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  • Aida de Verdi renaît sous le regard brûlant de Shirin Neshat à l’Opéra Bastille | La Grande Musique

    La metteuse en scène iranienne Shirin Neshat propose à l’Opéra de Paris une relecture saisissante de l’Aida de Verdi, entre tragédie antique et échos des conflits contemporains, portée par une distribution vocale d’exception. Opéra Bastille du 24 septembre au 04 novembre 2025. < Retour E.Rials, rédacteur 03/10/25 Aida de Verdi renaît sous le regard brûlant de Shirin Neshat à l’Opéra Bastille 1/1 La metteuse en scène iranienne Shirin Neshat propose à l’Opéra de Paris une relecture saisissante de l’Aida de Verdi, entre tragédie antique et échos des conflits contemporains, portée par une distribution vocale d’exception. Opéra Bastille du 24 septembre au 04 novembre 2025. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien L’Opéra Bastille a ouvert sa saison avec un choc esthétique et politique : Aida de Giuseppe Verdi, revisitée par l’artiste et cinéaste iranienne Shirin Neshat. Ce monument du répertoire, créé au Caire en 1871, est ici transfiguré par une mise en scène qui met en lumière les fractures du monde contemporain. Exit l’exotisme poussiéreux des temples égyptiens et des processions triomphales : place à une fresque sombre, tendue, où se superposent l’intime et le géopolitique, la passion et la guerre. Une Aida à l’épreuve du présent Shirin Neshat n’a jamais caché sa volonté de replacer l’opéra dans une actualité brûlante. Les costumes, signés par la créatrice elle-même, mélangent influences antiques et accents militaires modernes : uniformes kaki, foulards noirs, silhouettes évoquant à la fois l’Iran d’aujourd’hui et un Moyen-Orient ravagé par les conflits. Les projections vidéo qui ponctuent la scène, autre marque de fabrique de l’artiste, plongent le spectateur dans un univers de ruines, de visages en gros plan et de cortèges endeuillés. La « marche triomphale », souvent prétexte à des défilés spectaculaires, prend ici des allures funèbres : la victoire a le goût amer du sang versé. Cette relecture dérange, mais elle passionne. Car sous l’apparat verdien, il y a toujours eu une œuvre profondément politique. Verdi lui-même, chantre du Risorgimento italien, savait que derrière l’histoire d’une princesse éthiopienne captive et amoureuse de son ennemi Radamès, se jouait un drame universel : celui de la domination, de l’exil et du sacrifice. Neshat ne fait que tendre ce miroir à notre époque. Une distribution de haut vol Pour donner chair à cette vision, l’Opéra de Paris a réuni une distribution exceptionnelle. Dans le rôle-titre, la mezzo-soprano belge Ève-Maud Hubeaux impressionne par la noblesse de sa diction et la profondeur de son timbre, capable de passer de l’élan héroïque à la fragilité la plus désarmée. Face à elle, le ténor polonais Piotr Beczała campe un Radamès d’une intensité dramatique rare, éclatant dans ses aigus mais bouleversant dans ses hésitations de soldat partagé entre l’amour et le devoir. Amneris, la rivale, est incarnée par la mezzo Clémentine Margaine, dont la puissance scénique emporte tout sur son passage. Sa jalousie, sa rage, mais aussi sa douleur finale résonnent avec une vérité déchirante. Les seconds rôles, du Roi d’Égypte au grand prêtre Ramfis, complètent avec brio cette distribution homogène. À la baguette, le chef italien Michele Mariotti dirige l’Orchestre de l’Opéra national de Paris avec une énergie précise et fluide. Sous sa direction, la partition déploie toute sa richesse : éclats guerriers, grands ensembles choraux, mais aussi ces pages intimes où Verdi laisse parler la tendresse. Le Chœur de l’Opéra, magnifiquement préparé, s’impose comme un protagoniste à part entière, rendant palpable la ferveur d’un peuple tantôt exalté, tantôt accablé. Un opéra-monde Ce qui frappe, au-delà de la réussite musicale, c’est l’intensité avec laquelle le spectacle dialogue avec notre monde. Quand Aida et Radamès choisissent de mourir ensemble plutôt que de trahir leurs idéaux, c’est toute la condition humaine face à la violence des régimes qui s’exprime. Neshat filme cette mort lente comme une image de résistance : deux êtres écrasés par l’Histoire, mais invincibles dans leur fidélité à l’amour. Cette Aida n’est pas seulement une redécouverte d’un chef-d’œuvre lyrique ; c’est une expérience esthétique et politique, un coup de poing visuel qui oblige à penser l’opéra autrement. Comme l’écrit un spectateur en sortant : « On n’assiste pas à un simple spectacle, on traverse une épreuve ». Un pari audacieux pour l’Opéra de Paris En confiant à Shirin Neshat les clés de ce classique du répertoire, l’Opéra de Paris a pris un risque. Mais c’est précisément ce risque qui redonne au théâtre lyrique sa vitalité. Le public, parfois bousculé, ressort profondément marqué, preuve que l’art lyrique reste un espace de débat et d’émotion. Plus de 150 ans après sa création, Aida continue de nous parler. Verdi voulait faire de l’opéra une tribune pour l’humanité. En 2025, à l’Opéra Bastille, Shirin Neshat lui offre une nouvelle jeunesse, sombre et éclatante, qui résonne avec les tumultes de notre temps. Opéra Bastille du 24 septembre au 04 novembre 2025 de 15 € à 220 € Réservations : https://www.operadeparis.fr/saison-25-26/opera/aida#calendar Durée : 3h20 avec 1 entracte Langue : Italien Surtitrage : Français / Anglais https://www.operadeparis.fr/saison-25-26/opera/aida#calendar Précédent Écouter le direct Suivant

  • Jean-Nicolas Diatkine, au piano comme au volcan : un 29 novembre exceptionnel à la Salle Cortot | La Grande Musique

