De la mélodie à l’opéra pour clore la saison de Musique aux Mirabelles
Le festival Musique aux Mirabelles s’achèvera dimanche 13 septembre 2026, à 16 h 30, dans l’église Saint-Étienne de Frémeréville-sous-les-Côtes, en Meuse. Pour ce dernier rendez-vous de la saison, la soprano Julie Cherrier-Hoffmann partagera la scène avec le baryton Liviu Holender et le pianiste Frédéric Chaslin, autour d’un programme intitulé « De la mélodie à l’opéra ». Cette rencontre fera entendre des mélodies françaises et plusieurs grands duos lyriques, dans un village situé au cœur des Côtes de Meuse, à une trentaine de minutes de Verdun.
Le concert constituera le huitième et dernier rendez-vous d’une édition 2026 conçue pour rapprocher la musique classique de publics éloignés des grandes salles et des institutions culturelles régionales. Le titre du programme résume l’itinéraire musical proposé : partir de la mélodie française, forme intime où la voix dialogue avec le piano et le texte poétique, pour gagner peu à peu l’ampleur dramatique de l’opéra. Le récital devrait ainsi faire entendre différentes manières de raconter l’amour, le désir, le doute ou la séparation, tantôt dans la confidence, tantôt dans l’affrontement théâtral du duo.
Créé en 2016 à Hattonchâtel par Julie Cherrier-Hoffmann, le festival s’est progressivement installé dans le paysage culturel meusien. Sa programmation investit des lieux patrimoniaux et des sites naturels de proximité : églises, château, étangs et villages des Côtes de Meuse. Le principe reste le même au fil des éditions : proposer des artistes reconnus, des répertoires variés et des concerts accessibles dans un territoire rural. La saison 2026 aura ainsi mêlé musique classique, jazz, chanson française, opéra et musique de chambre, avec huit concerts programmés entre le 27 juin et le 13 septembre.
Avant ce final lyrique, le public aura notamment pu entendre le violoniste Gilles Apap aux étangs du Longeau, la chanteuse Juliette au bord du lac de Madine, le pianiste Hugues Leclère à Heudicourt-sous-les-Côtes, ou encore le clarinettiste Paul Meyer aux côtés de la pianiste et cheffe d’orchestre Kanako Abe. Le week-end de clôture aura commencé vendredi 11 septembre à Buxières-sous-les-Côtes avec un programme de musique de chambre consacré aux cordes, avant une « carte blanche » réunissant plusieurs solistes samedi 12 septembre à Nonsard.
Le récital de Frémeréville prolongera donc cette volonté de croiser les formats et les générations, tout en revenant à l’un des domaines privilégiés de la directrice artistique : le dialogue entre la mélodie française et l’art lyrique. Dans ce répertoire, le piano ne se contente pas d’accompagner le chanteur. Il installe une atmosphère, prolonge une phrase, suggère un paysage ou souligne les tensions d’un personnage. Le passage aux duos d’opéra permettra ensuite de confronter les timbres de Julie Cherrier-Hoffmann et de Liviu Holender, dans une relation plus théâtrale et directement scénique.
Julie Cherrier-Hoffmann a été formée au Conservatoire de Nancy, où elle a étudié notamment auprès de Christiane Stutzmann. Lauréate de plusieurs concours internationaux, elle a débuté sa carrière à l’Opéra de Metz avant d’interpréter des rôles comme Antonia dans « Les Contes d’Hoffmann », Micaëla dans « Carmen », Manon dans l’opéra de Massenet ou encore Susanna et Pamina dans les ouvrages de Mozart. Son parcours l’a également conduite vers le récital, avec une attention particulière portée à la mélodie française de Debussy, Fauré, Hahn, Poulenc et Duparc. Cette spécialité occupe une place centrale dans son travail discographique comme dans la programmation de Musique aux Mirabelles.
La soprano a notamment enregistré plusieurs programmes sous le label Aparté, dont un disque consacré à Francis Poulenc et à « La voix humaine », ainsi que des mélodies françaises orchestrées par Frédéric Chaslin. Leur collaboration ne se limite pas au festival : le chef d’orchestre, compositeur et pianiste a écrit plusieurs cycles pour elle et l’accompagne régulièrement au récital. En mai 2025, ils ont notamment travaillé ensemble autour de Poulenc avec l’Orchestre du Teatro Comunale de Bologne. Le site officiel du festival annonce par ailleurs la préparation d’un nouvel enregistrement de mélodies françaises orchestrées par Frédéric Chaslin, donnant à ce concert une résonance particulière dans leur parcours commun.
Pour cette dernière date, le programme est présenté comme un parcours allant de la mélodie française aux grands duos d’opéra. Le choix de l’église Saint-Étienne de Frémeréville-sous-les-Côtes inscrit le concert dans la géographie particulière du festival, qui utilise les édifices religieux du secteur comme écrins musicaux. Ces lieux offrent une proximité appréciée du public, mais imposent aussi aux interprètes de composer avec une acoustique différente de celle d’un auditorium. Une difficulté déjà relevée lors de précédents concerts de Musique aux Mirabelles, notamment dans la collégiale d’Hattonchâtel, où la réverbération pouvait modifier l’équilibre entre voix et piano. Cette dimension acoustique donnera aussi au rendez-vous une part d’imprévu et de présence directe.
L’association organisatrice présente cette édition comme une saison de huit concerts exceptionnels, avec des tarifs destinés à rester accessibles. Le billet plein tarif est annoncé à 20 euros, l’entrée est gratuite pour les moins de 16 ans et un tarif spécifique est prévu pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnant. Un pass saison permet également de choisir quatre concerts pour 60 euros, tandis qu’un tarif à 10 euros est proposé aux habitants du secteur, selon les conditions indiquées par l’organisation. Ces modalités prolongent l’ambition du festival : faire de la musique classique une expérience de proximité plutôt qu’une pratique réservée aux seuls habitués des salles de concert.
Avec ce rendez-vous, Musique aux Mirabelles confirme enfin son ancrage local tout en poursuivant son ouverture. Depuis sa création, le festival a accueilli des artistes comme Béatrice Uria-Monzon, Jean-Philippe Lafont, Julien Dran, Paul Meyer ou Nicolas Dautricourt. Il a aussi engagé des collaborations au-delà de la Lorraine, notamment avec le festival Les Escales Musicales de l’île Maurice en 2024. Dimanche 13 septembre, la saison se terminera donc par un concert consacré à la voix, dans une commune de Meuse où la mélodie et l’opéra doivent se rencontrer au plus près des habitants. Les suites de la manifestation dépendront désormais de la prochaine programmation et de la capacité de l’association à maintenir, dans la durée, cette offre musicale exigeante au cœur de la ruralité.




