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- À Lausanne, une nouvelle saison d’opéra entre créations, jeunes voix et public élargi
À Lausanne, l’Opéra lève déjà le voile sur sa prochaine saison sous la direction de Claude Cortese, qui entame sa troisième année à la tête de l’institution. Fidèle à sa ligne artistique, cette nouvelle programmation souhaite conjuguer éclectisme, exigence artistique et volonté de rassembler un public toujours plus large. À travers huit ouvrages lyriques à l'affiche, dont cinq n’avaient encore jamais été présentés dans la capitale vaudoise, la saison 2026-2027 s’annonce riche en découvertes et innovations. Quarante-quatre artistes feront leurs débuts sur cette scène, tandis que quarante-deux prises de rôle inédites seront proposées, affirmant une dynamique résolument tournée vers la relève et la nouveauté. Un renouvellement du répertoire dans le respect de la tradition Depuis son arrivée, Claude Cortese a clairement affiché sa volonté de renouveler le répertoire proposé, tout en restant fidèle à l’héritage lyrique qui s’étend sur près de quatre siècles. Dans une interview accordée à la RTS, il rappelle que "le répertoire, c’est près de 400 ans de musique et des milliers de titres", soulignant l'importance d'attiser la curiosité et de proposer une programmation éclectique capable d'intéresser et de séduire différents publics. Après une première saison permettant une prise de marque et une deuxième confirmant cette orientation, cette troisième saison prolonge la « nouvelle formule » adoptée, mêlant classiques reconnus, œuvres rares et créations destinées aux jeunes. Un panorama lyrique riche entre découvertes et œuvres emblématiques La saison s'ouvrira début octobre avec Mireille de Charles Gounod, un drame lyrique inspiré de la Provence de Frédéric Mistral, plongeant le public dans une atmosphère poétique et authentique. S’enchaineront ensuite des œuvres qui explorent des styles variés, du baroque au bel canto, en passant par le répertoire français et le XXe siècle. Parmi les cinq opéras jamais présentés auparavant à Lausanne figurent Le Tour d’écrou de Benjamin Britten, un huis clos psychologique intense, Giuditta de Franz Lehár, opérette pleine de charme, Les Capulets et les Montaigu de Vincenzo Bellini, emblématique du bel canto, ainsi qu’Agrippina de Georg Friedrich Haendel en version de concert, portée par la mezzo-soprano renommée Magdalena Kožená. Ces choix témoignent d’un mélange subtil entre innovation et reconnaissance des grands classiques. Une politique vocale tournée vers la découverte et l'excellence Sur le plan vocal, l’Opéra de Lausanne met l'accent sur la découverte et le renouveau sans renier les talents confirmés. Quarante-quatre artistes feront ainsi leur première apparition à Lausanne, tandis que quarante-deux prises de rôle inédites seront proposées. Cette stratégie favorise l’entrée de nouvelles voix dans le paysage lyrique romand et offre à de jeunes chanteurs l’opportunité de se confronter à des rôles exigeants dans le contexte privilégié d'une maison à taille humaine. De plus, plusieurs productions accueilleront des chefs et metteurs en scène inédits au théâtre, renforçant ainsi la diversité et la vitalité artistique. L’opéra pour le jeune public : une priorité affirmée La saison 2026-2027 marque une attention particulière portée au jeune public, notamment avec la coproduction de Le Cochon enchanté de Jonathan Dove, un opéra inspiré d’un conte, mis en scène par Joan Mompart. Présenté en collaboration avec le Grand Théâtre de Genève, ce projet inédit vise à offrir une porte d'entrée ludique et accessible dans le monde lyrique, suivant les mésaventures de la princesse Flora et de son époux Pig, transformé en cochon victime d’un enchantement. Ce spectacle, programmé entre fin janvier et début février 2027, illustre la volonté d’attirer une nouvelle génération de spectateurs, en complément des nombreuses actions de médiation déjà développées. Ouverture culturelle et partenariats locaux renforcés Au-delà des œuvres elles-mêmes, la saison reflète une vocation d’ouverture vers le territoire et ses acteurs culturels. L’Opéra collabore avec des institutions muséales comme Photo Élysée pour des initiatives thématiques, multiplie ses interactions avec les acteurs culturels régionaux et encourage la présence d’artistes extérieurs. Cette dynamique s’accompagne aussi d’actions hors les murs, poursuivant une politique d’accueil de productions invitées et de propositions artistiques diversifiées pour étendre son impact au cœur même de la ville. Équilibre entre tradition et innovation : un enjeu pour le public et les institutions La saison propose un équilibre réfléchi entre grand répertoire et œuvres moins connues, s’appuyant sur un travail de médiation et des prix attractifs pour combattre l’image élitiste souvent associée à l’opéra. La politique tarifaire favorise l’accessibilité, avec des abonnements adaptés et des réductions, tandis que la stratégie de communication insiste sur la pluralité des styles et des origines des œuvres, allant de Haendel à Britten, Gounod, Lehár ou Bellini. Cela traduit une volonté claire de faire de l’opéra un spectacle vivace, ouvert à des publics aux profils et attentes variés. Perspectives et défis d’une saison prometteuse Cette programmation sera particulièrement scrutée face à la diversité et à la richesse des offres culturelles en Suisse romande, ainsi qu’aux contraintes budgétaires des institutions publiques. Les équipes misent sur la curiosité et la fidélité du public local et régional ainsi que sur la force d’une direction artistique renouvelée. À moyen terme, cette orientation peut redéfinir l’identité de l’Opéra de Lausanne sur la scène européenne, en affirmant son profil de maison éclectique, innovante et engagée dans la formation et la promotion de la relève. Les prochaines annonces de distributions et les débuts des répétitions seront attendus comme des étapes décisives pour confirmer ce pari artistique ambitieux.
- Claude Bessy, une étoile de l’Opéra entre prestige, discipline de fer et controverse
Claude Bessy est morte à 93 ans, à Paris, laissant derrière elle l’image contrastée d’une figure majeure de l’Opéra national de Paris, à la fois danseuse étoile adulée et directrice redoutée de l’École de danse. Sa disparition, annoncée fin avril 2026, a ravivé les souvenirs d’une carrière d’exception entamée au milieu du XXe siècle, mais aussi les débats autour de méthodes pédagogiques jugées aujourd’hui brutales, au cœur d’un scandale qui avait éclaboussé l’institution de Nanterre au début des années 2000. Entre grandeur artistique, discipline implacable et accusations de harcèlement moral, c’est un pan entier de l’histoire de la danse française qui se trouve ainsi remis en lumière. Une trajectoire fulgurante au sein de l’Opéra de Paris Née à Paris le 21 octobre 1932, Claude Bessy intègre très jeune l’École de danse de l’Opéra. À 14 ans, en 1946, elle rejoint les rangs du Ballet, émerveillant déjà par sa technique rigoureuse et sa présence scénique exceptionnelle. Son ascension est méthodique et sans faute : en 1956, elle est nommée danseuse étoile, un jalon prestigieux pour cette jeune femme au talent rare. À la scène, elle incarne des rôles devenus légendaires : Giselle, Casse-Noisette, Don Quichotte, et Le Lac des cygnes, interprétés avec une élégance qui mêle sensibilité et intensité. Les critiques louent son « chic canaille », ce mélange subtil d’élégance raffinée et d’un tempérament populaire, qui bouscule un univers très codifié. Elle parcourt le monde lors de nombreuses tournées, incarnant la France sur les scènes internationales, une véritable ambassadrice de la danse classique française. Un pas vers la pédagogie : la direction de l’École de danse En 1972, à 40 ans, Claude Bessy embrasse une nouvelle étape artistique en prenant la direction de l’École de danse de l’Opéra de Paris, une institution fondée en 1713 sous Louis XIV. Cette école est alors le creuset principal de formation des futurs danseurs étoiles. Elle restera à sa tête pendant plus de trente ans, façonnant une génération entière de professionnels. Ce fut sous son impulsion que l’École quitta les somptueux salons du Palais Garnier en 1987 pour s’installer dans des locaux modernes à Nanterre, en proche banlieue parisienne. Cette décision, motivée par la nécessité d’un espace adapté, alimenta une controverse liée à l’éloignement des infrastructures historiques et des regards du public. Certains craignaient pour l’âme même de cette institution emblématique. L’héritage artistique et formation des étoiles La marque de Claude Bessy est indéniable. Plusieurs danseurs illustres ayant émergé dans les années 1980 à 2000 sont passés par son école ou y furent formés par ses professeurs choisis avec soin : Sylvie Guillem, Élisabeth Platel, Manuel Legris, Laurent Hilaire ou encore Isabelle Guérin. Leur succès témoigne de la qualité technique et artistique héritée de cette formation exigeante. La réputation internationale de l’École de Nanterre s’est renforcée avec des tournées à travers l’Asie et les Amériques, notamment grâce à un système pédagogique basé sur la rigueur technique. Dance Context Webzine souligne que « l’exigence de Bessy a façonné le style si particulier du