    Le 29 novembre à 20h, Salle Cortot, Jean-Nicolas Diatkine fait dialoguer Brahms, Schubert et Beethoven dans un récital placé sous le signe de la lumière arrachée à l’ombre. Un programme tendu comme un arc, pour un pianiste que la critique salue pour sa profondeur spirituelle autant que pour sa virtuosité. < Retour E.Rials, rédacteur 19/11/25 Jean-Nicolas Diatkine, au piano comme au volcan : un 29 novembre exceptionnel à la Salle Cortot 1/1 Le 29 novembre à 20h, Salle Cortot, Jean-Nicolas Diatkine fait dialoguer Brahms, Schubert et Beethoven dans un récital placé sous le signe de la lumière arrachée à l’ombre. Un programme tendu comme un arc, pour un pianiste que la critique salue pour sa profondeur spirituelle autant que pour sa virtuosité. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Je ferme les yeux et j’entends d’abord un silence. Celui, raconté par plusieurs critiques, qui s’est abattu sur la salle Gaveau lorsque Jean-Nicolas Diatkine a laissé mourir le dernier accord de la Sonate « Waldstein » de Beethoven : un public retenu au bord du souffle, comme si personne n’osait briser la prière. C’est ce silence-là, plein, habité, qui me revient en pensant à son prochain récital à la Salle Cortot, le samedi 29 novembre à 20h, intitulé « Schubert et Beethoven, de l’ombre à la lumière ». Ce soir-là, dans l’écrin de la rue Cardinet, le pianiste français proposera un voyage très pensé à travers le romantisme allemand : Brahms pour ouvrir la soirée, avec la Rhapsodie n°1 op.79 ; Schubert avec le premier Klavierstück D.946 puis les Six Moments musicaux D.780 ; enfin Beethoven, d’abord la Sonate n°15 op.28 dite « Pastorale », puis l’Appassionata, l’une des sonates les plus brûlées au fer rouge de tout le répertoire. Le concert est annoncé sur le site de la Salle Cortot et sur plusieurs agendas parisiens qui précisent les mêmes œuvres, les mêmes horaires et les mêmes fourchettes de prix, de 17 à 55 €. En lisant l’entretien que Diatkine a accordé à Classiquenews , je comprends mieux la cohérence de cette soirée : le pianiste y explique comment il veut éclairer ce qui relie Brahms à Schubert, sans rien édulcorer des tempêtes intérieures de Beethoven. Il ne s’agit pas d’un programme « joli » mais d’un itinéraire dramatique, presque moral : la fragilité schubertienne, écrasée mais fécondée par la puissance de Beethoven, comme si le disciple trouvait enfin, après la mort du maître, la force de dire sa propre nuit. Une note de programme publiée sur Infoconcert va d’ailleurs dans le même sens en rappelant combien l’admiration de Schubert pour Beethoven fut à la fois paralysante et libératrice. Derrière ce projet se dessine un musicien à la trajectoire singulière. Né à Paris en 1964 dans une famille de médecins très engagés, Jean-Nicolas Diatkine a grandi dans une culture du service et du soin aux plus fragiles. Ses parents ont attendu la fin de ses études scientifiques avant de le soutenir dans le choix du piano, mais l’enfant avait déjà trouvé sa voie dès six ans. Son parcours le mène à plusieurs disciples de Claudio Arrau, puis à Londres auprès de Ruth Nye, qui lui transmet l’art des couleurs sonores, et enfin au compositeur Narcis Bonet, héritier de Nadia Boulanger, qui l’initie pendant treize ans à l’analyse de l’architecture musicale. Quand je regarde ce chemin, j’y vois une fidélité très classique : l’idée qu’un art authentique se construit dans la durée, dans la transmission des maîtres, loin de la vitesse et du bruit de notre époque. Ses disques racontent la même exigence. Pizzicato a salué la maîtrise dynamique et la profondeur de son album consacré aux Bagatelles de Beethoven, à la Sonate en si mineur de Liszt et à la Mort d’Isolde de Wagner, enregistrés Salle Gaveau : un jeu à la fois inventif, très mélodique, d’une articulation vive et d’une sensualité presque mystique. Crescendo, de son côté, a souligné la hauteur de vue de son Liszt « transcripteur », capable d’unir la forme et le fond dans une discographie déjà très fournie, et salue un Chopin « de haut vol » où chaque prélude est pensé comme un petit drame autonom. Ces critiques convergent : Diatkine n’est pas un pyrotechnicien de plus, mais un conteur qui met la virtuosité au service de la pensée musicale. La presse française l’observe aussi de près. Sur Vieillecarne , Stéphane Loison décrit ce silence impressionnant régnant à Gaveau pendant Bach et Beethoven, ce public « suspendu » à ses propositions musicales. Dans un autre portrait, le même site le montre chez lui, face à la Maison de la Radio, entouré de partitions, de tableaux abstraits et d’un étonnant simulateur de vol ; un petit autel bouddhiste côtoie des étagères remplies de livres. Je trouve ce détail touchant : un pianiste qui, loin des slogans creux, cherche dans la pratique spirituelle et dans le jeu une forme de verticalité, une manière de tenir debout dans un monde qui vacille. Le 29 novembre, cette verticalité passera d’abord par Brahms. La Rhapsodie op.79 n°1 n’est pas une ouverture mondaine mais une sorte de prière inquiète. Les critiques qui l’ont entendu dans Brahms et Schumann avec la violoncelliste Estelle Revaz parlent d’un chambriste solide et puissant, capable d’écouter l’autre tout en tenant la charpente harmonique. Je m’attends à retrouver cette noblesse du geste dans la façon dont il installera d’emblée la gravité du programme. Vient ensuite Schubert, d’abord avec le Klavierstück D.946, puis avec les Moments musicaux. Classicagenda, qui consacre un portrait détaillé à ce récital, insiste sur la manière dont Diatkine sait faire entendre chez Schubert « l’introspection et l’héroïsme » : un mélange de pudeur et de fièvre qui parle à nos propres fragilités. J’y vois quelque chose de profondément européen, au sens noble du terme : cette conscience que la beauté naît de la souffrance assumée, et que la musique nous aide à traverser l’épreuve sans renier nos racines. Beethoven refermera le triptyque. La Pastorale, souvent jouée comme une simple promenade champêtre, devient chez Diatkine une respiration habitée, un paysage intérieur. Puis l’Appassionata surgit, et avec elle ce feu que tous les témoignages évoquent : un jeu puissant mais jamais brutal, des contrastes fouillés, une construction dramaturgique pensée jusque dans le dernier galop. Dans un monde où l’on confond trop souvent liberté et pulsion immédiate, cette façon de tenir la forme, de dompter la tempête sans en étouffer la vérité, me paraît profondément salutaire. Au-delà du cas Diatkine, ce récital me semble incarner une certaine idée de la culture que j’aimerais voir davantage défendue en France : une culture qui ne s’excuse pas d’être exigeante, qui assume l’héritage chrétien et classique de notre continent comme une chance plutôt que comme un fardeau, qui ose parler d’âme, de courage, de transmission. Dans la petite salle Cortot, bâtie pour l’École normale de musique, ce 29 novembre aura des airs de veillée : un pianiste, trois compositeurs, et un public qui vient chercher autre chose qu’un simple divertissement du samedi soir. Pour celles et ceux qui souhaitent réserver, l’événement est référencé sur le site de la Salle Cortot ainsi que sur Classicagenda , L’Officiel des spectacles , Infoconcert ou encore Billetreduc , qui confirment tous la date du samedi 29 novembre 2025 à 20h, Salle Cortot, Paris 17e. Ce soir-là, je n’aurai pas seulement le sentiment d’assister à un beau concert de piano. J’aurai surtout le sentiment de voir, le temps d’une Rhapsodie, d’un Klavierstück ou d’une Appassionata, un homme mettre son art au service d'une certaine idée de la musique, de l’Europe et, osons le mot, de la dignité humaine. Précédent Écouter le direct Suivant

