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- À Nancy, l’Opéra ouvre ses portes aux moins de 30 ans
Mercredi 30 septembre 2026, à partir de 19 heures, l’Opéra national de Nancy-Lorraine accueillera gratuitement les étudiants et les moins de 30 ans pour une soirée pensée comme une première rencontre avec l’institution. Le rendez-vous se tiendra place Stanislas, à Nancy, en entrée libre et dans la limite des places disponibles. Les participants devront simplement présenter une pièce d’identité ou une carte étudiante. Pour la quatrième année consécutive, l’établissement propose ainsi aux jeunes de découvrir ses espaces, ses artistes et sa programmation dans un cadre moins formel qu’une représentation classique. Baptisée « Un soir à l’Opéra », la soirée s’inscrit dans la politique d’ouverture menée depuis plusieurs années par l’Opéra national de Nancy-Lorraine. L’objectif est d’aller à la rencontre de publics qui peuvent encore considérer l’opéra comme un lieu intimidant, réservé aux habitués ou aux connaisseurs. Le programme prévoit des moments musicaux, une présentation de la saison 2026-2027, des animations et la découverte du théâtre. Un verre et un buffet viendront compléter cette soirée, conçue comme un temps de rencontre autant que comme une présentation culturelle. L’établissement résume l’esprit du rendez-vous en parlant d’une manière « simple, joyeuse et sans intimidation » d’entrer à l’opéra, d’en parcourir les espaces et de se laisser surprendre. Cette approche permet aussi de découvrir l’opéra autrement. Avant même de s’asseoir dans une salle pour assister à une représentation, les visiteurs pourront observer le bâtiment, comprendre son fonctionnement et se familiariser avec les différents métiers qui participent à la vie d’un spectacle. Une soirée comme celle-ci peut ainsi lever les premières interrogations : faut-il connaître le répertoire pour venir, comment choisir un spectacle, ou encore quelle place donner à la création contemporaine dans une saison lyrique ? À Nancy, la réponse passe par la rencontre et par une présence plus directe de l’institution dans la vie de la cité. La nouvelle saison, qui sera présentée au cours de la soirée, débutera quelques jours plus tôt avec Otello, de Giuseppe Verdi, dans une production mise en scène par Ted Huffman. Elle comprendra également Candide, de Leonard Bernstein, Le Vaisseau fantôme de Richard Wagner, Brodeck, création de Daan Janssens inspirée de l’œuvre de Philippe Claudel, ainsi que Le Turc en Italie de Rossini. La programmation associera le grand répertoire, la création contemporaine et des formes expérimentales développées notamment par le Nancy Opera Xperience, le laboratoire de création lyrique de l’Opéra. Pour un nouveau public, cette diversité constitue une manière de découvrir plusieurs visages du spectacle vivant, de Verdi et Wagner aux écritures musicales d’aujourd’hui. Cette volonté de diversifier les publics ne repose pas uniquement sur une soirée annuelle. L’Opéra propose aux étudiants et aux moins de 30 ans un Pass Jeunes donnant droit à 20 % de réduction sur le plein tarif, ainsi que des places de dernière minute à huit euros pour un opéra et cinq euros pour un concert, selon les disponibilités. Certaines représentations de la saison 2026-2027 seront aussi accessibles au tarif de dix euros, avec un nombre de places limité. Les bénéficiaires du pass Culture et de la carte Jeun’Est peuvent par ailleurs utiliser leurs avantages sur la programmation. L’établissement travaille également avec les bureaux des étudiants, les associations et les établissements d’enseignement supérieur, et propose à des étudiants de devenir des relais de sa programmation sur les campus. La démarche s’inscrit dans un projet plus large porté par le directeur général et artistique Matthieu Dussouillez. Arrivé à la tête de l’Opéra national de Nancy-Lorraine en 2019, il défend une maison ouverte sur son territoire, attentive aux nouvelles générations d’artistes et aux nouveaux usages du spectacle vivant. Dans un entretien accordé à Forum Opéra en 2024, il expliquait vouloir faire de l’Opéra « un événement à ne pas manquer dans la vie nancéienne ». Il rappelait alors qu’une précédente soirée étudiante avait attiré environ un millier de participants, avec une file d’attente qui s’étendait sur la place Stanislas. Selon lui, certains jeunes avaient même regretté que la soirée ne comporte pas davantage d’opéra, preuve que la curiosité pouvait naître dès lors que les portes étaient effectivement franchies. Cette évolution semble se confirmer. Dans un entretien publié par Ôlyrix à propos de la saison 2026-2027, Matthieu Dussouillez indique que le public vient « nombreux, et plus jeune », avec un âge moyen désormais inférieur à 50 ans. L’Opéra développe aussi des actions destinées aux enfants et aux familles, comme Opéra berceau, pour les tout-petits, ou la Maîtrise citoyenne itinérante, qui permet à des enfants de quartiers prioritaires et de zones rurales de recevoir une formation artistique et de participer à des projets scéniques. Cette politique vise à créer une familiarité avec le lieu bien avant l’achat d’un premier billet. Elle prolonge l’idée qu’un rapport durable à l’opéra peut se construire progressivement, par la pratique, la transmission et la découverte. Le rendez-vous du 30 septembre constituera donc à la fois une opération de découverte et un point d’entrée vers l’ensemble de ces propositions. Les jeunes visiteurs pourront voir le théâtre autrement, comprendre comment se construit une saison et repérer les formules qui leur sont réservées. La gratuité et l’absence de réservation préalable facilitent l’accès, même si l’entrée reste conditionnée aux places disponibles. Il est donc préférable de prévoir sa venue suffisamment tôt, notamment au regard de l’affluence observée lors des précédentes éditions. L’Opéra rappelle par ailleurs que l’accès demeure très restreint pour les personnes en situation de handicap moteur en raison de contraintes architecturales et recommande de contacter la billetterie avant la venue. Cette information pratique fait partie intégrante de l’accueil des publics et permet de préparer au mieux sa visite. À Nancy, l’enjeu est désormais de transformer la curiosité d’un soir en une habitude de spectateur, et de faire de ce bâtiment emblématique un lieu réellement partagé par toutes les générations.