Ballet de l’Opéra de Paris », reflet d’un équilibre délicat entre tradition et innovation. Des méthodes pédagogiques au cœur de la controverse Cependant, cette exigence s’est doublée d’un climat décrié par certains anciens élèves. Dans les années 1990 et 2000, alors que la société s’interroge sur les violences psychologiques dans le sport et les arts, plusieurs plaintes dénoncent un environnement marqué par le harcèlement moral et un autoritarisme perçu comme excessif. Un rapport commandé par les pouvoirs publics évoque une « souffrance et un climat de terreur psychologique » au sein de l’École, avec des témoignages faisant état d’insultes publiques, de mépris à l’égard des enfants et d’un isolement saisissant des élèves internes. Ces conditions ont brisé le silence sur des pratiques pédagogiques traditionnelles, remises en question à l’aube du XXIe siècle. Des anciens élèves racontent ainsi un quotidien rigide où la douleur physique était banalisée, parfois encouragée pour atteindre la perfection. L’histoire d’une camarade contrainte de danser malgré une entorse illustre cette dureté. Claude Bessy elle-même assumait cette discipline strictement fondée sur une approche « à la baguette », regrettant une société où les sanctions se font rares et où l’effort est dévalorisé. Une figure symbolique de la transition pédagogique La figure de Claude Bessy symbolise à la fois la grandeur d’une tradition et la nécessité d’évoluer. Son attachement à une rigueur extrême reflète une époque où la discipline sévère était la norme dans les grandes écoles artistiques, considérant la souffrance comme un passage obligé vers l’excellence. Pourtant, cette conception se heurte aujourd’hui aux nouvelles attentes d’un respect de l’intégrité physique et psychique des élèves. Le scandale de Nanterre a marqué un tournant au sein de l’Opéra de Paris, encourageant la réforme des méthodes pédagogiques et un engagement accru envers le bien-être des élèves. Claude Bessy quitte ses fonctions en 2004, saluée pour son engagement, tout en suscitant un débat nécessaire sur les héritages pédagogiques. Conclusion : Héritage et réflexion pour l’avenir de la danse classique Vingt ans après sa démission, l’héritage de Claude Bessy reste source de controverses. Entre hommage à une carrière exceptionnelle et critique des méthodes d’un autre temps, la question demeure sur la meilleure manière de conjuguer l’exigence de la danse classique avec le respect dû aux artistes en formation, souvent très jeunes. Son parcours, riche en succès et en controverses, incarne une étape cruciale dans l’histoire de l’École de danse de l’Opéra de Paris et illustre les défis d’un art en perpétuelle réinvention, où tradition et modernité doivent cohabiter pour assurer un avenir respectueux et brillant à la danse française. Sources : Causeur Le Figaro Wikipédia Dance Context Webzine Opéra national de Paris France Culture France Musique Franceinfo Libération Télérama INA
- À Lausanne, « Le Nain » de Zemlinsky, un conte cruel qui parle d’aujourd’hui
Depuis le dimanche 26 avril et jusqu’au 3 mai 2026, l’Opéra de Lausanne présente pour la première fois de son histoire « Le Nain » d’Alexander von Zemlinsky, dans une nouvelle production mise en scène par Jean Liermier. Quatre représentations figurent à l’affiche, les 26, 28 et 30 avril ainsi que le 3 mai, avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne en fosse, sous la direction de la cheffe Sora Elisabeth Lee. Inspiré d’un conte d’Oscar Wilde et nourri par l’histoire intime du compositeur, cet opéra en un acte interroge, depuis la cour d’Espagne imaginée par Wilde, notre regard sur la différence, la cruauté sociale et la quête de dignité. Contexte historique et biographique du compositeur Composé au début des années 1920, « Le Nain » (Der Zwerg) s’inscrit dans la veine post-romantique expressionniste d’Alexander von Zemlinsky, compositeur viennois longtemps resté dans l’ombre de ses contemporains. Né en 1871 et mort en exil à New York en 1942, Zemlinsky fut à la fois l’ami, le beau-frère et le professeur d’Arnold Schönberg, et l’exact contemporain de Gustav Mahler et Richard Strauss. Alors que Schönberg révolutionnait la musique avec la rupture du système tonal, Zemlinsky conserva une écriture lyrique dense et expressive, s’inscrivant dans la continuité musicale de Mahler et Strauss, comme l’attestent plusieurs analyses musicologiques récentes. Ce qui distingue particulièrement Le Nain c’est l’importance des références autobiographiques qui façonnent son propos. La relation intense qu'entretint Zemlinsky avec son élève Alma Schindler, qui le quitte pour Gustav Mahler en se moquant de son physique, est au cœur de cette œuvre. Zemlinsky évoqua lui-même cette épreuve comme sa « tragédie de l’homme laid », un sentiment profond qui nourrit le personnage principal de l’opéra, un personnage difforme porteur d’une beauté intérieure lumineuse, confronté à la cruauté du monde et de l’apparence. Une intrigue inspirée d’Oscar Wilde et ses résonances contemporaines Le livret, écrit par le dramaturge autrichien Georg C. Klaren, s’inspire du conte « L’Anniversaire de l’Infante » de Oscar Wilde. L’action se situe à la cour d’Espagne, où une fête d’anniversaire de l’infante sert de toile de fond à un drame poignant. Un nain difforme, cadeau exotique d’un sultan, ne connaît pas son apparence et croit sincèrement à l’affection que lui porte la princesse. Mais la cruauté latente, sous forme de moqueries et de rires, est un poison qui se manifeste brutalement lorsque le miroir lui révèle son image. Ce choc provoque son effondrement et la tragédie finale. Ce miroir, déjà symbole central dans les œuvres de Wilde, ici, révèle non pas un reflet corrompu à l’image du personnage (comme dans Le Portrait de Dorian Gray) mais dénonce la monstruosité morale d’une société qui rejette l’autre. La production lausannoise : une mise en scène intime et puissante Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge, apporte à cette œuvre une lecture profondément humaine et universelle. Dans des interviews accordées à la RTS et à Classica, il parle de la musique de Zemlinsky comme du « cri d’un être humain qui cherche à dépasser son enveloppe physique pour être reconnu dans son humanité ». Sa mise en scène met en lumière la cruauté des rapports sociaux tout en très finement explorant la complexité psychologique des personnages. Sa célèbre phrase « on est tous le nain de quelqu’un » invite le spectateur à se reconnaître dans cette douleur liée à la marginalisation et au regard de l’autre. La production lausannoise opte pour une interprétation chambriste, avec un ensemble réduit de dix-huit musiciens issu de l’Orchestre de Chambre de Lausanne. Cette réduction orchestrale, saluée par la critique pour sa subtilité et sa puissance, favorise une proximité émotionnelle avec les chanteurs, amplifiant ainsi la tension dramatique de l’œuvre. Distribution et aspects techniques remarquables Le rôle-titre est tenu par le ténor Adrian Dwyer tandis que la soprano Tamara Bounazou incarne l’Infante. La distribution comprend aussi Linsey Coppens et un ensemble représentant la cour espagnole. Une particularité intéressante relevée par la presse est la dissociation éventuelle du personnage du Nain entre un chanteur en coulisses et un acteur sur scène, renforçant l'idée de la fracture entre l'apparence et l'intériorité. Les décors et costumes, réalisés par Rudy Sabounghi, mêlent l’univers du conte et une ambiance onirique teintée de cauchemar, tandis que les lumières de Jean-Philippe Roy créent un contraste marqué entre la splendeur superficielle de la cour et la solitude poignante du personnage principal. Redécouverte et impact dans le monde lyrique contemporain Le Nain reste une œuvre rare sur les scènes mondiales, mais connait depuis deux décennies une renaissance progressive, notamment en Europe. Ses thèmes de stigmatisation, harcèlement et exclusion sociale résonnent fortement dans les débats sociaux actuels. Des théoriciens et critiques, dont Thea Derks, ont souligné que l’opéra traduit une « incapacité à respecter l’autre », offrant une puissante réflexion sociétale toujours d’actualité. La présentation à l’Opéra de Lausanne s’inscrit dans une politique culturelle de réouverture à des œuvres moins fréquentes, mêlant patrimoine et questionnements contemporains. Cette production romande arrive dans un moment symbolique, marquée par l’hommage à Pierre Strosser, metteur en scène disparu ayant réalisé la dernière mise en scène de Le Nain à Genève en 2002. Le renouvellement du regard scénique à Lausanne souligne la vitalité et la pertinence de cette œuvre oubliée. Conclusion : Une œuvre qui interpelle et émeut Au-delà d’une redécouverte musicale, Le Nain d’Alexander von Zemlinsky proposé à l’Opéra de Lausanne interpelle sur notre regard et notre rapport à la différence. À travers la mélodie puissante et parfois âpre de Zemlinsky, l’opéra questionne les spectateurs sur leur propre humanité, sur la vulnérabilité des individus marginalisés et sur la violence silencieuse des apparences. Cette production, dans sa finesse artistique, témoigne de la capacité de l’art lyrique à rejoindre les enjeux sociaux de notre temps, offrant un moment de théâtre musical intense, aussi cru que profondément humain.