  • Ferveur, contre-chants et gestes d’atelier | La Grande Musique

    De Wrocław à Versailles, de Berio à Verdi, la journée a dessiné un fil : le classicisme n’est jamais une routine, il se raconte au présent, entre médailles, annonces et critiques à chaud. J’ai parcouru les colonnes – françaises et internationales – pour capter ce battement d’ailes. Voici ce qui résonne le plus juste aujourd’hui. < Retour E.Rials, rédacteur 27/10/25 Ferveur, contre-chants et gestes d’atelier 1/1 De Wrocław à Versailles, de Berio à Verdi, la journée a dessiné un fil : le classicisme n’est jamais une routine, il se raconte au présent, entre médailles, annonces et critiques à chaud. J’ai parcouru les colonnes – françaises et internationales – pour capter ce battement d’ailes. Voici ce qui résonne le plus juste aujourd’hui. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Luciano Berio : pour Verdi, contre Puccini — À l’occasion du centenaire du compositeur, Forum Opéra signale la parution, aux Éditions de la Philharmonie, de l’intégrale de ses écrits en français : une mine où l’on croise Monteverdi, les Beatles et une réflexion sans concession sur l’opéra. J’y entends une invitation très actuelle : relire le répertoire avec des nerfs vifs, loin des cultes figés. ( forumopera.com ) ICMA 2026 : la cérémonie aura lieu à Wrocław — ResMusica annonce la ville hôte des International Classical Music Awards 2026. Derrière l’info, une tendance : l’Europe centrale poursuit sa montée en puissance, fertile en orchestres et en salles. Les prix ne font pas la musique, mais ils offrent une vitrine qui, souvent, déplace des lignes. ( ResMusica ) CRITIQUE – Concert à Aix-en-Provence — Classiquenews publie un compte rendu d’Aix : on y lit la vigueur d’un plateau qui préfère l’élan à l’emphase, dans un climat de salle gagné par le détail. J’aime ces papiers qui parlent de respiration, de grain, bref de musique en mouvement. ( classiquenews.com ) CRITIQUE – Paris, Temple du Foyer de l’Âme — Autre critique, autre acoustique : dans un temple parisien, l’écoute se resserre et le jugement se précise. L’article insiste sur l’alliage des timbres et cette clarté qui fait tout tenir. On sort avec l’impression d’avoir été assis au troisième rang. ( classiquenews.com ) Versailles annonce La Traviata (8–10 nov.) — Toujours chez Classiquenews : l’Opéra Royal déroule ses fastes verdien(ne)s. La fiche de spectacle rappelle combien le lieu change la dramaturgie – les dorures, certes, mais surtout une proximité qui durcit les enjeux. À surveiller de près la distribution des soirs. ( classiquenews.com ) Billetterie : le Louvre passe (encore plus) au tout-en-ligne — ResMusica relaie l’accélération numérique côté musées. Ce n’est pas « classique » au sens strict, mais cela touche la chaîne des publics (touristes, mélomanes de passage, familles) et donc l’écosystème des concerts adjacents. Moins de file d’attente, plus d’anticipation. ( ResMusica ) Marina Rebeka, chevalière des Arts et des Lettres — La soprano lettone est distinguée à Riga après un récital triomphal. Une médaille ? Oui, mais surtout un signe : l’opéra français rayonne quand ses interprètes en défendent la langue et l’esprit sur toutes les scènes. ( forumopera.com ) CRITIQUE – Aida (2ᵉ distribution) à l’Opéra Bastille — Concertclassic détaille la reprise parisienne : lecture scénique discutée, mais énergie vocale au rendez-vous et un orchestre qui muscle le drame. On aime quand la critique ausculte les équilibres plutôt que de distribuer des bons points. ( Concertclassic ) CRITIQUE – L’Encyclopédie à la Salle Gaveau — Même média, autre ambiance : jeunes instrumentistes, programme « Kindermusik » et une salle comble, très rajeunie. Je retiens cette phrase-sensation du papier : « une musique à voir », tant l’écoute devient geste. C’est peut-être la meilleure nouvelle du jour. ( Concertclassic ) CRITIQUE – Salome Jordania au Festival Piano en Valois — Virtuosité ardente, mais tenue de ligne : le compte rendu insiste sur l’alliage tête-cœur, exactement ce que le public réclame aux récitals d’aujourd’hui. La jeune génération continue d’installer ses repères. ( Concertclassic ) Fil-rouge : trois papiers, trois façons d’écouter — En rapprochant les critiques d’Aix, de Paris (temple) et de Bastille, une évidence : l’échelle des lieux transforme la musique autant que les choix d’interprètes. Grande salle = relief orchestral ; lieu intime = grammaire des attaques ; salle « image » (Versailles) = théâtre des proximités. C’est précisément là que la presse culturelle est utile aujourd’hui. ( classiquenews.com ) Précédent Écouter le direct Suivant

  • Francis Poulenc and Friends 2026 : le festival exceptionnel qui fait vibrer l'Aveyron cet été | La Grande Musique