- À Paris, Opera a Palazzo rapproche Verdi du public au musée Jacquemart-André
À Paris, Opera a Palazzo prépare sa saison 2026-2027 dans les salons du musée Jacquemart-André. Du 19 septembre 2026 au 26 juin 2027, le public pourra découvrir deux œuvres majeures de Giuseppe Verdi, La Traviata et Rigoletto, dans un format immersif où les chanteurs évoluent à quelques pas des spectateurs. L’expérience se déroule au 158 boulevard Haussmann, dans le 8e arrondissement, loin de la séparation habituelle entre la scène et la salle. Ici, les pièces du musée deviennent le décor de la représentation et la proximité avec les artistes constitue le principe même du spectacle. Depuis son lancement à Paris en 2021, Opera a Palazzo cherche à proposer une autre manière d’écouter l’opéra. Le projet s’inspire du modèle de l’opéra de palais à Venise, conçu pour des jauges réduites et des espaces patrimoniaux. Dans ces lieux à taille humaine, la musique n’est plus séparée du cadre qui l’accueille : elle dialogue avec l’architecture, les œuvres d’art et les déplacements du public. Le dispositif repose ainsi sur une relation directe entre les interprètes et l’assistance. Les chanteurs circulent dans les salons, parfois à quelques mètres seulement des spectateurs, tandis que les musiciens les accompagnent dans une formation volontairement resserrée. Selon Opera a Palazzo, plus de 80 soirées publiques et plus de 5 000 spectateurs ont été accueillis depuis la création du projet parisien. La saison prochaine sera consacrée à deux partitions emblématiques de Verdi, compositeur dont les opéras ont profondément marqué le XIXe siècle et l’histoire du théâtre lyrique italien. Dans ses œuvres, les élans amoureux, les conflits sociaux et les rapports de pouvoir se lisent autant dans les situations dramatiques que dans les grandes lignes mélodiques. La proximité propre à Opera a Palazzo peut donner à ces tensions une dimension particulièrement immédiate, en faisant entendre les voix sans la distance habituelle d’une grande salle. La Traviata, inspirée de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, raconte l’amour contrarié de Violetta et d’Alfredo, sur fond de conventions sociales et de sacrifice. Créé à Venise en 1853, l’opéra s’intéresse à une héroïne confrontée au regard du monde et à la violence des renoncements imposés par son époque. Dans cette version adaptée au lieu, l’œuvre est condensée autour de ses personnages principaux. Trois chanteurs sont accompagnés par un trio instrumental, pour une représentation annoncée à 20 h 30. La mise en scène est signée Patrizia Di Paolo et les costumes sont réalisés par l’Atelier Nicolao de Venise. Le spectacle est donné en italien, avec une durée adaptée au format de la soirée. La Traviata sera présentée du 19 septembre au 19 décembre 2026. Le musée Jacquemart-André propose une formule comprenant l’opéra, une coupe de champagne et l’accès aux collections du rez-de-chaussée. Le tarif annoncé pour cette soirée est de 255 euros, et atteint 285 euros pour les spectateurs qui choisissent l’offre associant le spectacle à la visite de l’exposition temporaire. Les réservations sont obligatoires et le nombre de places est limité à environ 80 personnes, selon les informations communiquées par les plateformes de programmation et de réservation. Cette jauge réduite participe directement à l’identité du projet : elle permet de suivre les interprètes de près et de percevoir les nuances du chant comme les silences qui structurent le jeu théâtral. Avec Rigoletto, Opera a Palazzo conserve le principe de l’immersion, mais modifie la manière de faire circuler le public dans l’histoire. Les spectateurs sont invités à suivre les artistes de pièce en pièce et deviennent, le temps de la représentation, les hôtes du duc de Mantoue. Créé à Venise en 1851, l’opéra met en scène le destin du bouffon Rigoletto, sa relation avec sa fille Gilda et les abus de pouvoir du duc. La partition oppose la virtuosité brillante du monde de la cour à la fragilité des personnages pris dans un engrenage de vengeance et de malédiction. Cinq chanteurs sont accompagnés par un trio instrumental. Les distributions peuvent varier selon les dates, avec des artistes issus de la jeune génération lyrique et des chanteurs également présents sur de grandes scènes françaises et européennes. Rigoletto sera joué du 10 octobre au 12 décembre 2026 au musée Jacquemart-André. Les informations pratiques diffusées par le musée et par les sites spécialisés annoncent elles aussi une réservation préalable et une jauge réduite. La durée de la représentation est d’environ une heure trente, entracte compris, tandis qu’une visite du musée peut être proposée avant le spectacle. Le public est ainsi placé au centre d’un parcours