- Les « Prémonitions du crépuscule » : Une Symphonie de Lumières au Grand Théâtre de Tours
Les 25 et 26 avril 2026, le Grand Théâtre de l’Opéra de Tours a été le théâtre d’un événement musical d’exception avec le programme symphonique titré « Les Prémonitions du crépuscule ». Placé sous la direction du directeur musical Vahan Mardirossian, ce double concert a mis à l’honneur non seulement les talents d’une pianiste américaine d’origine iranienne, Sara Daneshpour, mais aussi une création mondiale de la compositrice suisse Beatrice Berrut. Ce triptyque musical, mêlant contemporain et romantisme tardif, a offert au public tourangeau une expérience auditive riche et nuancée, mettant en lumière l’Orchestre symphonique maison dans toute sa splendeur. Un programme audacieux mêlant création et tradition Conformément à la vision artistique de l’Opéra de Tours, qui depuis plusieurs années fait le pari de conjuguer répertoire classique et œuvres contemporaines, cette saison symphonique a proposé un voyage à la croisée des époques. Intitulé « Les Prémonitions du crépuscule », ce programme s’est construit autour d’un fil rouge poétique, explorant thèmes de fin de cycle, lumière déclinante et romantisme post-classique. Le concert s’est ainsi ouvert sur la création mondiale de « D’un pavé noir », une œuvre orchestrale inspirée par la vibration nocturne des villes et les jeux de lumière sur la pierre humide, signée Beatrice Berrut. Commandée par l’orchestre, cette pièce a su instaurer une atmosphère singulière, oscillant entre inquiétude et éclat, annonçant avec subtilité les nuances émotionnelles du programme. La deuxième partie a mis en lumière le légendaire Concerto pour piano n° 1 en si bémol mineur de Piotr Ilitch Tchaïkovski, interprété avec brio par Sara Daneshpour. Cette œuvre phare du répertoire romantique, reconnue pour sa complexité technique et sa profondeur émotionnelle, a été portée avec une virtuosité expressive sous la baguette experte de Mardirossian. Enfin, la soirée s’est conclue par une grande page orchestrale de Sergueï Rachmaninov, dont l’écriture généreuse et lyrique a prolongé les tonalités mélancoliques du concerto, évoquant à merveille l’esprit du crépuscule et de la nostalgie. Portraits des artistes et de la direction artistique Le chef franco-arménien Vahan Mardirossian, directeur musical depuis 2023, incarne parfaitement cette ligne artistique. Initialement pianiste, il a su insuffler à l’orchestre une sensibilité particulière, où chaque couleur orchestrale prend vie avec nuance. Son passé de claviériste lui permet de dialoguer intimement avec la pianiste soliste, créant une complicité palpable sur scène. Sarah Daneshpour, lauréate de prestigieux concours internationaux et étoile montante des grandes scènes américaines, a apporté à ce concerto une interprétation à la fois puissante et nuancée. Sa maîtrise technique était au service d’une expression pleine d’intensité et de sensibilité, éléments essentiels pour rendre toute la profondeur du concerto de Tchaïkovski. La création « D’un pavé noir » : Une Invitation à la Méditation Contemporaine Beatrice Berrut, compositrice et pianiste suisse, s’est imposée ces dernières années comme une figure majeure de la création contemporaine en Europe. Sa pièce pour orchestre, évoquant les jeux de lumière sur la pierre noire après la pluie, s’inscrit dans une tradition de musique impressionniste revisitée avec un style contemporain. « D’un pavé noir » a offert un prélude atmosphérique à la soirée, où les arpèges délicats et les références discrètes à des chants anciens créent un pont entre passé et présent. Cette œuvre traduit la vocation de l’Opéra de Tours à soutenir la création musicale et à renouveler le dialogue entre les époques. Réception et portée de l’événement Les critiques, tant locales que spécialisées, ont salué l’équilibre réussi entre innovation et tradition. La programmation thématique, centrée autour de la notion de crépuscule et ses nuances poétiques, a su donner une cohérence rare à ce concert symphonique. Le public, conquis, a répondu présent lors des deux soirées, témoignant de l’attractivité grandissante du Grand Théâtre. Cette performance a également renforcé la notoriété de l’Opéra de Tours sur la scène régionale et nationale, confirmant son statut de foyer culturel dynamique et innovant. Le choix d’inviter des artistes de renommée internationale et de mettre en avant des créations mondiales est une stratégie gagnante pour attirer un public varié et exigeant. Perspectives pour la saison symphonique 2025-2026 et au-delà Cette saison de l’Opéra de Tours, avec son articulation savante entre grands classiques et nouveautés, témoigne d’une volonté affirmée de diversification et d’ouverture. Les prochaines programmations poursuivront cette ligne, avec des concerts mettant en avant des thématiques fortes, des collaborations renouvelées et des artistes émergents comme confirmés. Le « Prémonitions du crépuscule » laisse augurer une transformation progressive mais certaine de l’orchestre, qui devrait gagner encore en maturité artistique et en rayonnement régional. La ville de Tours s’impose ainsi comme un pôle incontournable pour les amateurs de musique symphonique, exemplaire de la richesse culturelle française en province.
- « Eugène Onéguine » de Tchaïkovski en direct du Metropolitan Opera au cinéma des Quinconces à Vals-les-Bains le 2 mai
Le samedi 2 mai 2026, à 18 h 55, le cinéma des Quinconces à Vals-les-Bains invite le public ardéchois à une immersion exceptionnelle dans l'univers lyrique avec la diffusion en direct de New York de l’opéra « Eugène Onéguine » de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Ce rendez-vous s'inscrit dans la saison 2025-2026 du Metropolitan Opera, portée par la série "The Met: Live in HD", qui permet de connecter des spectateurs à travers le monde à des productions lyriques prestigieuses, retransmises simultanément au sein de salles de cinéma équipées. Un chef-d’œuvre russe mêlant passion et tragédie Créé dans la seconde moitié du XIXe siècle, « Eugène Onéguine » s’inspire directement du roman en vers d'Alexandre Pouchkine et se positionne comme l'une des œuvres phares du répertoire russe. Tchaïkovski y dépeint un drame humain profond, où se mêlent orgueil, innocence, jalousie et fatalité, tissant l'histoire d'un aristocrate désabusé, Onéguine, qui rejette l’amour sincère de Tatiana, avant de provoquer un duel fatal avec son ami Lenski. Cette œuvre emblématique, régulièrement programmée sur les grandes scènes internationales, est cette saison mise à l'honneur par le Metropolitan Opera à New York, accentuant son rayonnement mondial à travers la captation haute définition proposée lors de cette diffusion. La portée émotionnelle de l’œuvre, soutenue par un livret poignant et une composition musicale intense, continue à nourrir l'intérêt des mélomanes et des critiques. Le Metropolitan Opera : un acteur majeur de la démocratisation de l’opéra Le dispositif « Live in HD » initié par le Metropolitan Opera offre une expérience unique, mêlant qualité audiovisuelle supérieure et lien direct avec la scène new-yorkaise. En réunissant chaque saison des milliers de spectateurs dans des cinémas internationaux, ce projet est un vecteur puissant de diffusion et d’accessibilité de l’opéra, notamment dans des villes moyennes ou rurales telles que Vals-les-Bains. Grâce aux soutiens de fondations comme Neubauer Family Foundation, Bloomberg Philanthropies et Rolex, le tarif des billets est maintenu à un niveau proche de celui d’une séance de cinéma classique, favorisant ainsi l’ouverture culturelle. Le cinéma des Quinconces s’intègre pleinement dans ce partenariat, offrant aux habitants de l’Ardèche un accès privilégié à une production lyrique d’envergure mondiale. Une distribution de haute volée sous la direction de Timur Zangiev Sur la scène du Met, la production rassemble des talents reconnus. La soprano Asmik Grigorian incarne Tatiana avec une sensibilité remarquable, nourrie d’une expérience récente dans le rôle-titre de « Madama Butterfly » à New York. Le baryton Iurii Samoilov prête sa voix au personnage d’Onéguine, tandis que Maria Barakova, Igor Golovatenko et Stephanie Blythe complètent cette distribution, insufflant une intensité dramatique renforcée à l’ensemble. La direction musicale est assurée par Timur Zangiev, chef d’orchestre émérite qui guide avec finesse l’orchestre et les chœurs du Met, garantissant ainsi une interprétation à la hauteur de la réputation scénique de la maison. Une expérience immersive et un événement culturel local La retransmission, prévue à 13 h heure de New York et 18 h 55 en France, propose une immersion totale dans la mise en scène, alternant plans larges et gros plans sur les interprètes, avec un son surround et une qualité visuelle exceptionnelle. Ce dispositif technique, récompensé à plusieurs reprises, contribue à rapprocher le spectateur des émotions du plateau, transformant la salle de cinéma en un véritable opéra vivant. Pour Vals-les-Bains, commune thermale au cœur de l’Ardèche, cette diffusion est un événement culturel majeur, renforçant l'offre artistique locale et offrant une porte ouverte vers le répertoire classique international. La soirée constitue un moment de partage unique, en écho aux autres propositions musicales et théâtrales de la région. Une œuvre au rayonnement universel et à l’héritage durable Depuis sa création, « Eugène Onéguine » a marqué durablement le paysage musical mondial. Son influence dépasse le cadre de l’opéra, inspirant adaptations et hommages au cinéma, en littérature et dans d’autres disciplines artistiques. Le drame intime qu’il dépeint reste d’une étonnante modernité, explorant des thèmes universels qui touchent chaque génération. Cette nouvelle production du Metropolitan Opera, portée par une génération d’artistes prometteurs, tout en rendant hommage aux traditions du répertoire, contribue à pérenniser cet héritage et à le faire rayonner auprès de nouveaux publics. Informations pratiques et modalités de réservation Le cinéma des Quinconces invite les mélomanes et curieux à réserver leur place pour ce spectacle en direct le 2 mai 2026 à 18 h 55. La durée est d’environ quatre heures, entractes inclus, incluant la totalité de l’opéra dans des conditions optimales. Les informations concernant les réservations, tarifs et accès sont disponibles directement auprès du cinéma, ce qui permettra au public ardéchois de vivre une expérience lyrique hors du commun, sans quitter leur région. En somme, cette retransmission d’« Eugène Onéguine » au cinéma des Quinconces s’inscrit à la fois dans une tradition d’excellence artistique et dans une dynamique de démocratisation culturelle, témoignant du rôle essentiel des technologies modernes pour rapprocher le public de la grande musique au XXIe siècle.