    Cinq stars de la musique classique ont déjà confirmé leur présence à la deuxième édition du Festival Francis Poulenc & Friends, qui se tiendra du 9 au 16 août 2026 dans plusieurs villages de l'Aveyron. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique de chambre et de chant lyrique. < Retour E.Rials, rédacteur 06/02/26 Francis Poulenc and Friends 2026 : le festival exceptionnel qui fait vibrer l'Aveyron cet été 1/1 Cinq stars de la musique classique ont déjà confirmé leur présence à la deuxième édition du Festival Francis Poulenc & Friends, qui se tiendra du 9 au 16 août 2026 dans plusieurs villages de l'Aveyron. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique de chambre et de chant lyrique. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien J'avoue que cette nouvelle m'a ravi : alors que la première édition du Festival Francis Poulenc & Friends vient à peine de s'achever en août 2025, les organisateurs annoncent déjà une programmation exceptionnelle pour 2026. Et quelle programmation ! Natalie Dessay, Delphine Haidan, Pierre Génisson, Johannes Przygodda et Philippe Cassard ont tous dit oui . Ces noms font vibrer les salles de concert du monde entier, et ils convergeront vers l'Aveyron cet été. Pourquoi l'Aveyron, me demanderez-vous ? La réponse tient en quelques mots : Francis Poulenc, l'un des plus grands compositeurs français du XXe siècle, est profondément lié à cette région. Sa famille paternelle était originaire d'Espalion, cette petite ville traversée par le Lot où se tiendra l'essentiel du festival. Son père, Émile Poulenc, y est né en 1855 avant de fonder avec ses frères la célèbre entreprise pharmaceutique Poulenc Frères, devenue plus tard Rhône-Poulenc. On comprend ainsi qu’Espalion possède aujourd'hui un Centre Francis Poulenc et un Boulevard Joseph Poulenc. Ce festival itinérant transformera plusieurs lieux emblématiques de l'Aveyron en scènes musicales pendant une semaine complète. Le 9 août, l'Église Saint-Jean-Baptiste d'Espalion accueillera le premier concert de musique de chambre avec le violoncelliste Johannes Przygodda et le pianiste Joseph Birnbaum. Przygodda, ce Berlinois qui a fait ses débuts à la Philharmonie de Berlin à l'âge de huit ans, est aujourd'hui reconnu comme l'un des violoncellistes les plus prometteurs de sa génération. Le lendemain, 10 août, le Couvent Malet de Saint-Côme-d'Olt proposera une master class de piano et de chant animée par Hervé Ribaud-Shinberg, baryton, et Joseph Birnbaum. Cette dimension pédagogique me semble essentielle : elle permet aux jeunes talents de se perfectionner auprès d'artistes accomplis tout en créant ce lien précieux entre générations de musiciens. Le 11 août à Bozouls, l'Espace Cardabelle donnera la parole aux élèves de la master class lors d'un concert qui sera suivi d'une seconde partie avec une soprano internationale accompagnée par Lidia Fittipaldi au piano. J'apprécie cette générosité qui offre une vraie scène aux jeunes artistes, pas seulement un exercice académique. Puis vient le 12 août, date que je note déjà dans mon agenda. À l'Espace Européen de Conques, ce joyau architectural inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, Delphine Haidan et Pierre Génisson se produiront ensemble. Cette mezzo-soprano française, formée à la Sorbonne et au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, a chanté aux côtés de Natalie Dessay dans Lakmé de Léo Delibes en 1998. Pierre Génisson, clarinettiste récompensé en 2018 par le prestigieux Prix Cino del Duca, est devenu l'un des représentants les plus reconnus de l'école française de vents. Leur collaboration habituelle promet un moment d'exception, accompagnés par Joseph Birnbaum au piano. Le 13 août au Nayrac, Joseph Birnbaum offrira un récital de piano solo. Ce pianiste, véritable cheville ouvrière du festival, mérite qu'on s'attarde sur son rôle : il sera présent à quasiment tous les concerts, tantôt accompagnateur, tantôt soliste. Le 14 août ramènera le public au Couvent Malet pour un concert lyrique avec Hervé Ribaud-Shinberg et Joseph Birnbaum. Mais c'est le 16 août que le festival atteindra son apogée. À l'Abbaye Sainte-Foy de Conques, autre site classé au patrimoine mondial, Natalie Dessay et Philippe Cassard clôtureront cette semaine musicale. Et ce concert revêt une dimension particulièrement émouvante : il s'inscrit dans la tournée d'adieu de ce duo exceptionnel. Natalie Dessay, cette soprano qui a enchanté les plus grandes scènes d'opéra du monde — Paris, Vienne, le Metropolitan Opera, La Scala, Salzbourg, Covent Garden — a décidé de se retirer progressivement de la scène musicale. Depuis une décennie, elle s'est tournée vers la mélodie française, accompagnée fidèlement par le pianiste Philippe Cassard, spécialiste de Debussy. Leur programme "Oiseaux de passage" mêle Poulenc, Ravel, Chausson, Hahn, Menotti et Barber dans un récital qui est bien plus qu'une simple succession de pièces : c'est un théâtre intime, une histoire sensible qui combine élégance et modernité. J'ai toujours pensé que les meilleurs festivals sont ceux qui créent un dialogue entre le lieu, l'histoire et la musique. Le Festival Francis Poulenc & Friends réussit ce pari. En ramenant la musique de Poulenc — et celle de ses contemporains — sur la terre de ses ancêtres, les organisateurs tissent un lien invisible mais puissant entre le passé et le présent. Ces pierres séculaires d'Espalion, de Conques, de Saint-Côme-d'Olt résonnent différemment quand on sait que le compositeur y avait ses racines. Ce qui me touche aussi, c'est l'ambition d'un tel projet dans un territoire rural. Trop souvent, on imagine que la grande musique ne peut exister que dans les métropoles. Ce festival prouve le contraire : il est possible d'attirer les plus grands artistes internationaux dans des villages de l'Aveyron, à conditions réussies du Festival Francis Poulenc & Friends d'offrir une proposition artistique de très grande qualité et des lieux à la hauteur. La deuxième édition du Festival Francis Poulenc & Friends s'annonce donc comme un événement majeur de l'été culturel 2026. Entre concerts de musique de chambre, récitals lyriques et dimension pédagogique, cette semaine devrait séduire aussi bien les mélomanes avertis que les curieux désireux de découvrir ces répertoires. Et pour ceux qui, comme moi, apprécient que la culture irrigue tous les territoires, ce festival représente un modèle à suivre. >> Sur le même sujet, écoutez le podcast : Hervé Ribaud‑Shinberg et Joseph Birnbaum, l’amitié musicale à l’origine du festival Francis Poulenc & Friends https://www.festivalpoulencandfriends.com Précédent Écouter le direct Suivant

  • Carmina Burana : la fureur du destin enflamme à nouveau le Palais des Congrès | La Grande Musique