qui mêle découverte du lieu, musique et théâtre, sans reproduire les conditions d’une représentation dans une grande salle lyrique. Le changement d’espace devient alors un élément de mise en scène à part entière, susceptible de modifier la perception des relations entre les personnages. La saison 2026-2027 ajoute également un volet consacré aux arts visuels. Les détenteurs de l’offre « Soirée Opéra + Exposition » pourront accéder dès 19 h 30 à « Éternel Tintoret », une exposition dédiée au peintre vénitien du XVIe siècle. Environ quarante œuvres doivent être réunies pour présenter son parcours et son importance dans l’histoire de la peinture européenne. Le rapprochement avec Verdi tient à la fois à l’origine italienne des deux artistes et à la place accordée, dans leurs œuvres, aux passions, aux rapports de pouvoir et aux destins contrariés. La visite précède directement la représentation, dans le même bâtiment, et prolonge la dimension vénitienne de cette programmation. Cette programmation illustre la volonté du musée Jacquemart-André de diversifier les expériences proposées autour de ses collections et de ses expositions. Elle souligne aussi l’évolution des formes de médiation de l’opéra, qui ne cherchent plus seulement à attirer de nouveaux spectateurs dans les théâtres, mais à déplacer l’œuvre vers d’autres lieux et d’autres usages. Dans les salons du musée, le décor n’est plus un simple arrière-plan : il influence les déplacements, la perception des voix et la relation entre les artistes et l’assistance. En rapprochant Verdi du public, Opera a Palazzo propose moins une réduction de l’opéra qu’un changement d’échelle, où l’intensité dramatique repose sur la rencontre directe. Les réservations étant limitées, les prochaines représentations de La Traviata et de Rigoletto devraient rapidement permettre de mesurer l’intérêt du public pour ce format particulièrement intime, à la frontière du spectacle lyrique, de la visite patrimoniale et de la soirée culturelle.
- À Nancy, le chœur Nancy Ducale met les Magnificats à l’honneur
À Nancy, le chœur Nancy Ducale donnera son concert annuel mercredi 16 septembre 2026 à 20 h 30, dans l’église Saint-Fiacre, rue de Metz. Intitulé « Magnificat », ce rendez-vous propose un parcours à travers plusieurs siècles de musique sacrée, avant de s’achever avec l’œuvre principale de la soirée : le Magnificat en ré majeur de Jean-Sébastien Bach, référencé BWV 243. Les réservations sont ouvertes jusqu’au 15 septembre. Les places sont proposées à 15 euros, avec un tarif réduit à 12 euros et une prévente au même tarif sur la plateforme HelloAsso. L’entrée est gratuite pour les moins de 12 ans, selon les informations communiquées par le chœur. Le programme repose sur une idée simple : faire entendre différentes manières de mettre en musique le cantique de Marie, tiré de l’Évangile selon saint Luc. Le Magnificat est l’un des textes les plus importants de la liturgie chrétienne. Dans ce chant, Marie rend grâce après avoir appris qu’elle donnera naissance au Christ. Son texte associe l’humilité, la confiance et l’espérance à une forme de renversement de l’ordre établi, lorsque les puissants sont abaissés et les humbles relevés. Le public découvrira d’abord des extraits de Magnificats composés par Carl Philipp Emanuel Bach, Johann David Heinichen, Claudio Monteverdi, Henry Purcell et Franz Schubert. Ces pages appartiennent à des périodes et à des esthétiques différentes, de la première musique baroque à la période romantique, mais elles ont en commun ce texte liturgique qui traverse les siècles. La première partie permettra ainsi de comparer les écritures, les couleurs vocales et les façons d’organiser le dialogue entre les voix. Cette succession offre également un aperçu de l’évolution de la musique sacrée. Chez Monteverdi, l’héritage de la Renaissance rencontre les audaces expressives du début du baroque. Heinichen et Carl Philipp Emanuel Bach prolongent ensuite le goût baroque pour les contrastes, les effets de dialogue et l’association entre solistes et chœur. Avec Purcell, la tradition anglaise apporte une autre palette sonore, tandis que Schubert fait entrer le cantique dans la sensibilité plus lyrique du XIXe siècle. Sans transformer le concert en cours d’histoire de la musique, ce choix de répertoire donnera à entendre plusieurs visages d’un même texte. Le chœur Nancy Ducale consacrera ensuite l’ensemble de ses choristes au Magnificat de Jean-Sébastien Bach. L’œuvre, écrite en latin, compte parmi les grandes compositions chorales du musicien allemand. Elle a été créée à Leipzig en 1723, peu après la prise de fonction du compositeur comme cantor de la Thomaskirche. Une première version avait été composée en mi bémol majeur avant que Bach ne