- Amour et mariage à l’opéra : quand la scène lyrique interroge nos vies amoureuses
Publié au printemps 2026 aux éditions Classiques Garnier, l’ouvrage collectif « Amour et mariage à l’opéra. Variations autour d’un thème », dirigé par la chercheuse Christine Rodriguez, constitue une référence incontournable pour comprendre comment la scène lyrique interroge depuis sa naissance les mécanismes du cœur et les normes sociales qui régissent l’union conjugale. Un parcours historique de la passion lyrique L’opéra, depuis ses premiers balbutiements fin XVIe siècle à Florence, n’a cessé de mettre en scène des intrigues amoureuses considérées à la fois comme moteur dramaturgique et miroir des sociétés. De Monteverdi, qui dessine déjà des héroïnes puissantes capables d’infléchir leur destin par leurs choix amoureux, à la manière dont la tradition antique influence la comédie romaine et inspire des intrigues mêlant malentendus et mariages déjoués, l’ouvrage replace précisément l’évolution du thème dans son contexte historique et artistique. Au cœur du XIXe siècle, siècle d’or du lyrisme européen, l’émergence du Code civil et l’essor de la bourgeoisie colorent les récits. Le mariage devient une institution à la fois valorisée et critiquée par l’opéra. Plusieurs articles analysent en profondeur les tensions entre passion et devoir, mettant en lumière comment la musique et le livret révèlent les conflits intérieurs des personnages et comment les intrigues traduisent les mutations juridiques et sociales affectant la famille. Critique sociale et figures féminines au premier plan L’une des lignes fortes de ces analyses porte sur la critique du mariage bourgeois dans les œuvres lyriques. Ces pièces souvent métissées d’humour et de tragédie soulignent les enjeux de rang social, de patrimoine et de réputation, mettant en scène des couples qui doivent naviguer entre désir individuel et conventions. Simultanément, les héroïnes souveraines occupent une place centrale. L’ouvrage insiste sur leur statut complexe : loin de simples victimes, elles incarnent des possibles d’émancipation ou illustrent la violence sociale que subissent les femmes s’écartant des normes imposées. De la reine antique à la bourgeoise moderne, ces portraits offrent une lecture fine des débats de genre propres à chaque époque. Carmen, emblème de la liberté et de la critique sociale Parmi les figures marquantes, Carmen de Bizet suscite une attention particulière. L’adaptation du livret de Meilhac et Halévy à partir de la nouvelle de Mérimée modifie profondément la représentation de l’amour, du mariage et de la liberté. Carmen, créée en 1875, se dresse en personnage farouchement libre, défiant les idéaux « féminins » de l’époque, refusant à la fois le mariage et la soumission. Les récentes études féministes et musicologiques soulignent comment l’opéra ne se contente pas de reproduire la misogynie mais la critique, exposant la violence sociale que subissent les femmes indépendantes. Les « endings féministes » dans la mise en scène contemporaine de Carmen, par exemple, refusent le meurtre rituel de l’héroïne, ouvrant un dialogue avec les enjeux actuels liés aux violences faites aux femmes. L'opéra, un théâtre vivant face aux débats contemporains L’ouvrage souligne que l’opéra, souvent perçu comme un art figé, est au contraire un théâtre vivant en perpétuelle réinvention. De nombreuses productions récentes intègrent les perspectives féministes, queer et sociales afin d’interroger le sens des intrigues traditionnelles face aux évolutions contemporaines. Cette vitalité fait de l’opéra un observatoire privilégié des rapports entre passion individuelle et institutions sociales. Au-delà de Carmen, la diversité des contributions permet d'apprécier un large éventail de portraits et de récits, évoquant des figures qui incarnent aussi bien la fidélité amoureuse que la quête d’indépendance, à travers différentes périodes et styles, de Puccini à Wagner en passant par les opéras comiques. Ces analyses enrichissent la compréhension de l’opéra comme espace d’autoportrait collectif. Un outil pour les chercheurs et amateurs Publié en version brochée et reliée, cet ouvrage de 2026 s’adresse tant aux spécialistes qu’à un public curieux. Il éclaire, par une démarche interdisciplinaire mêlant musicologie, histoire et littérature, la place centrale de l’amour et du mariage dans la construction des récits lyriques et leur résonance sociale. Il éclaire ainsi pourquoi ces passions chantées continuent de nous toucher et de nous questionner aujourd’hui.
- « La Bohème » au Palio de Boulazac : l’Opéra Dordogne-Périgord embarque 160 artistes et tout un territoire
En Dordogne, au cœur de la Nouvelle-Aquitaine, l’Arena Le Palio de Boulazac s’apprête à vivre un événement exceptionnel les 25 et 26 avril 2026 : la représentation de l’opéra La Bohème de Giacomo Puccini montée par l’Opéra Dordogne-Périgord. Cette cinquième édition d’un opéra participatif unique mêle avec talent les talents amateurs et professionnels d'un territoire riche en patrimoine culturel, déployant sur scène plus de 160 artistes, entre musiciens, chanteurs, circassiens et techniciens. Cette production ambitieuse marquera une nouvelle étape de la démocratisation de l'opéra dans la région, en offrant à des centaines de participants locaux les conditions d’une expérience artistique professionnalisante et fédératrice. Un projet culturel profondément enraciné dans le territoire L’Opéra Dordogne-Périgord, qui s’inspire des modèles innovants des « LabOpéra » déployés en France, incarne une dynamique culturelle participative rare. Depuis 2022, il œuvre à faire dialoguer artistes amateurs et professionnels autour de grands classiques, articulant pédagogie, découverte et excellence. Après « Carmen », « La Traviata », « West Side Story » et « Nabucco », le choix s’est naturellement porté sur La Bohème, un chef-d’œuvre incontournable du répertoire lyrique, créé en 1896, dont les thèmes universels d’amour, d’amitié et de précarité résonnent particulièrement dans notre époque. L’enjeu est double : permettre à des élèves, apprentis, choristes amateurs et techniciens en formation de s’immerger dans un projet d’envergure tout en fédérant un large public autour d’une création locale qui rayonne à l’échelle régionale et au-delà. Ainsi, treize établissements d’enseignement professionnel collaborent à la confection des décors, des costumes, et à la gestion technique, offrant une richesse humaine et une transmission de savoir-faire rares. Un opéra participatif inédit mobilisant 160 artistes Sur la scène du Palio, un orchestre de près de 70 musiciens, réunissant professionnels et amateurs, donne vie à la partition raffinée de Puccini sous la direction de la cheffe d’orchestre et directrice artistique Chloé Meyzie. En parallèle, huit solistes professionnels incarnent les personnages principaux, soutenus par un chœur adulte et un chœur d’enfants, dont la plateforme OpéraKids est l’un des moteurs essentiels. Cette implication multigénérationnelle est renforcée par la présence de circassiens de l’école des arts du cirque de Boulazac, qui enrichissent la mise en scène signée Gersende Michel. Les répétitions intenses, documentées en exclusivité par la presse locale et les radios régionales telles que France Bleu Périgord et Happy Radio, témoignent de l’engagement profond des participants. Les coulisses révèlent une effervescence : maquillage en chaîne, costumes retravaillés, ajustements précis de la direction musicale. Ces heures de préparation aboutissent à une fresque lyrique où chaque acteur, amateur ou professionnel, trouve sa place dans un élan collectif porté par la passion. La Bohème : un chef-d'œuvre intemporel au service de la culture locale La Bohème décrit la vie d’artistes parisiens du XIXe siècle confrontés à l’amour, à l’amitié, à la pauvreté et à la maladie. Outre sa musique poignante et ses airs célèbres tels que "Che gelida manina" ou "Si, mi chiamano Mimi", cet opéra aborde des thèmes universels et sensibles qui trouvent un écho fort auprès d’un public contemporain. Cette œuvre a marqué durablement l’histoire de l’opéra, influençant de nombreux compositeurs et continuant d’être jouée dans le monde entier. En Dordogne, sa puissance narrative et émotionnelle devient un vecteur de lien social, mettant en lumière la vitalité artistique et pédagogique du territoire, et validant l’approche innovante de l’Opéra Dordogne-Périgord. Une dynamique régionale et nationale Au-delà de la Dordogne, cette production bénéficie de la collaboration avec l’Opéra de Limoges et s’inscrit dans un réseau lyrique régional renforcé, incluant la participation d’artistes et techniciens venus de toute la Nouvelle-Aquitaine. Cette ouverture favorise la montée en compétences des acteurs locaux et élargit la portée culturelle du projet. La visibilité de la production est également accrue par sa présence sur des plateformes internationales de billetterie, telles que Spotify Concerts et Gigsty, témoignant d’une ambition d’envergure et d’une reconnaissance progressive sur la scène de l’opéra participatif. Une expérience humaine et artistique formatrice Au cœur de ce projet, les participants bénéficient d’une expérience intense et formative. Témoignages recueillis par France Bleu évoquent l’acquisition de nouvelles compétences, la découverte de métiers culturels variés, et un renforcement de la confiance en soi. Stéphane, choriste amateur, incarne cet esprit de partage et d’ouverture qui irrigue chaque édition. En intégrant lycéens, apprentis et professionnels en devenir dans des conditions proches du professionnalisme, cette initiative contribue à pérenniser le tissu culturel local et à promouvoir une perception accessible et vivante de l’opéra, souvent perçu à tort comme élitiste. Un rendez-vous à ne pas manquer au printemps 2026 Les représentations de La Bohème auront lieu au Palio de Boulazac le samedi 25 avril (20h) et le dimanche 26 avril (16h), avec une durée d'environ deux heures et demie incluant un entracte. Les billets, proposés entre 20 et 50 euros, sont disponibles dès à présent sur les sites de billetteries tels que Arena Le Palio ou Fnac Spectacles. Que vous soyez mélomane averti, curieux de découvrir l’opéra ou simple amateur d’événements culturels locaux, cette Bohème participative promet une immersion inoubliable dans l’univers lyrique et artistique de la Dordogne. Perspectives et prochaines étapes Fort de ce succès annoncé, l’Opéra Dordogne-Périgord affichera d’ores et déjà son ambition de poursuivre le cycle d’alternance entre classiques et créations adaptées, en mobilisant toujours plus de talents et de partenaires pour préparer les éditions futures. L’objectif demeure clair : diffuser largement l’opéra, valoriser la richesse des territoires et créer du lien durable entre culture, éducation et public. La Bohème au Palio de Boulazac n’est donc pas qu’un simple spectacle, mais une véritable aventure humaine et artistique qui marquera durablement le paysage culturel de la Dordogne et de la Nouvelle-Aquitaine.