    Le chef-d’œuvre de Carl Orff revient à Paris pour une série d’explosions musicales et chorégraphiques. Ballet, chœurs et orchestre réunis : un tourbillon de voix et de corps où le sacré flirte avec la sensualité. Carmina Burana s’annonce comme l’un des événements majeurs de cette fin d’année culturelle. < Retour E.Rials, rédacteur 16/10/25 Carmina Burana : la fureur du destin enflamme à nouveau le Palais des Congrès 1/1 Le chef-d’œuvre de Carl Orff revient à Paris pour une série d’explosions musicales et chorégraphiques. Ballet, chœurs et orchestre réunis : un tourbillon de voix et de corps où le sacré flirte avec la sensualité. Carmina Burana s’annonce comme l’un des événements majeurs de cette fin d’année culturelle. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Il suffit d’entendre les premières notes de O Fortuna pour sentir un frisson collectif parcourir la salle. Cette clameur venue d’un autre âge, cette incantation au destin, c’est Carmina Burana . En 2025, l’œuvre monumentale de Carl Orff s’offre une nouvelle vie sur la scène du Palais des Congrès de Paris , dans une production grandiose signée par le Ballet, les Chœurs et l’Orchestre de l’Opéra National de Russie . Un retour attendu, presque rituel, tant ce spectacle a marqué le public parisien depuis sa première apparition il y a plus de vingt ans. Un choc visuel et sonore Tout ici est démesure. Plus de cent artistes, danseurs et musiciens confondus, envahissent la scène. Les voix s’élèvent, les percussions tonnent, les corps se plient et se déploient au rythme de la fatalité. Le public est emporté par une vague primitive, une pulsation tellurique qui rappelle que Carmina Burana n’est pas seulement une œuvre, mais une expérience. Le metteur en scène y mêle la puissance du ballet russe à une esthétique visuelle épurée, parfois mystique, où le noir et l’or dominent. La scénographie évoque tour à tour un temple, une forêt ou un tribunal céleste, symbole d’un monde livré aux caprices de la roue du destin. Une œuvre née du Moyen Âge, transcendée par le XXᵉ siècle Composée en 1937 à partir de poèmes médiévaux retrouvés dans un monastère bavarois, Carmina Burana chante les plaisirs, les excès, l’amour, le vin, la chair, mais aussi la précarité de la vie. Carl Orff en a fait une cantate scénique d’une force brute, mêlant latin, allemand ancien et français médiéval. C’est ce contraste — entre ferveur religieuse et sensualité païenne — qui fascine encore aujourd’hui. On y trouve la joie d’un printemps qui revient, la douleur d’un amour perdu, et cette conscience aiguë que tout peut basculer d’un instant à l’autre. J’ai toujours trouvé bouleversant que cette œuvre, écrite à la veille de la Seconde Guerre mondiale, résonne encore avec tant d’intensité. Orff, en exaltant la fatalité, touchait à quelque chose d’universel : la peur et le désir mêlés de l’humanité. Ce n’est pas un hasard si O Fortuna a traversé le cinéma, la publicité et la culture populaire jusqu’à devenir l’un des thèmes les plus reconnaissables du répertoire classique. La signature du Ballet russe : rigueur et passion Le Ballet, les Chœurs et l’Orchestre de l’Opéra National de Russie en proposent une lecture fidèle et flamboyante. Chaque mouvement du corps épouse la ligne musicale. Les danseurs, précis jusqu’à la transe, incarnent les forces contraires : la lumière et l’ombre, l’élan et la chute. Le chœur, véritable protagoniste de l’œuvre, enveloppe le public dans un torrent sonore. Sous la direction du maestro Igor Tchetuev (dont la baguette allie précision et fièvre), l’orchestre déploie une énergie presque physique, où la percussion domine, battement de cœur de ce monde en lutte contre lui-même. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs d’émotions pures Le spectacle sera présenté du 14 au 16 novembre 2025 au Palais des Congrès de Paris , avant une tournée en France et en Europe. Pour beaucoup, Carmina Burana est plus qu’un concert : c’est une célébration. On en sort à la fois exalté et méditatif, un peu étourdi, comme après une tempête d’âmes. Dans un monde qui cherche ses repères, cette œuvre rappelle que la beauté et la fatalité peuvent encore marcher main dans la main. https://billetterie.palaisdescongresdeparis.com/fr/manifestation/41/carmina_burana_ Précédent Écouter le direct Suivant

  • Quand la voix de Montserrat Caballé inspire le grand écran : un biopic ambitieux en cours de tournage | La Grande Musique

    Le cinéma se penche sur l'une des plus grandes voix de l'opéra espagnol. Le tournage du film « Caballé » vient de débuter entre Bilbao et Barcelone, retraçant l'ascension fulgurante de la soprano barcelonaise, de ses débuts modestes à sa consécration mondiale. < Retour E.Rials, rédacteur 13/11/25 Quand la voix de Montserrat Caballé inspire le grand écran : un biopic ambitieux en cours de tournage 1/1 Le cinéma se penche sur l'une des plus grandes voix de l'opéra espagnol. Le tournage du film « Caballé » vient de débuter entre Bilbao et Barcelone, retraçant l'ascension fulgurante de la soprano barcelonaise, de ses débuts modestes à sa consécration mondiale. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Je dois l'avouer : chaque fois que j'entends parler d'un nouveau biopic consacré à une grande figure de la musique classique, je ressens ce mélange d'excitation et d'appréhension. Après Leonard Bernstein dans Maestro , Maria Callas avec Angelina Jolie, et bientôt Pavarotti dans Vox Divina , voilà qu'Hollywood – ou plutôt l'Espagne – s'empare de la vie de Montserrat Caballé. Et cette fois, je dois dire que le projet me séduit d'emblée. Peut-être parce que Caballé incarne cette époque bénie où l'excellence artistique ne connaissait pas de compromis, où la voix primait sur l'image, où le talent triomphait de la précarité. Le tournage de Caballé a débuté début novembre dans les studios Punta Zorrotza, près de Bilbao. La réalisatrice vénézuélienne Patricia Ortega, dont j'ai découvert le travail sur l'identité féminine avec Mamacruz , tient les rênes de ce projet ambitieux. Son choix n'est pas anodin : Ortega sait filmer les femmes qui se battent contre les conventions, qui refusent que leur destin soit écrit d'avance. Et Dieu sait si Montserrat Caballé a dû se battre. Née en 1933 dans une famille marquée par la misère de l'après-guerre civile espagnole, la petite Montserrat portait sur ses frêles épaules tous les espoirs des siens. Imaginez cette enfant dans le Barcelone meurtri de la posguerra, rêvant d'opéra alors que le pain manquait sur la table. Cette tension dramatique, Ortega l'a placée au cœur de son récit, alternant entre la jeunesse laborieuse de la soprano et son retour triomphal à Barcelone en 1991, au sommet de sa gloire. Deux comédiennes se partagent le rôle titanesque d'incarner la diva. Ana Saavedra prête ses traits à la jeune Montserrat, celle qui lutte, celle qui doute, celle qui chante dans les coulisses du Gran Teatre del Liceu en espérant qu'un jour, elle aussi montera sur scène. Et puis il y a Begoña Alberdi, soprano espagnole reconnue – vous vous souvenez peut-être de ses prestations en ligne pendant la pandémie qui avaient touché tant de cœurs –, qui endosse le rôle de la Caballé consacrée. Ce casting me paraît judicieux : Alberdi connaît intimement ce que signifie chanter, elle sait ce qu'il faut de discipline, de sacrifice, d'abnégation pour tenir une carrière lyrique au plus haut niveau. Elle ne se contentera pas d'imiter, elle comprendra de l'intérieur. Le tournage se poursuivra à Barcelone, notamment au Gran Teatre del Liceu, ce temple de l'opéra catalan où Caballé fit ses premiers pas en 1962 dans le rôle-titre d' Arabella de Richard Strauss. J'aime cette idée de filmer dans les lieux authentiques, de retrouver l'âme des décors qui ont vu naître une légende. Le Liceu n'est pas qu'une salle de spectacle, c'est un sanctuaire où résonnent encore les échos des plus grandes voix du siècle dernier. Tourner là-bas, c'est rendre hommage non seulement à Caballé, mais à toute une tradition lyrique que notre époque, trop souvent, néglige ou méprise. Ce qui me frappe dans cette vague de biopics consacrés aux géants de la musique classique, c'est qu'elle arrive à un moment où notre civilisation semble avoir perdu ses repères. Face au vacarme du monde contemporain, au nivellement culturel, à l'effacement des hiérarchies de l'excellence, le cinéma se tourne vers ces figures qui incarnent l'absolu de l'art. Bernstein, Callas, Celibidache, Pavarotti, Caballé : autant de noms qui rappellent qu'il existe une transcendance, une verticalité, une quête de perfection qui dépasse l'individu. Ces artistes n'ont pas seulement eu du talent, ils ont eu une mission, presque un sacerdoce. Et dans le cas de Caballé, cette mission s'est accomplie avec une humilité, une fidélité à ses racines catalanes, une loyauté envers le Liceu qui force le respect. Le film sera distribué en Espagne par Filmax, tandis que Film Factory Entertainment gérera les droits internationaux. Aucune date de sortie n'a encore été annoncée, mais je garde espoir que ce portrait trouve rapidement son chemin vers les salles françaises. Nous avons besoin de ces récits qui célèbrent la grandeur, qui montrent que le génie naît souvent dans l'adversité, que l'art véritable exige tout de l'artiste. Montserrat Caballé a quitté ce monde en 2018, nous laissant orphelins de cette voix d'une pureté céleste, capable de transformer Norma de Bellini ou Turandot de Puccini en expériences mystiques. Grâce à Patricia Ortega et à son équipe, grâce au courage de Begoña Alberdi qui relève le défi immense d'incarner une telle icône, la Superba – comme on surnommait Caballé – va revivre sur grand écran. Et peut-être, qui sait, ce film incitera-t-il quelques jeunes âmes à pousser les portes d'un opéra, à découvrir que derrière les paillettes et les décors somptueux, il y a des destins exceptionnels, des sacrifices immenses, et cette quête infinie de la beauté qui fait de nous des êtres civilisés. Je compte les jours avant de pouvoir m'asseoir dans une salle obscure et retrouver, le temps d'un film, la voix qui nous manque tant. Précédent Écouter le direct Suivant