révise la partition, notamment pour la transposer en ré majeur. C’est cette seconde version, désignée sous le numéro BWV 243, qui sera interprétée à Nancy. Le contexte de cette création est important : à Leipzig, Bach devait fournir la musique des grandes célébrations religieuses et répondre à des exigences liturgiques particulièrement fortes. Le Magnificat de 1723 se distingue par son ampleur et par une écriture conçue pour produire un impact immédiat. La partition se déploie en plusieurs mouvements, qui alternent les interventions du chœur, les airs confiés aux solistes et les ensembles vocaux. L’écriture à cinq voix lui donne une densité singulière, tandis que les trompettes et les timbales renforcent son caractère solennel. Le texte donne à Bach l’occasion de passer d’une proclamation ample à des épisodes plus intimes, consacrés à la confiance, à la miséricorde ou à la promesse. Les contrastes de tempo, de formation et de caractère structurent l’œuvre sans rompre son unité. Les grandes entrées chorales font entendre la dimension collective de la prière, alors que les interventions solistes apportent des moments de respiration et de méditation. Pour le public, cette construction permet de suivre un véritable parcours dramatique, de l’exaltation initiale à la conclusion joyeuse et lumineuse. Pour Nancy Ducale, le choix de cette œuvre constitue le point d’aboutissement d’une saison placée sous le signe du répertoire religieux et de la polyphonie. Sur son site, le chœur explique que le programme 2026 associe les extraits de cinq autres compositeurs à l’intégralité du Magnificat de Bach. La formation distingue, pour la préparation de cette saison, un groupe « plein-temps », engagé dans les extraits comme dans l’œuvre principale, et un groupe « mi-temps », qui a travaillé uniquement la partition de Bach. L’ensemble sera accompagné par des instrumentistes professionnels, comme le précise la présentation du concert publiée par l’agenda culturel JDS. Fondé en 1944, Nancy Ducale est présenté comme l’un des plus anciens ensembles musicaux de Nancy. Le chœur réunit une cinquantaine de choristes répartis dans les différents pupitres et défend un répertoire qui va de la Renaissance à la création contemporaine, avec une fidélité particulière à la musique baroque. Depuis 1986, la formation est dirigée par Ghislaine Trocklé. Le concert de septembre doit aussi marquer une évolution dans la direction artistique : après quatre décennies d’engagement, la cheffe doit transmettre la baguette à deux jeunes choristes, Alice et Ando, selon les informations diffusées par l’organisateur et reprises dans l’agenda JDS. Le rendez-vous avait initialement été programmé le 27 juin. Il a été reporté en raison de la canicule, indique Nancy Ducale sur sa page consacrée aux concerts à venir. Ce changement de calendrier a déplacé le concert annuel à la rentrée, dans une période où les propositions culturelles reprennent dans les salles et les lieux patrimoniaux de Nancy. L’église Saint-Fiacre, située au 47 de la rue de Metz, accueillera cette soirée consacrée à la musique vocale et spirituelle. Les personnes souhaitant assister au concert peuvent réserver jusqu’au 15 septembre sur la billetterie HelloAsso du Chœur Nancy Ducale. Les places seront également disponibles à l’entrée de l’église, au tarif plein de 15 euros ou au tarif réduit de 12 euros pour les étudiants et les demandeurs d’emploi. Le mercredi 16 septembre, le public nancéien pourra donc entendre, en une même soirée, plusieurs visages du Magnificat, avant de retrouver la puissance chorale et instrumentale de l’une des œuvres majeures de Jean-Sébastien Bach.
- À Sion, Ouverture-Opéra célèbre ses 20 ans avec une Traviata moderne
À Sion, l’association Ouverture-Opéra fête son vingtième anniversaire avec une nouvelle production de La Traviata, l’un des opéras les plus populaires de Giuseppe Verdi. Du 28 août au 23 septembre 2026, l’Usine de Chandoline se transformera en espace scénique pour accueillir cette œuvre majeure du répertoire lyrique. Le choix du lieu n’a rien d’anodin : cet ancien site industriel donnera à la production un cadre brut et contemporain, éloigné des théâtres traditionnels. L’enjeu est à la fois artistique et symbolique. Depuis deux décennies, Ouverture-Opéra réunit des chanteuses et chanteurs, des musiciennes et musiciens, ainsi que de nombreux amateurs de la région autour de grandes partitions. Créée en 1853 à La Fenice de Venise, La Traviata s’inspire de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils. Giuseppe Verdi y raconte la rencontre entre Violetta Valery, une courtisane parisienne admirée pour son esprit et sa liberté, et Alfredo Germont, jeune homme issu d’une famille bourgeoise. Leur amour se heurte rapidement