apple app store
bouton Amazon Alexa
bottom of page