- « Le Villi » de Puccini, le premier cri lyrique d’un jeune compositeur à l’Opéra de Nice
À Nice, l’Opéra Nice Côte d’Azur remet en lumière, du 24 au 30 avril 2026, une œuvre que l’on entend rarement sur les scènes françaises : Le Villi, premier opéra de Giacomo Puccini. Cette nouvelle production, coproduite avec les maisons d’opéra de Grand Avignon, Toulon et Marseille, réunit le chef italien Valerio Galli, le metteur en scène Stefano Poda, le ténor français Thomas Bettinger, la soprano espagnole Vanessa Goikoetxea et le baryton franco-chilien Armando Noguera, accompagnés par l’Orchestre philharmonique de Nice et le Chœur de l’Opéra. Pour le public niçois, c’est l’occasion d’entrer dans l’univers d’un très jeune Puccini, encore inconnu en 1883, mais déjà marqué par un sens aigu du drame et de la couleur orchestrale. Genèse et contexte de création Composé alors que Giacomo Puccini a tout juste 25 ans, Le Villi naît à l’occasion d’un concours de composition lancé par l’éditeur milanais Sonzogno en 1883. L’ouvrage, initialement en un acte, sur un livret de Ferdinando Fontana, ne sera même pas retenu par le jury, mais sa création privée à Milan, en 1884, attire l’attention d’un autre éditeur, Ricordi, qui offre à Puccini de retravailler la partition. L’opéra devient un « opera-ballo » en deux actes, où la danse et l’orchestre occupent une place importante, avec notamment un double interlude symphonique. Inspirée du mythe romantique des wilis popularisé par le ballet Giselle, l’histoire plonge dans un univers de superstition et de vengeance, typique de la culture d’Europe centrale, que le compositeur transpose dans un village de la Forêt-Noire. Pour beaucoup de spécialistes, cette partition encore marquée par l’héritage de Verdi, de Ponchielli et de la tradition italienne, laisse pourtant déjà entendre la voix singulière du futur auteur de La Bohème et de Tosca. Argument et intrigue L’argument est simple et efficace. Anna et Roberto, jeunes fiancés, vivent sous le regard bienveillant du père d’Anna, Guglielmo. Lorsque Roberto doit partir à Mayence pour affaires, il jure fidélité à sa promise. Mais une fois loin du village, il l’oublie, séduit par une autre femme. Anna, restée seule, sombre dans le désespoir et meurt avant même le retour de son fiancé. Dans ces forêts où rôdent les vilis, ces esprits de jeunes filles mortes de chagrin d’amour, la trahison n’est jamais sans conséquence. Lorsque Roberto revient enfin, rongé de remords, il se heurte à la colère de Guglielmo puis à l’apparition des vilis, qui le condamnent à une danse infernale jusqu’à la mort. Le thème du fiancé infidèle puni par-delà la tombe, déjà au cœur de Giselle, prend ici la forme d’un conte noir où la culpabilité et le surnaturel se confondent. Distribution et mise en scène à Nice À Nice, cette trame dramatique est confiée à une distribution largement francophone et européenne. Selon les informations communiquées par l’Opéra Nice Côte d’Azur et relevées par plusieurs sites spécialisés, Armando Noguera incarne Guglielmo, figure paternelle brisée par la perte de sa fille et par la trahison de Roberto. Vanessa Goikoetxea prête sa voix à Anna, rôle bref mais intense, marqué par un grand air de nostalgie et de douleur. Thomas Bettinger, ténor familier du répertoire italien, fait ses débuts dans le rôle de Roberto, ce jeune homme emporté par la tentation puis submergé par le remords. La production confie en outre un rôle de narratrice à la comédienne italienne Monica Guerritore, très connue dans son pays. Sur les réseaux sociaux de l’Opéra de Nice et de l’actrice, on découvre que cette voix parlée vient encadrer le récit, comme un fil conducteur entre la légende, l’action scénique et le regard contemporain. Dimension musicale et artistique Sur le plan musical, Valerio Galli, qui dirige l’orchestre niçois, insiste dans plusieurs présentations publiques et dossiers de presse sur la richesse d’une œuvre trop souvent réduite au rang de curiosité. Le site spécialisé Première Loge rappelle que Le Villi, même s’il reste italianissime dans son lyrisme, témoigne déjà d’un souci de continuité dramatique, avec un discours musical sans rupture où s’enchaînent récits, ariosos et ensembles. L’orchestre, très présent, dessine les paysages forestiers, la ronde des vilis, le tumulte intérieur des personnages. L’opéra intègre deux grands interludes orchestraux, qui plaçaient dès l’origine la partition à la frontière du ballet et de l’opéra. Cette hybridité, que Puccini ne développera plus ensuite avec la même évidence, explique aussi l’intérêt des maisons d’opéra pour une scénographie très chorégraphique. Scénographie et mise en scène par Stefano Poda C’est précisément ce versant visuel que vient explorer Stefano Poda, metteur en scène, mais aussi scénographe, costumier et créateur de lumières de la production niçoise, comme il en a l’habitude. Sa présence à Nice fait suite à une série de spectacles remarqués en Europe et en Amérique latine, de Thaïs à Turin à Ariane et Barbe-Bleue à Toulouse. Pour Le Villi, plusieurs descriptions parues dans la presse culturelle et sur les sites d’information locaux évoquent un univers épuré et symbolique, où la nature, la neige, la forêt deviennent presque des personnages à part entière. Le travail sur les chorégraphies des vilis et sur la présence du chœur met en valeur l’idée de communauté frappée par le drame, plus que le seul destin individuel des protagonistes. La figure de la narratrice, incarnée par Monica Guerritore, permet de passer du conte traditionnel à une forme de récit presque cinématographique. Place de « Le Villi » dans le répertoire lyrique Dans le paysage lyrique international, Le Villi reste une rareté : les plateformes de recensement comme Operabase ou Music & Opera mentionnent quelques productions éparses, notamment en Italie et occasionnellement en Europe du Nord, mais l’œuvre demeure loin de la popularité de Manon Lescaut ou de Madama Butterfly. Le choix de l’Opéra Nice Côte d’Azur de l’inscrire à l’affiche d’avril 2026 s’inscrit dans une volonté affichée de défendre le répertoire moins joué, tout en profitant de l’aura de Puccini, dont la plupart des grands ouvrages sont régulièrement programmés. Pour la maison niçoise, cette nouvelle production, donnée les 24, 26, 28 et 30 avril, s’ajoute à une saison où figurent aussi des titres plus connus comme La Traviata, dans une alternance entre valeurs sûres et découvertes. Réception critique et portée future À travers cette redécouverte, c’est aussi le jeune Puccini qui se donne à entendre, celui des débuts hésitants et des paris artistiques. La méfiance du jury du concours Sonzogno en 1883 a souvent été commentée par les biographes : l’œuvre ne correspondait pas encore aux canons du temps, mais elle portait déjà cette intensité mélodique et dramatique qui fera la réputation du compositeur. Les analyses musicologiques rappellent que plusieurs tournures musicales et certains élans orchestraux annoncent, à distance, la veine passionnée de ses grands opéras ultérieurs. En replaçant Le Villi sur la scène, les artistes niçois offrent au public l’occasion de suivre ce cheminement, depuis ce « premier cri » jusqu’aux sommets du répertoire puccinien. Les représentations de Nice pourraient contribuer à nourrir l’intérêt pour cette œuvre dans d’autres maisons d’opéra, d’autant qu’il s’agit d’une coproduction dès l’origine. Grand Avignon, Toulon et Marseille doivent à leur tour proposer le spectacle, créant un petit réseau de diffusion pour ce titre discret. Dans un contexte où les institutions lyriques cherchent, en France comme ailleurs, à diversifier leurs propositions et à séduire de nouveaux publics sans renoncer aux grands noms du répertoire, des projets comme celui-ci esquissent une voie possible : montrer que derrière les titres les plus célèbres se cachent des partitions moins attendues, mais capables d’offrir une expérience théâtrale et musicale forte. Pour le public niçois, la rencontre avec Le Villi sera peut-être l’occasion de regarder autrement Puccini, non plus seulement comme le maître des grands drames véristes, mais aussi comme un jeune compositeur fasciné par les légendes, les fantômes et la part sombre des histoires d’amour.