aux conventions sociales, à la pression de la famille et à la maladie qui condamne Violetta. L’opéra doit notamment sa popularité à des pages devenues emblématiques, comme l’air « Sempre libera », le « Brindisi » et le bouleversant duo entre Violetta et Giorgio Germont. À Sion, cette Traviata ne cherchera toutefois pas à reconstituer le Paris mondain du XIXe siècle. La metteuse en scène et scénographe Olivia Seigne a choisi de transposer l’action dans une uchronie, un univers parallèle qui fait écho, en filigrane, au monde contemporain. Cette approche permet de conserver la trame de Verdi tout en déplaçant le regard porté sur les personnages. Dans l’œuvre originale, Violetta est successivement célébrée, désirée, jugée puis rejetée. Sa trajectoire donne ainsi à entendre une réflexion toujours actuelle sur la réputation, le contrôle social et la place accordée aux femmes. Cette actualisation ne modifie pas la puissance dramatique de l’opéra, mais elle en souligne les tensions. Le conflit entre l’amour d’Alfredo et les exigences de sa famille devient le révélateur d’un système fondé sur les apparences et la respectabilité. Giorgio Germont, souvent perçu comme l’incarnation de la morale bourgeoise, n’est pas seulement un obstacle individuel : il représente un ordre social qui impose ses règles aux plus vulnérables. Dans ce contexte, la maladie de Violetta prend une dimension supplémentaire. Elle rappelle la fragilité de celle qui tente de s’émanciper dans un monde où la liberté reste conditionnelle. Le décor de l’Usine de Chandoline participera pleinement à cette relecture. En installant La Traviata dans un ancien environnement industriel, Ouverture-Opéra inscrit le spectacle dans un paysage concret et régional. Le lieu peut évoquer le travail, la production, les rapports de force et les transformations d’une société. Il permet aussi de rapprocher l’opéra du public, en le sortant d’un cadre perçu parfois comme réservé aux initiés. Cette volonté d’accessibilité constitue l’un des fils conducteurs de l’association, qui défend depuis sa création une pratique collective et ouverte du genre lyrique. La production repose sur une importante mobilisation locale. Le chœur d’Ouverture-Opéra est préparé par Céline Gillioz et accompagné par l’orchestre Sinfonia Valais-Wallis, placé sous la direction musicale de Laurent Zufferey. Vibe Rouvet interprète Violetta, tandis que Teddy Métriau incarne Alfredo Germont et Gianmarco Durante son père, Giorgio Germont. Lauriane Paillet chante Flora Bervoix et Véronique Marty interprète Annina. La distribution comprend également Valérian Bitschnau, Benoît Déchelotte, Michael Temporal Darell et Manuel Pollinger. Aux côtés des artistes, des créatrices et créateurs valaisans prennent en charge les costumes, la lumière et la réalisation technique. Avant les représentations, l’association a donné un aperçu de son travail lors d’une pré-répétition générale destinée à des collégiens, comme l’a rapporté Canal9. Cette rencontre illustre l’importance accordée à la transmission. Pour de nombreux jeunes spectateurs, l’opéra peut sembler intimidant en raison de ses codes, de sa durée ou de son langage musical. Découvrir une répétition permet d’en comprendre la dimension concrète : derrière les voix solistes se trouvent des semaines de préparation, la coordination du chœur et de l’orchestre, la construction des décors, les essayages de costumes et l’adaptation de la technique à un lieu qui n’a pas été conçu pour accueillir un spectacle de cette ampleur. Les représentations sont programmées les mercredis et vendredis à 19 h 30, ainsi que les dimanches à 17 heures. D’une durée d’environ deux heures quarante, entracte compris, le spectacle sera présenté les 28 et 30 août, puis les 2, 4, 6, 9, 11, 13, 16, 18, 20 et 23 septembre 2026. La billetterie et les conditions d’accès sont communiquées par Ouverture-Opéra, avec notamment des réductions prévues dans le cadre de certains dispositifs culturels. Au-delà de l’anniversaire, cette production marque une nouvelle étape dans l’histoire d’Ouverture-Opéra, dont le fonctionnement repose sur un rendez-vous lyrique organisé tous les deux ans. Le choix de Verdi offre une œuvre immédiatement reconnaissable, mais aussi un défi vocal, orchestral et dramatique de premier ordre. En confrontant une partition du XIXe siècle aux questionnements du présent et en l’installant dans une ancienne usine, l’association rappelle que La Traviata n’est pas seulement un classique populaire. C’est également une œuvre sur le regard des autres, le prix de la conformité et la possibilité de choisir sa propre vie. Les premières représentations diront comment cette lecture moderne s’inscrit dans les vingt ans d’aventure d’Ouverture-Opéra à Sion.