  • Une version audacieuse de Cendrillon de Rossini enflamme l’Opéra Royal de Versailles | La Grande Musique

    Du 11 au 18 octobre 2025, l’Opéra Royal de Versailles présente une version audacieuse de La Cenerentola de Rossini, portée par Gaëlle Arquez, Patrick Kabongo et une mise en scène imaginative de Julien Lubek et Cécile Roussat. < Retour E.Rials, rédacteur 02/10/25 Une version audacieuse de Cendrillon de Rossini enflamme l’Opéra Royal de Versailles 1/1 Du 11 au 18 octobre 2025, l’Opéra Royal de Versailles présente une version audacieuse de La Cenerentola de Rossini, portée par Gaëlle Arquez, Patrick Kabongo et une mise en scène imaginative de Julien Lubek et Cécile Roussat. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien À l’automne prochain, le somptueux écrin de l’Opéra Royal du Château de Versailles va vibrer au rythme de la musique rossinienne : du 11 au 18 octobre 2025, une nouvelle production de La Cenerentola (traduit ici en français Cendrillon ) promet de revisiter le conte, sans fée ni citrouille, dans un ballet de déguisements, de quiproquos, et de charme vocal. Un conte plein de malice Rossini et son librettiste Jacopo Ferretti ont choisi de s’éloigner du merveilleux traditionnel pour offrir une version plus réaliste, voire satirique, de l’histoire de Cendrillon. Les éléments de conte de fées comme la marraine, la pantoufle magique ou les citrouilles sont ici évacués au profit d’un jeu de masques, de déguisements et de révélations comiques : « un formidable jeu de dissimulations et de méprises » selon les préparateurs de la production. Dans cette version, l’intrigue s’oriente davantage vers la morale sociale — la reconnaissance de la vertu, la ruse des circonstances — que vers la magie romantique du conte de Perrault. L’enjeu n’est plus tant surnaturel qu’humain. Cette réinterprétation se marie bien à l’esthétique retenue par la mise en scène de Julien Lubek (également chorégraphe), associée à Cécile Roussat pour les costumes et l’univers visuel. L’ensemble promet une « farce lyrique stylisée », selon les communiqués, et une pièce vivante de trois heures (avec entracte). Une distribution de prestige Le rôle-titre d’Angelina / Cendrillon sera tenu par la mezzo-soprano Gaëlle Arquez , qui a déjà brillé dans des rôles baroques et classiques (Rosina, etc.). Sa présence confirme le désir de l’équipe artistique d’allier qualité vocale et intensité dramatique. Face à elle, Patrick Kabongo incarnera Don Ramiro (ou « Don Rodolphe » selon certaines sources) dans la version française du livret. D’autres rôles notables sont confiés à Gwendoline Blondeel (Éléonore, la sœur aînée) et Éléonore Pancrazi (Isabelle, la sœur cadette), tandis que Nicolas Brooymans prend le rôle de Don Magnifico, figure paternelle ambiguë. À la baguette, l’Orchestre de l’Opéra Royal sera dirigé par Gaétan Jarry , un chef en vogue, capable d’allier finesse et énergie. Les chœurs sont assurés par le Chœur de l’Opéra Royal de Versailles, solide formation déjà présente dans les saisons passées. Un écrin historique — et un pari artistique L’Opéra Royal de Versailles, conçu par Ange-Jacques Gabriel et inauguré en 1770, compte aujourd’hui environ 650 places. Ce joyau néo-classique, restauré récemment, offre une acoustique remarquable et une élégance visuelle propice à des productions exigeantes. Choisir Versailles comme scène pour Cendrillon n’est pas neutre : l’histoire du lieu — entre royauté, festivités de cour et contraintes techniques anciennes — apporte une dimension symbolique : dans un lieu chargé de pouvoir et de cérémonial, on va rendre audibles, sous les lustres et les miroirs dorés, une histoire de reconnaissance humble et de retournements sociaux. La production s’inscrit aussi dans la saison 2025-2026 du château, où Rossini côtoiera Purcell, Mozart et d’autres compositeurs majeurs. Pour le public, une invitation au renouvellement Acheter un billet — les prix annoncés oscillent entre ~ 50 et 178 € selon les sources — c’est s’offrir non seulement une soirée d’opéra, mais une immersion dans un univers visuel audacieux, une version revisitée du récit familial le plus universel. L’argument, simple sur le papier — une jeune fille malmenée qui finit par triompher — est ici repensé : ce n’est pas la baguette magique qui sauve Angelina, mais sa constance, son intelligence sociale et la mise en lumière par les stratagèmes du destin. C’est une Cendrillon moderne, jouée, déguisée, presque « théâtrale », où le masque devient instrument de révélation. En somme, cette production a toutes les chances de réveiller l’Opéra Royal de Versailles, de marier le patrimoine et l’innovation, de donner un souffle contemporain à Rossini, et d’attirer un public curieux, audacieux, amoureux de bel art. Vous êtes conviés à Versailles, à l’automne, pour redécouvrir Cendrillon — mais pas celle qu’on croit. https://www.operaroyal-versailles.fr/event/rossini-cendrillon/ Précédent Écouter le direct Suivant