- À Saint-Étienne, le réveil scénique de La Belle au bois dormant de Charles Silver
À Saint-Étienne, au Grand Théâtre Massenet, l’Opéra de Saint-Étienne vient de redonner vie, les 24 et 26 avril 2026, à une œuvre lyrique que l’on croyait perdue pour la scène depuis plus d’un siècle : La Belle au bois dormant de Charles Silver, recréée dans une nouvelle production mise en scène par Laurent Delvert, sous la direction de Guillaume Tourniaire. Inspiré du conte de Charles Perrault, l’ouvrage revient là où on ne l’attendait plus, bien loin de sa création au Grand-Théâtre de Marseille en janvier 1902, et trouve dans la Loire un théâtre idéal pour sa renaissance, portée par l’Orchestre Symphonique Saint-Étienne Loire, le Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire et une distribution française emmenée par la soprano Déborah Salazar et le ténor Kevin Amiel. Le parcours oublié de Charles Silver Pour comprendre l’enjeu de cette reprise, il faut revenir au parcours de Charles Silver, compositeur français né en 1868 et lauréat du Grand Prix de Rome, figure de la fin du XIXe siècle restée dans l’ombre de ses contemporains plus célèbres. Son opéra-féerie en quatre actes et neuf tableaux, La Belle au bois dormant, avait pourtant connu un succès honorable à sa création marseillaise, servi par des décors du peintre Eugène Apy et écrit sur mesure pour l’épouse du compositeur, la soprano colorature Georgette Bréjean-Silver, qui tenait à la fois les rôles d’Aurore et de la Reine. Mais l’absence de création parisienne a vite condamné l’ouvrage à l’oubli, alors même que sa partition, publiée chez Choudens, témoignait d’un savoir-faire orchestral et dramatique que plusieurs critiques comparent aujourd’hui à un « Massenet impressionniste » ou à une veine pré-cinématographique annonçant certains langages de la musique de film. Il aura fallu l’impulsion du Palazzetto Bru Zane, centre de musique romantique française basé à Venise, pour qu’une patiente entreprise de redécouverte soit engagée : édition de la partition, enregistrement en studio avec l’Orchestre national de Hongrie et le ténor Julien Dran, parution en livre-disque au sein de la collection « Opéra français », puis coproduction avec l’Opéra de Saint-Étienne pour cette recréation scénique. Une musique vivante et passionnée dans la fosse Dans la fosse du théâtre stéphanois, Guillaume Tourniaire prend à bras-le-corps une musique qui ne se contente pas d’illustrer un conte pour enfants, mais déploie un orchestre chatoyant, riche en couleurs et en contrastes. Le Palazzetto Bru Zane rappelle que Silver, formé dans le sillage de Gounod et Massenet, développe dans cette œuvre une écriture très personnelle, où le lyrisme vocal se marie à une orchestration foisonnante, aux cuivres capiteux, aux cordes généreuses et aux bois ciselés. La critique spécialisée souligne la qualité de cette résurrection musicale : Gramophone salue, à propos de l’enregistrement dirigé par György Vashegyi, un opéra « coloré, vif et étonnamment moderne » dont l’influence de Puccini se fait parfois sentir, tandis que les observateurs français, de Classiquenews à Première Loge, insistent sur la solidité de la construction dramatique et sur la vigueur rythmique des nombreux passages de ballets. Le Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire, préparé par Laurent Touche, donne toute son ampleur aux grandes pages chorales, contribuant à installer une atmosphère de féerie qui n’exclut ni la tension dramatique ni une forme d’humour discret. Une mise en scène épurée aux frontières du temps Sur scène, Laurent Delvert choisit de ne pas concurrencer le texte et la musique par un déploiement d’effets spectaculaires. Le metteur en scène, familier de l’Opéra de Saint-Étienne, opte pour un cadre unique et épuré, dominé par un grand panneau modulable aux accents japonisants, qui se fait tour à tour mur de château et enceinte de palais dépouillé. Des rideaux de fils verts composent une forêt stylisée que le prince doit traverser, tandis qu’un miroir d’eau au centre du plateau réfléchit les silhouettes des personnages, démultipliées par un travail précis sur les ombres et les lumières, signé Nathalie Perrier. Quelques tables et chaises suffisent à installer un bal populaire où l’on tire la bière à la pompe, et les costumes conçus par Fanny Brouste jouent sur les contrastes temporels : capes et robes de cour royale cèdent la place, après l’entracte, à des tenues de fête rappelant un Oktoberfest bavarois, comme pour signifier que cette histoire appartient autant à l’imaginaire de la Belle Époque qu’à notre présent. Une interprétation qui revisite le conte de Perrault C’est aussi par ce jeu d’allers-retours temporels que la production revisite le conte de Perrault. Là où la princesse originelle se voit punie pour s’être piquée au fuseau, l’Aurore incarnée par Déborah Salazar apparaît davantage comme une jeune femme contemporaine, coupable seulement d’avoir cru à la promesse d’un amour simple et sincère. La mise en scène en fait une héroïne d’abord fragile et captive, puis exaltée lorsqu’elle consent à l’union amoureuse, sans jamais verser dans le cynisme ni dans la lecture ironique. Les critiques saluent à l’unisson la prestation de la soprano française, dont la voix ample, sonore et distinguée, capable d’aigus éclatants, épouse les exigences d’une partie conçue pour une colorature virtuose. En face d’elle, Kevin Amiel campe un chevalier errant puis un prince vaillant, au timbre de ténor chaleureux et fougueux, porté par une ligne de chant soignée. À leurs côtés, la distribution réunit plusieurs habitués de l’ouvrage grâce au travail en amont du Palazzetto Bru Zane : Héloïse Poulet, au soprano puissant et racé, Anne-Lise Polchlopek, mezzo rond et soyeux, Philippe-Nicolas Martin en Roi solide et nuancé, ou encore Matthieu Lécroart, que l’enregistrement en studio a déjà mis en valeur dans le rôle du paysan Barnabé et qui, sur scène, assume pleinement le versant comique d’un personnage rêvant de devenir roi. Une renaissance inscrite dans un mouvement patrimonial Cette recréation ne se limite pas à un hommage patrimonial. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de redécouverte de pans entiers du répertoire lyrique français passés sous silence par l’histoire. L’Opéra de Saint-Étienne s’est fait une spécialité de ces résurrections, de Grétry à Victorin Joncières, tandis que le Palazzetto Bru Zane multiplie depuis plusieurs années les enregistrements et les éditions critiques consacrés à des compositeurs comme Silver, Lecocq ou Gouvy. Le programme de salle de la maison stéphanoise rappelle que La Belle au bois dormant a dormi plus longtemps que son héroïne, près de 130 ans sans représentation scénique complète, avant de revenir aujourd’hui avec le soutien conjugué d’institutions françaises et internationales. La parution, ce printemps, du livre-disque consacré à l’ouvrage chez Bru Zane Label, distribuée notamment par des plateformes comme Presto Music et Spotify, prolonge cette renaissance au-delà des murs du théâtre ligérien. Perspectives pour la redécouverte de Silver Reste à savoir ce que ce réveil augure pour l’avenir de l’œuvre. Plusieurs critiques, en France comme à l’étranger, estiment que la partition de Silver « mérite une seconde chance qui pourrait, qui sait, lui valoir une place sur la scène lyrique internationale », selon la présentation de l’éditeur. La réussite de cette recréation à Saint-Étienne, saluée comme « magistrale » par certains comptes rendus, pourrait encourager d’autres maisons à s’y intéresser, d’autant que la thématique universelle du conte, la clarté de la dramaturgie et la richesse musicale constituent des atouts pour un public large, incluant de jeunes spectateurs. En attendant d’éventuelles nouvelles productions, la soirée stéphanoise confirme qu’il est encore possible, au XXIe siècle, de faire événement avec un opéra que personne ou presque n’a entendu de son vivant. En redonnant voix à La Belle au bois dormant de Charles Silver, l’Opéra de Saint-Étienne et le Palazzetto Bru Zane rappellent qu’au-delà des titres du grand répertoire, l’histoire de l’opéra reste une matière vivante, où les œuvres oubliées peuvent, elles aussi, se réveiller un soir, sous les projecteurs, pour retrouver leur place dans la mémoire des spectateurs.