- L’Opéra de Lille dévoile une saison 2026-2027 placée sous le signe de l’appartenance
À Lille, l’Opéra prépare sa saison 2026-2027 autour d’un fil rouge : le sentiment d’appartenance. De septembre 2026 à juin 2027, la programmation imaginée par Barbara Eckle, directrice de l’établissement depuis 2025, s’organisera en quatre « constellations », chacune construite autour d’une œuvre lyrique. Alcina de Haendel ouvrira la saison à l’automne, avant MARS de Jennifer Walshe en hiver, María de Buenos Aires de Piazzolla au printemps et Otello de Verdi à l’été. Une manière de poursuivre le projet engagé la saison précédente, en associant les grands rendez-vous lyriques à des concerts, des spectacles de danse, des propositions pour les familles et des événements ouverts à tous. Après vingt-deux années à la tête de l’Opéra de Lille, Caroline Sonrier a quitté ses fonctions en 2025. Barbara Eckle lui a succédé avec la volonté de faire de la maison lilloise un lieu de découverte, de dialogue et de circulation entre les disciplines. La nouvelle saison prolonge cette orientation, tout en interrogeant les liens entre l’individu et le groupe, l’exil, la différence, le désir ou encore le regard porté sur celles et ceux considérés comme étrangers. Le thème de l’appartenance ne sera donc pas seulement abordé comme une question identitaire : il traversera les récits, les formes scéniques et les manières de partager la musique avec les publics. La première constellation, à partir de septembre, s’intéressera à la diversité et aux personnes qui choisissent de vivre en dehors des normes. Elle sera organisée autour d’Alcina, l’opéra baroque de Georg Friedrich Haendel présenté du 6 au 17 octobre 2026. Créée à Londres en 1735, cette œuvre met en scène une magicienne dont le pouvoir repose autant sur les sortilèges que sur le désir qu’elle exerce sur les hommes. Dans la nouvelle production de Lille, la metteuse en scène polonaise Ewelina Marciniak explorera ce royaume comme un espace de liberté et de désir, loin des logiques de possession. La mezzo-soprano Karine Deshayes incarnera Alcina, face à Adèle Charvet dans le rôle de Ruggiero, sous la direction musicale d’Emmanuelle Haïm, spécialiste du répertoire baroque, à la tête du Concert d’Astrée. Cette rencontre entre une distribution de premier plan et une lecture scénique contemporaine permettra de redonner à Alcina toute sa complexité : derrière le merveilleux et les airs virtuoses, l’opéra questionne la fragilité des liens amoureux et la possibilité de se réinventer. Autour de l’œuvre, l’Opéra proposera notamment une Open Week gratuite, du 16 au 19 septembre, ainsi que des rencontres, des ateliers et des concerts au Grand Foyer. La deuxième constellation, à partir de novembre, prendra la direction de territoires inconnus, réels ou intérieurs. Elle sera centrée sur MARS, opéra contemporain de la compositrice irlandaise Jennifer Walshe, dont l’Opéra de Lille est coproducteur. Présentée du 13 au 16 janvier 2027, l’œuvre suit quatre femmes astronautes engagées dans un voyage de neuf mois vers la planète Mars. Leur expédition est bouleversée par l’intervention d’un milliardaire passionné de conquête spatiale. À travers cette odyssée, la création questionne l’isolement, le futurisme réactionnaire, le pouvoir et les nouveaux récits liés à l’exploration spatiale. La mise en scène sera signée Tom Creed et Jennifer Walshe, avec Elaine Kelly à la direction musicale. Cette période accueillera aussi la soprano Ermonela Jaho, les 3 et 6 décembre, pour un concert mis en scène consacré aux passions de l’opéra italien et à Debussy. Le contraste entre le grand répertoire et la création contemporaine donnera à cette constellation une dimension particulièrement ouverte, comme si l’Opéra de Lille invitait à écouter autrement les voix qui racontent le monde présent. Au printemps, la troisième constellation ouvrira des « histoires de passion » autour de María de Buenos Aires, l’unique opéra d’Astor Piazzolla. Créée en 1968 sur un livret d’Horacio Ferrer, cette œuvre-tango raconte le destin d’une femme née dans les quartiers pauvres de Buenos Aires, devenue chanteuse de cabaret et objet de fascination. Sa musique mêle les rythmes du tango, une écriture théâtrale et une atmosphère onirique, entre réalisme social et visions fantastiques. La nouvelle production, programmée du 11 au 20 mars 2027, sera mise en scène par Giulia Giammona. La distribution réunira notamment Stéphanie d’Oustrac et sera entièrement confiée à des artistes féminines, un choix destiné à déplacer les représentations traditionnelles du tango et à interroger la violence des rapports de pouvoir. La Ville de Lille annonce également des rendez-vous de danse tango, chaque mercredi, du 20 janvier au 17 mars, pour accompagner cette plongée dans la culture argentine et prolonger l’expérience au-delà de la scène. La dernière constellation, à partir d’avril, s’intéressera à l’amour brisé par les préjugés avec Otello de Giuseppe Verdi, présenté du 10 mai au 3 juin 2027. Créé en 1887, le dernier opéra de Verdi transforme la tragédie de Shakespeare en un drame d’une grande intensité musicale, où la jalousie s’alimente des mécanismes de l’exclusion. Dans cette nouvelle production, le metteur en scène hongrois Árpád Schilling abordera la tragédie du Maure de Venise à travers la discrimination et le regard porté sur celui qui demeure un étranger aux yeux de la communauté. Le ténor sud-africain Owen Metsileng interprétera Otello, Elena Tsallagova sera Desdémone et Seth Carico incarnera Iago. Cette constellation s’achèvera avec un opéra itinérant, Un voyage en bateau, inspiré d’un madrigal d’Adriano Banchieri et imaginé par Franziska Kronfoth, qui circulera dans la métropole lilloise et les Hauts-de-France du 21 mai au 4 juillet. Le spectacle prolongera ainsi la réflexion sur l’appartenance en sortant du cadre traditionnel de la salle et en allant à la rencontre des habitants. La saison fera aussi une large place aux formats plus intimes. Huit concerts « heure bleue » seront proposés en début de soirée, huit concerts « sieste » permettront au public de s’allonger pendant la pause méridienne, et quatre nuits « insomniaques » inviteront les spectateurs à écouter plusieurs formations jusqu’à une heure du matin. Les tarifs annoncés pour ces formats vont de 6 à 12 euros. Quatre Open Weeks permettront par ailleurs d’entrer gratuitement dans les coulisses des productions, autour d’Alcina, de MARS, de María de Buenos Aires et d’Otello. Pour les jeunes de 18 à 28 ans, le Pass jeunes prévoit une réduction de 50 % sur les spectacles, tandis que le « Tarif jour J » proposera, selon les représentations, des places de dernière minute entre 10 et 20 euros. Avec cette programmation, l’Opéra de Lille confirme donc son choix d’une saison à la fois ambitieuse sur le plan artistique et attentive à l’accessibilité. De Haendel à Verdi, en passant par la création contemporaine et le tango, ces quatre constellations dessinent une année 2026-2027 où la musique devient un espace de rencontre, de questionnement et de partage.