  • Alessandro Stradella : génie baroque, destin tragique | La Grande Musique

    26 février 1682, Piazza Bianchi à Gênes. On découvre au matin le corps poignardé d'Alessandro Stradella, trente-neuf ans, compositeur prodige au destin fulgurant. Né à Bologne en 1643, il conquiert Rome avant d'être emprisonné pour avoir organisé de faux mariages. À Venise, il séduit la maîtresse d'un riche négociant et s'enfuit avec elle. Premier attentat : il survit de justesse, poignardé en pleine rue. À Gênes, il invente le Concerto Grosso, dialogue révolutionnaire entre orchestre et solistes que Corelli rendra célèbre. Mais Stradella replonge dans ses démons : tripot, prostitution… et passion fatale pour la fille d'un puissant marchand génois. Cette fois, les tueurs ne le ratent pas. Un musicien qui n'eut jamais le sens de la mesure. < Retour E.Rials, rédacteur 04/11/25 Alessandro Stradella : génie baroque, destin tragique 1/1 26 février 1682, Piazza Bianchi à Gênes. On découvre au matin le corps poignardé d'Alessandro Stradella, trente-neuf ans, compositeur prodige au destin fulgurant. Né à Bologne en 1643, il conquiert Rome avant d'être emprisonné pour avoir organisé de faux mariages. À Venise, il séduit la maîtresse d'un riche négociant et s'enfuit avec elle. Premier attentat : il survit de justesse, poignardé en pleine rue. À Gênes, il invente le Concerto Grosso, dialogue révolutionnaire entre orchestre et solistes que Corelli rendra célèbre. Mais Stradella replonge dans ses démons : tripot, prostitution… et passion fatale pour la fille d'un puissant marchand génois. Cette fois, les tueurs ne le ratent pas. Un musicien qui n'eut jamais le sens de la mesure. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Précédent Écouter le direct Suivant

  • Berlioz, l’amour plus fort que les barricades | La Grande Musique

    Hector Berlioz joue son destin amoureux et musical au printemps 1830 : pour épouser la pianiste Marie Moke à Paris, il doit conquérir le Prix de Rome et écrire La mort de Sardanapale. Tandis que grondent les Trois Glorieuses, le jeune compositeur s'enferme à l’Académie des Beaux-Arts, partagé entre révolution et passion. Ce deuxième épisode du podcast déroule ce roman vrai, où l’ambition artistique se heurte au calcul froid de Maria-Magdalena Moke et à l’ombre du riche rival Camille Pleyel. < Retour E.Rials, rédacteur 03/12/25 Berlioz, l’amour plus fort que les barricades 1/1 Hector Berlioz joue son destin amoureux et musical au printemps 1830 : pour épouser la pianiste Marie Moke à Paris, il doit conquérir le Prix de Rome et écrire La mort de Sardanapale. Tandis que grondent les Trois Glorieuses, le jeune compositeur s'enferme à l’Académie des Beaux-Arts, partagé entre révolution et passion. Ce deuxième épisode du podcast déroule ce roman vrai, où l’ambition artistique se heurte au calcul froid de Maria-Magdalena Moke et à l’ombre du riche rival Camille Pleyel. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien https://www.lagrandemusique.fr/podcast-pauline-courtin Précédent Écouter le direct Suivant

  • Gala lyrique caritatif pour Epic Arts le 12 mai 2025 Salle Cortot | La Grande Musique

    L'association "La lune dans les yeux" organise le Gala lyrique caritatif au profit de l'association EPIC ARTS, le 12 mai 2025 dès 19h, salle Cortot à Paris. < Retour E.Rials, rédacteur 24/04/25 Gala lyrique caritatif pour Epic Arts le 12 mai 2025 Salle Cortot 1/1 L'association "La lune dans les yeux" organise le Gala lyrique caritatif au profit de l'association EPIC ARTS, le 12 mai 2025 dès 19h, salle Cortot à Paris. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien L'association Epic Arts est une ONG installée au Cambodge qui oeuvre pour l'inclusion des personnes en situation de handicap et leur familles à travers les arts. Epic Arts propose des formations artistiques professionnelles, des spectacles de danse inclusive et des programmes éducatifs. Le célèbre avocat et orateur Bertrand Périer sera le maître de cérémonie. Parmi les artistes qui ont répondu présents, le talentueux Cyprien Katsaris , pianiste et compositeur, qui a joué avec les plus grandes formations et les plus grands chefs de Rostropovitch à Bernstein en passant par Masur, Harnoncourt et Dutoit. La merveilleuse et talentueuse soprano Nadège Meden , deux fois finalistes de l’académie Verdi de l’Opéra de Parme, élève de Grace Bumbry. Denis Dubois de l'Opéra de Paris au piano. Soraya Verdier , élève de Pavel Gililov, pianiste titulaire de nombreux prix et lauréate du concours Mozart de Salzbourg. Lise Nougier , soprano, qui a été formée à l'Opéra de Paris et a chanté dans des festivals prestigieux tels que les Folles Journées de Nantes, le Festival Ravel, le Festival de Pâques. Juliette Gauthier , mezzo-soprano, récemment diplômée du Conservatoire de Paris et qui vient de terminer l'académie de l'Opéra comique, lauréate de nombreux prix sera également présente. Olga Syniakova , mezzo-soprano, qui est une étoile montante et dont la carrière est déjà impressionnante ; lauréate de nombreux prix (Toulouse, Vinas, Bellini, Alfredo Kraus ...) elle a chanté à l’Opéra de Lyon, Teatro Real, Zürich, Seattle, La Scala, et les auditeurs ont pu la découvrir au Théâtre du Capitole aux côtés de Karine Deshayes. PROGRAMME : Improvisations sur des airs d’opéra, avec Cyprien Katsaris GOUNOD, O dieu que de bijoux, Faust , avec Lise Nougier HANDEL, Un momento di contento, Alcina avec Hugo Tranchant MOZART, Hai gia vinta la causa, Le nozze di Figaro , avec Paul-Louis Barlet ROSSINI, Cruda sorte, L’italienne à Alger , avec Juliette Gauthier VERDI, Canzone del velo, Don Carlo , avec Olga Syniakova PUCCINI, Signore ascolta, Turandot , avec Lise Nougier PUCCINI, In questa reggia, Turandot , avec Nadège Meden STRAUSS, Ich lade gern, Die Fledermauss , avec Juliette Gauthier OFFENBACH, Jour et Nuit, Contes d’Hoffmann, avec Hugo Tranchant STRAUSS, Es gibt ein Reich, Ariadne auf Naxos , avec Nadège Meden DONIZETTI, O mio Fernando, La Favorita , avec Olga syniakova TCHAÏKOVSKY, Kogda bin zizhn, Eugène Oneguin, avec Paul-Louis Barlet VERDI, Nel di della vittoria, Macbeth , avec Nadège Meden SAINT SAËNS, Mon cœur d’ouvre à ta voix, Samson et Dalila , avec Olga Syniakova LISZT / WAGNER, Mort d’Isolde, avec Soraya Verdier Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/la-lune-dans-les-yeux-opera-and-co/evenements/gala-lyrique-cartitatif-au-profit-d-epic-arts infos et réservations : contact@lalunedanslesyeux.com Pour en savoir plus : https://sallecortot.com/event/gala-lyrique-caritatif-au-profit-de-lassociation-epic-arts/ http://www.lalunedanslesyeux.com Précédent Écouter le direct Suivant