- Tous à l’Opéra 2026 : trois jours gratuits pour découvrir les coulisses des grandes maisons lyriques à Paris et en Île-de-France
Du vendredi 8 au dimanche 10 mai 2026, les grandes maisons lyriques de Paris et d’Île-de-France ouvrent gratuitement leurs portes au public à l’occasion de la 19e édition de « Tous à l’Opéra ». Placée cette année sous le sous-titre « Jeunesses », la manifestation invite curieux, familles, mélomanes confirmés ou simples promeneurs à découvrir les coulisses de l’opéra, depuis les ateliers de costumes jusqu’aux plateaux de répétition, en passant par les salles mythiques comme le Palais Garnier ou l’Opéra Royal du Château de Versailles. Pendant trois jours, visites, ateliers, concerts, masterclasses et rencontres avec les professionnels du spectacle vivant sont proposés sans frais, parfois sur réservation, à Paris, Versailles et Massy. Lancée en 2007 à l’initiative de la Réunion des Opéras de France, « Tous à l’Opéra » s’est imposée au fil des ans comme l’un des grands rendez-vous nationaux de démocratisation de la culture. Selon les organisateurs, plus d’un million et demi de visiteurs ont déjà franchi les portes des opéras participants depuis la création de l’événement. L’édition 2026, coordonnée par les Opéras de France avec le soutien du ministère de la Culture, s’inscrit dans la continuité de cette ambition, tout en mettant un accent particulier sur le renouvellement des publics et des métiers. La thématique « Jeunesses » se décline à plusieurs niveaux : jeunesse des spectateurs, invités à découvrir un univers souvent perçu comme intimidant ; jeunesse des artistes et techniciens en formation ; mais aussi nouvelle génération de métiers d’art et de professions techniques qui assurent le futur des maisons d’opéra. Cette orientation est portée par deux marraines, la chanteuse et comédienne Marie Oppert, pensionnaire de la Comédie-Française, et la chanteuse Neïma Naouri, qui se font cette année les voix de l’opération à l’échelle nationale. À Paris et en Île-de-France, plusieurs institutions majeures participent à cette 19e édition. Le Palais Garnier, l’Opéra Bastille, le Théâtre National de l’Opéra-Comique, l’Opéra Royal du Château de Versailles et l’Opéra de Massy ont dévoilé un programme dense mêlant découverte architecturale, immersion en coulisses et temps d’échange avec les équipes. L’Opéra national de Paris, qui rassemble le Palais Garnier et Bastille, s’inscrit pleinement dans la dynamique de l’événement portée à l’échelle du pays par la Réunion des Opéras de France et relayée notamment par Radio France et France Musique. Les trois journées des 8, 9 et 10 mai s’annoncent ainsi comme un parcours à la carte pour les Franciliens et les visiteurs de passage. Le Palais Garnier, symbole historique du théâtre lyrique français, ouvrira gratuitement ses portes le samedi 9 mai de 10 h à 17 h, avec un dernier créneau de visite fixé à 15 h 30 et une dernière entrée à 16 h. La visite doit être réservée en ligne à partir du 5 mai, à 14 h 30, sur le site de l’Opéra national de Paris. Le public pourra déambuler dans les foyers, les escaliers, les galeries et les espaces habituellement payants pour les visites, et ainsi découvrir le faste de cette salle inaugurée à la fin du XIXe siècle. Cette ouverture exceptionnelle s’inscrit dans la logique de « Tous à l’Opéra » qui, chaque année, permet à un large public d’accéder sans frais à des lieux considérés comme emblématiques mais parfois méconnus dans leur fonctionnement quotidien. Non loin de là, le Théâtre National de l’Opéra-Comique consacrera la journée du samedi 9 mai, à partir de 10 h, à une série d’activités gratuites centrées sur la découverte de la fabrique d’un spectacle. Certaines nécessitent une réservation en ligne, mais l’ensemble reste accessible à tous les publics. Des séances « Bébés chœurs » offriront, à 10 h 15 et 11 h 15, une première expérience musicale à destination des tout-petits de 0 à 3 ans. Des visites guidées de l’Opéra-Comique seront proposées de 10 h à 12 h 30, complétées par des ateliers de chant à 10 h 30 et 13 h pour chanter en chœur sur la place Boieldieu. Le théâtre ouvrira aussi ses ateliers de création de costumes et perruques, sur réservation, et proposera une conférence participative « Chantez les vaudevilles » à 12 h et 14 h. Une visite chantée conduite par le ténor et conférencier Grégoire Ichou permettra de parcourir le lieu en musique à 13 h et 16 h, tandis qu’un atelier « chant relax » de 14 h à 15 h se voudra inclusif, notamment pour les personnes en situation de handicap psychique ou mental. La journée sera également rythmée par une « fabrique d’un opéra » sous forme de valise pédagogique, des expositions de maquettes de décor et de costumes, ainsi qu’une guinguette installée sur la place Boieldieu. À l’Opéra Bastille, le programme du samedi 9 mai s’articule autour de la rencontre avec les artistes et les métiers. Une masterclasse de violon réunira le public et Petteri Iivonen, premier violon de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, à 14 h 30, sur inscription gratuite à partir du 5 mai. Dans le studio de Bastille, transformé en petite salle de cinéma de 200 places, le public pourra découvrir, sur différents créneaux de la journée, des films et documents audiovisuels issus des archives de l’Opéra : « ADO ou apprentissage de l’Orchestre », « Danser à Tokyo », les ballets sur la musique de Ravel ainsi que des extraits de « Les Métiers d’art ». Une déambulation libre ou accompagnée sera possible dans ce théâtre inauguré à la fin du XXe siècle, tout de verre et de marbre, avec des masterclasses et ateliers proposés entre 10 h et 17 h. Un cours de danse, la « barre publique », sera animé par le professeur du Ballet Andrey Klemm à 10 h 30, sur inscription, tandis que des animations musicales « Mettez vos oreilles au diapason » résonneront dans les coursives à partir de 14 h 15, sous la direction d’Alexander Martin, directeur de la musique de scène. En grande couronne, l’Opéra de Massy participera également à l’événement en ouvrant largement ses portes le samedi 9 mai à partir de 10 h. Les visiteurs pourront découvrir les salles et les coulisses autour de la production de l’opéra « Barbe Noir », avec des animations et surprises prévues notamment sur le parvis. Cette maison francilienne, souvent citée en exemple pour sa politique d’ouverture vers de nouveaux publics, fait partie des opéras mis en avant par la Réunion des Opéras de France dans le cadre de cette édition 2026. À Versailles, l’Opéra Royal du Château proposera une visite exceptionnelle les vendredi 8 mai, de 13 h à 18 h, et samedi 9 mai, de 11 h à 18 h, en accès libre, gratuit et sans réservation. Le public pourra ainsi parcourir l’Opéra Royal, de ses dessous historiques à la colonnade, en passant par la loge du Roi et le parterre. Des présentations d’instruments atypiques de la musique baroque, des démonstrations de chant par de jeunes interprètes dans le Foyer Royal et des démonstrations de danses baroques par le Ballet de l’Opéra Royal sont au programme, ainsi qu’une exposition de costumes de scène créés pour des productions données à Versailles. Au-delà de l’Île-de-France, l’édition 2026 de « Tous à l’Opéra » implique, selon la Réunion des Opéras de France, vingt-cinq maisons partenaires dans tout le pays, de Bordeaux à Lyon, en passant par le Capitole de Toulouse, l’Opéra national du Rhin, Nancy, Lille, Rennes, Nice ou encore Toulon. Partout, la même volonté : rendre visibles les métiers et les espaces habituellement cachés, faire tomber les barrières symboliques qui entourent encore parfois l’opéra, et encourager la venue de nouveaux publics, en particulier les jeunes. France Musique, partenaire de l’événement, annonce ainsi une mobilisation éditoriale pour relayer les initiatives, tandis que les opéras eux-mêmes multiplient les formats participatifs : ateliers chant, rencontres, parcours pédagogiques, répétitions ouvertes. Les organisateurs de « Tous à l’Opéra » soulignent que la fréquentation de ces journées gratuites confirme chaque année l’appétence du public pour la découverte du spectacle vivant lyrique lorsqu’il est rendu accessible, financièrement comme symboliquement. L’édition 2026, avec son thème « Jeunesses », s’inscrit aussi dans un contexte plus large de réflexion sur l’avenir des institutions culturelles, leur capacité à se renouveler et à recruter de nouveaux talents dans l’ensemble des métiers, de la régie à la scénographie en passant par les métiers d’art. À court terme, les 8, 9 et 10 mai offriront aux Franciliens l’occasion de pousser la porte d’institutions souvent admirées de loin et d’y entrer librement. À moyen terme, ces journées pourraient contribuer à susciter des vocations et à ancrer davantage l’opéra dans le paysage culturel du quotidien. Reste à voir si cette ouverture ponctuelle se traduira par une fréquentation renouvelée au fil de la saison, mais les chiffres cumulés depuis 2007 laissent déjà entrevoir l’impact durable de ce rendez-vous désormais installé dans le calendrier culturel du printemps.