- De la mélodie à l’opéra pour clore la saison de Musique aux Mirabelles
Le festival Musique aux Mirabelles s’achèvera dimanche 13 septembre 2026, à 16 h 30, dans l’église Saint-Étienne de Frémeréville-sous-les-Côtes, en Meuse. Pour ce dernier rendez-vous de la saison, la soprano Julie Cherrier-Hoffmann partagera la scène avec le baryton Liviu Holender et le pianiste Frédéric Chaslin, autour d’un programme intitulé « De la mélodie à l’opéra ». Cette rencontre fera entendre des mélodies françaises et plusieurs grands duos lyriques, dans un village situé au cœur des Côtes de Meuse, à une trentaine de minutes de Verdun. Le concert constituera le huitième et dernier rendez-vous d’une édition 2026 conçue pour rapprocher la musique classique de publics éloignés des grandes salles et des institutions culturelles régionales. Le titre du programme résume l’itinéraire musical proposé : partir de la mélodie française, forme intime où la voix dialogue avec le piano et le texte poétique, pour gagner peu à peu l’ampleur dramatique de l’opéra. Le récital devrait ainsi faire entendre différentes manières de raconter l’amour, le désir, le doute ou la séparation, tantôt dans la confidence, tantôt dans l’affrontement théâtral du duo. Créé en 2016 à Hattonchâtel par Julie Cherrier-Hoffmann, le festival s’est progressivement installé dans le paysage culturel meusien. Sa programmation investit des lieux patrimoniaux et des sites naturels de proximité : églises, château, étangs et villages des Côtes de Meuse. Le principe reste le même au fil des éditions : proposer des artistes reconnus, des répertoires variés et des concerts accessibles dans un territoire rural. La saison 2026 aura ainsi mêlé musique classique, jazz, chanson française, opéra et musique de chambre, avec huit concerts programmés entre le 27 juin et le 13 septembre. Avant ce final lyrique, le public aura notamment pu entendre le violoniste Gilles Apap aux étangs du Longeau, la chanteuse Juliette au bord du lac de Madine, le pianiste Hugues Leclère à Heudicourt-sous-les-Côtes, ou encore le clarinettiste Paul Meyer aux côtés de la pianiste et cheffe d’orchestre Kanako Abe. Le week-end de clôture aura commencé vendredi 11 septembre à Buxières-sous-les-Côtes avec un programme de musique de chambre consacré aux cordes, avant une « carte blanche » réunissant plusieurs solistes samedi 12 septembre à Nonsard. Le récital de Frémeréville prolongera donc cette volonté de croiser les formats et les générations, tout en revenant à l’un des domaines privilégiés de la directrice artistique : le dialogue entre la mélodie française et l’art lyrique. Dans ce répertoire, le piano ne se contente pas d’accompagner le chanteur. Il installe une atmosphère, prolonge une phrase, suggère un paysage ou souligne les tensions d’un personnage. Le passage aux duos d’opéra permettra ensuite de confronter les timbres de Julie Cherrier-Hoffmann et de Liviu Holender, dans une relation plus théâtrale et directement scénique. Julie Cherrier-Hoffmann a été formée au Conservatoire de Nancy, où elle a étudié notamment auprès de Christiane Stutzmann. Lauréate de plusieurs concours internationaux, elle a débuté sa carrière à l’Opéra de Metz avant d’interpréter des rôles comme Antonia dans « Les Contes d’Hoffmann », Micaëla dans « Carmen », Manon dans l’opéra de Massenet ou encore Susanna et Pamina dans les ouvrages de Mozart. Son parcours l’a également conduite vers le récital, avec une attention particulière portée à la mélodie française de Debussy, Fauré, Hahn, Poulenc et Duparc. Cette spécialité occupe une place centrale dans son travail discographique comme dans la programmation de Musique aux Mirabelles. La soprano a notamment enregistré plusieurs programmes sous le label Aparté, dont un disque consacré à Francis Poulenc et à « La voix humaine », ainsi que des mélodies françaises orchestrées par Frédéric Chaslin. Leur collaboration ne se limite pas au festival : le chef d’orchestre, compositeur et pianiste a écrit plusieurs cycles pour elle et l’accompagne régulièrement au récital. En mai 2025, ils ont notamment travaillé ensemble autour de Poulenc avec l’Orchestre du Teatro Comunale de Bologne. Le site officiel du festival annonce par ailleurs la préparation d’un nouvel enregistrement de mélodies françaises orchestrées par Frédéric Chaslin, donnant à ce concert une résonance particulière dans leur parcours commun. Pour cette dernière date, le programme est présenté comme un parcours allant de la mélodie française aux grands duos d’opéra. Le choix de l’église Saint-Étienne de Frémeréville-sous-les-Côtes inscrit le concert dans la géographie particulière du festival, qui utilise les édifices religieux du secteur comme écrins musicaux. Ces lieux offrent une proximité appréciée du public, mais imposent aussi aux interprètes de composer avec une acoustique différente de celle d’un auditorium. Une difficulté déjà relevée lors de précédents concerts de Musique aux Mirabelles, notamment dans la collégiale d’Hattonchâtel, où la réverbération pouvait modifier l’équilibre entre