  • Quand la Tour Eiffel résonne de Vivaldi, Mozart et Verdi | La Grande Musique

    Sous les voûtes métalliques du Salon Gustave Eiffel, la Tour Eiffel devient scène lyrique : Vivaldi, Mozart, Verdi et Rossini s’y donnent rendez-vous pour deux soirées d’exception où patrimoine, musique et émotion ne font plus qu’un. < Retour E.Rials, rédacteur 09/10/25 Quand la Tour Eiffel résonne de Vivaldi, Mozart et Verdi 1/1 Sous les voûtes métalliques du Salon Gustave Eiffel, la Tour Eiffel devient scène lyrique : Vivaldi, Mozart, Verdi et Rossini s’y donnent rendez-vous pour deux soirées d’exception où patrimoine, musique et émotion ne font plus qu’un. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Ce n’est pas tous les jours que la Tour Eiffel devient salle de concert. Pourtant, cet automne, le plus célèbre monument de Paris s’apprête à vibrer au son des plus grandes pages du répertoire classique. Dans le cadre somptueux du Salon Gustave Eiffel , perché au premier étage de la Dame de fer, deux événements musicaux promettent des moments de grâce : « Vivaldi : Les Quatre Saisons » , d’une part, et « Grands Airs d’Opéras » réunissant Mozart, Verdi et Rossini, d’autre part. Ces soirées font le pari audacieux d’unir la beauté du patrimoine architectural à celle de la musique vivante. Sous les structures métalliques illuminées, les archets et les voix feront danser l’air de Paris dans une atmosphère à la fois solennelle et intime. Vivaldi sous les étoiles de Paris Chef-d’œuvre absolu du baroque, Les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi n’ont cessé d’émouvoir depuis trois siècles. Mais les entendre résonner dans le Salon Gustave Eiffel ajoute une dimension presque irréelle à l’expérience. Entouré de baies vitrées ouvertes sur la capitale, l’auditeur se trouve littéralement suspendu entre ciel et terre. Le CLASSIK Ensemble , dirigé par le violoniste David Braccini , interprète ces concertos avec une énergie communicative. Printemps éclatant, Été orageux, Automne généreux et Hiver cristallin : les archets dessinent les saisons tandis que les lumières de Paris se reflètent sur le métal et le verre. L’acoustique naturelle du lieu, étonnamment chaleureuse, renforce cette proximité entre musiciens et public. La soirée se prolonge par d’autres pages emblématiques du répertoire, notamment Mozart et quelques pièces romantiques, offrant une traversée de trois siècles de musique européenne. Mozart, Verdi et Rossini : le souffle de l’opéra au premier étage Avant que ne s’élèvent les cordes de Vivaldi, le Salon Gustave Eiffel accueille un autre moment fort : les Grands Airs d’Opéras . Mozart, Verdi et Rossini s’y côtoient dans un florilège d’extraits célèbres qui ont marqué l’histoire du chant lyrique. La soprano Clarisse Dalles , issue de l’Académie de l’Opéra de Paris, prête sa voix à ces pages immortelles, accompagnée du CLASSIK Ensemble. L’émotion de La Traviata , la virtuosité du Barbier de Séville , la tendresse de Don Giovanni : chaque air devient un bijou serti dans le cadre monumental de la Tour Eiffel. Le programme s’enrichit de valses, tangos et polkas, créant un contraste entre la légèreté des danses et la noblesse des grands airs. Une passerelle entre le romantisme et la joie populaire, où chaque note résonne comme une célébration de la beauté. Un cadre unique au monde Le Salon Gustave Eiffel n’accueille que quelques centaines de spectateurs par concert, offrant une proximité rare avec les artistes. Les grandes baies vitrées ouvrent sur Paris : au loin, les Invalides, le Trocadéro, la Seine qui serpente… et cette sensation d’être à la fois spectateur et partie intégrante du paysage. L’expérience se veut complète : la montée dans la Tour est incluse dans le billet, et le public est invité à arriver tôt pour profiter de la vue avant le début du concert. Une fois la musique commencée, le tumulte de la ville s’efface ; ne restent que la lumière, les sons et l’émotion pure. Assister à un concert classique dans ce lieu mythique, c’est vivre une parenthèse suspendue : une communion entre patrimoine, musique et poésie urbaine. Quand le patrimoine rencontre l’émotion Ce qui rend ces concerts si singuliers, c’est l’équilibre parfait entre l’intimité d’une salle de musique de chambre et la grandeur d’un monument universel. L’alliance du fer et du violon, du souffle des chanteurs et du vent de la nuit parisienne, crée une alchimie rare. Dans un monde saturé d’images et de bruit, entendre Vivaldi ou Mozart s’élever dans le silence du soir au cœur de la Tour Eiffel relève de la pure magie. C’est un moment de grâce, de beauté et de paix — un hommage vibrant à la musique et à Paris, capitale éternelle des arts. Dates et horaires : Dimanche 9 Novembre 2025 à 20h30 Mercredi 24 Décembre 2025 à 16h Jeudi 25 Décembre 2025 à 16h Tarifs et billetterie : A partir de 66 € https://www.fnacspectacles.com/artist/vivaldi-les-quatre-saisons/vivaldi-les-4-saisons-a-la-tour-eiffel-3997784/?affiliate=QM0&sv1=affiliate&sv_campaign_id=634278&awc=12494_1760016900_afd805c8de1b5ef2418ad289f47b6ee1&utm_source=Awin&utm_campaign=634278&utm_medium=affiliate Précédent Écouter le direct Suivant

  • Louise Bertin, la compositrice qui a fait plier Victor Hugo | La Grande Musique

    À 26 ans, fragile mais déterminée, Louise Bertin veut devenir compositrice et vise un coup d’éclat à Paris. Elle obtient de Victor Hugo le livret d’un opéra tiré de Notre-Dame de Paris, malgré son refus de “mettre de la musique sur ses vers”. Créée à l’Opéra en 1836 sous le titre La Esmeralda, l’œuvre est victime d’une cabale politico-mondaine et disparaît après six représentations. < Retour E.Rials, rédacteur 22/02/26 Louise Bertin, la compositrice qui a fait plier Victor Hugo 1/1 À 26 ans, fragile mais déterminée, Louise Bertin veut devenir compositrice et vise un coup d’éclat à Paris. Elle obtient de Victor Hugo le livret d’un opéra tiré de Notre-Dame de Paris, malgré son refus de “mettre de la musique sur ses vers”. Créée à l’Opéra en 1836 sous le titre La Esmeralda, l’œuvre est victime d’une cabale politico-mondaine et disparaît après six représentations. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien https://www.lagrandemusique.fr/podcast-pauline-courtin Précédent Écouter le direct Suivant

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