- Nannerl Mozart, l’enfant prodige qu’on a fait taire
Avant « Wolfie », il y eut Maria Anna Mozart. À 7 ans, « Nannerl Mozart » étonne au clavecin et entraîne Leopold à former aussi son petit frère. Complice intime de Wolfgang, elle compose même dans l’ombre, parfois jouée sous le nom du génie. Mais à 18 ans, son père tranche : place au mariage, silence pour la musique. Après la mort de Mozart, elle défend sa mémoire, puis finit sa vie à enseigner.
- Inscriptions ouvertes pour le week-end portes ouvertes de l’Opéra Comédie à Montpellier
À Montpellier, les inscriptions viennent de s’ouvrir pour le week-end portes ouvertes de l’Opéra Comédie, organisé en mai 2026 dans le cadre de l’opération nationale « Tous à l’Opéra ». Sur la place de la Comédie, au cœur du centre-ville, le bâtiment emblématique de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie s’apprête à accueillir gratuitement le public pendant deux jours de visites et d’animations, sur inscription préalable pour une partie du programme. L’enjeu est double : permettre à un large public de découvrir les coulisses de cette institution culturelle et accompagner le mouvement national de démocratisation de l’opéra. Ce week-end s’inscrit dans un dispositif bien identifié : « Tous à l’Opéra », manifestation coordonnée au niveau national par la Réunion des Opéras de France et relayée par de nombreuses maisons, dont l’Opéra Comédie. Chaque année, cette opération propose un accès libre ou à tarif réduit à des répétitions, des ateliers, des visites et des rencontres, avec l’objectif affiché de lever les barrières sociales et symboliques qui entourent encore l’art lyrique. À Montpellier, l’Opéra Comédie, inauguré en 1888 et classé parmi les salles à l’italienne les plus remarquables du pays, participe régulièrement à cette initiative. L’édition 2026 reconduit cette volonté de rapprocher l’institution de ses habitants et des publics de passage, dans une ville où la vie culturelle occupe une place forte aux côtés du dynamisme universitaire et économique. Pour ce week-end de mai 2026, l’Opéra Comédie s’organise autour de plusieurs temps ouverts au grand public. D’après le programme publié par l’Opéra Orchestre national Montpellier, des visites, des ateliers et des moments musicaux sont étalés sur les deux journées. Des visites libres de l’édifice sont annoncées, permettant au public de circuler dans le bâtiment, d’admirer la grande salle, la salle Molière, le foyer ou encore certains espaces habituellement fermés. Selon l’agenda culturel local, ces visites sont prévues notamment le samedi matin, à partir de 9h30, avec un accueil place de la Comédie et une jauge limitée, ce qui justifie la mise en place d’une inscription préalable via un formulaire en ligne. Le cœur de l’événement repose également sur la médiation autour des métiers et des pratiques artistiques. Les informations diffusées par l’Opéra indiquent des rendez-vous autour d’Opéra Junior, la structure dédiée aux jeunes artistes, qui permet aux enfants et adolescents de se former au chant choral et de participer à des productions scéniques. Un temps de rencontre avec ces jeunes chanteurs, leur chef de chœur et les équipes techniques figure au programme pendant le week-end « Tous à l’Opéra » 2026 à Montpellier. L’idée est de donner à voir le travail qui précède la représentation : préparation vocale, répétitions, mise en scène, mais aussi lumières, costumes et machinerie. Au-delà des visites et rencontres, la programmation du week-end comporte des moments musicaux accessibles gratuitement, en particulier sur le parvis de l’Opéra Comédie. D’après la présentation officielle de l’événement, des rendez-vous courts sont prévus en extérieur sur la place, permettant à un public large, y compris ceux qui ne franchissent pas les portes du bâtiment, d’entendre des extraits de répertoire lyrique. Certains temps sont réservés aux spectateurs déjà détenteurs de billets pour des spectacles programmés le même week-end, par exemple autour de la production « Magdalena » de Heitor Villa-Lobos, pour laquelle l’Opéra propose une visite ou une rencontre spécifique en amont ou en marge de la représentation. Là encore, un système d’inscription par lien dédié est prévu, envoyé aux personnes ayant déjà réservé leur place pour le spectacle. Sur le plan pratique, la communication officielle de l’Opéra Orchestre national Montpellier insiste sur le caractère gratuit des activités proposées durant ce week-end, tout en précisant la nécessité de s’inscrire en amont pour certaines d’entre elles, en raison des jauges limitées dans les salles et espaces techniques. Le public est invité à passer par le formulaire en ligne mis à disposition sur le site de l’Opéra ou via les agendas culturels partenaires. Les visites libres ou accompagnées, les ateliers et certains temps de médiation sont ainsi accessibles sur réservation, tandis que d’autres moments, notamment en extérieur sur le parvis, restent en accès libre dans la limite des capacités d’accueil. Les horaires des différentes animations sont précisés : des créneaux de visite le samedi matin et tout au long de la journée, mais aussi le dimanche, des rendez-vous avec les artistes et les équipes techniques, ainsi que des temps de présentation dans la loge du Président de l’Opéra Comédie, également annoncée comme ouverte exceptionnellement pour l’occasion. Cette programmation montpelliéraine s’inscrit dans un cadre national plus large. L’opération « Tous à l’Opéra » fédère chaque année des dizaines de maisons d’opéra en France, qui proposent autour d’un même week-end de mai des activités variées – visites, répétitions publiques, ateliers pour enfants, rencontres autour des métiers de la scène, mini-concerts – généralement gratuites. Selon les informations communiquées par la Réunion des Opéras de France lors des éditions précédentes, l’objectif est de toucher des publics qui ne fréquentent pas habituellement les salles d’opéra et de montrer la diversité des répertoires, des esthétiques et des professions mobilisées. Des maisons comme le Théâtre du Capitole à Toulouse, l’Opéra de Lyon ou l’Opéra de Nice annoncent des dispositifs comparables, avec des visites des coulisses, des rencontres avec les chœurs ou les techniciens, ou encore des ateliers de maquillage ou de costumes. Montpellier s’inscrit dans ce mouvement, en adaptant son programme aux spécificités de l’Opéra Comédie et de son public. Pour la direction de l’Opéra Orchestre national Montpellier, ces journées portes ouvertes constituent un prolongement des efforts déployés tout au long de la saison en matière d’action culturelle et d’éducation artistique. Les informations publiées sur le site de l’institution mettent en avant les dispositifs à destination des scolaires, des structures sociales ou des publics empêchés, ainsi que la présence de formations comme Opéra Junior, La Compagnie, La Team ou Le Club pour les jeunes chanteurs de 11 à 29 ans. Le week-end « Tous à l’Opéra » offre une vitrine à ces projets, en les donnant à voir au grand public sur un temps court et concentré. D’autres événements, comme les Journées européennes du patrimoine, ont par le passé permis d’ouvrir l’Opéra Comédie à des milliers de visiteurs en une seule fin de semaine, montrant l’appétence du public pour la découverte des coulisses et de l’architecture du lieu. En toile de fond, la tenue de ce week-end portes ouvertes à Montpellier interroge aussi les conditions de fréquentation de l’opéra dans un contexte de recomposition des pratiques culturelles. Les études menées par le ministère de la Culture et par divers observatoires indiquent que la fréquentation régulière de l’opéra reste socialement marquée, mais que les opérations portes ouvertes et les dispositifs de médiation contribuent à diversifier, au moins ponctuellement, les publics. À court terme, les inscriptions qui s’ouvrent aujourd’hui pour ce week-end à l’Opéra Comédie permettront de mesurer l’attractivité de l’événement, son impact en termes de fréquentation et la capacité de l’institution à toucher des habitants qui ne seraient pas venus spontanément à un spectacle lyrique. À moyen terme, ces journées s’inscrivent dans une stratégie plus large de fidélisation et de renouvellement des publics, dans une ville où l’offre culturelle est dense et concurrentielle. Les prochaines semaines permettront de suivre la dynamique des réservations et, au-delà de ce rendez-vous, la manière dont l’Opéra Comédie poursuit, saison après saison, son ouverture vers de nouveaux visiteurs et auditeurs.