voix et piano. Cette dimension acoustique donnera aussi au rendez-vous une part d’imprévu et de présence directe. L’association organisatrice présente cette édition comme une saison de huit concerts exceptionnels, avec des tarifs destinés à rester accessibles. Le billet plein tarif est annoncé à 20 euros, l’entrée est gratuite pour les moins de 16 ans et un tarif spécifique est prévu pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnant. Un pass saison permet également de choisir quatre concerts pour 60 euros, tandis qu’un tarif à 10 euros est proposé aux habitants du secteur, selon les conditions indiquées par l’organisation. Ces modalités prolongent l’ambition du festival : faire de la musique classique une expérience de proximité plutôt qu’une pratique réservée aux seuls habitués des salles de concert. Avec ce rendez-vous, Musique aux Mirabelles confirme enfin son ancrage local tout en poursuivant son ouverture. Depuis sa création, le festival a accueilli des artistes comme Béatrice Uria-Monzon, Jean-Philippe Lafont, Julien Dran, Paul Meyer ou Nicolas Dautricourt. Il a aussi engagé des collaborations au-delà de la Lorraine, notamment avec le festival Les Escales Musicales de l’île Maurice en 2024. Dimanche 13 septembre, la saison se terminera donc par un concert consacré à la voix, dans une commune de Meuse où la mélodie et l’opéra doivent se rencontrer au plus près des habitants. Les suites de la manifestation dépendront désormais de la prochaine programmation et de la capacité de l’association à maintenir, dans la durée, cette offre musicale exigeante au cœur de la ruralité.
- À Bernay, le Multi Rex élargit sa programmation avec spectacles, opéras et séances pour les familles
À Bernay, le Multi Rex élargit sa programmation avec spectacles, opéras et séances pour les famillesÀ Bernay, dans l’Eure, le cinéma Multi Rex prépare une rentrée particulièrement diversifiée. De septembre à novembre 2026, l’établissement proposera bien sûr des films, mais aussi du théâtre, de l’humour, de la danse, de la musique et plusieurs rendez-vous destinés aux familles. Une programmation culturelle conçue pour attirer tous les publics, y compris ceux qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à Rouen ou Paris pour assister à un spectacle vivant. Le directeur du cinéma, Bastien Lechevallier, a présenté les principaux rendez-vous des prochaines semaines, avec une attention particulière portée aux très jeunes spectateurs.Le Multi Rex souhaite notamment développer les séances adaptées aux tout-petits. Le premier « Ciné Doudou » est annoncé le dimanche 13 septembre à 11 heures, au tarif de 4,50 euros. La formule repose sur un environnement moins impressionnant qu’une séance classique : la lumière reste allumée, les publicités sont supprimées et le volume sonore est réduit. D’une durée d’environ quarante minutes, les programmes permettent aux enfants de réagir, de parler ou de se déplacer dans la salle. Cette approche accompagne progressivement la découverte du cinéma, sans imposer aux plus jeunes les codes habituels d’une projection. À partir de trois ans, les séances « Ciné Pitchoun » prolongeront cette initiation avec des programmes pensés pour les premières expériences sur grand écran.La programmation comprend aussi plusieurs rendez-vous pour les familles et les adultes. Le lundi après-midi, des séances de rattrapage permettront de revoir des films qui n’ont pas forcément rencontré leur public au moment de leur sortie. La comédie française Chers Parents, réalisée par Emmanuel Patron, doit ainsi être projetée le lundi 5 octobre à 14 heures. Le cinéma relance par ailleurs son « projecteur temporel », un cycle consacré cette fois aux grands westerns. Trois classiques sont annoncés entre septembre et novembre : Le Bon, la Brute et le Truand, Rio Bravo et Il était une fois dans l’Ouest. Ces séances offrent l’occasion de redécouvrir sur grand écran des œuvres qui ont marqué l’histoire du cinéma, entre affrontements mythiques, grands espaces et figures héroïques.Autre temps fort de l’automne, la Fête des cinémas normands se déroulera du vendredi 25 au dimanche 27 septembre dans les salles participantes de la région. Le tarif sera fixé à cinq euros pour tous, avec des films à l’affiche, des œuvres récemment sorties et plusieurs avant-premières. Normandie Images, qui accompagne l’opération, annonce également des rencontres et des animations. À Bernay, le public pourra notamment découvrir en avant-première La Maison de nos rêves, le prochain épisode de Ducobu ainsi que Demain je tombe amoureux, selon les informations communiquées par la direction du Multi Rex. Cette initiative rappelle le rôle des salles indépendantes et de proximité dans l’animation culturelle du territoire.Les salles bernayennes ouvriront également leurs portes au spectacle vivant. Jeudi 17 septembre à 19 heures, Hamlet, de William Shakespeare, dans la version de la Comédie-Française, sera retransmis sur grand écran. La séance, proposée au tarif de huit euros, sera précédée d’une présentation des programmes thématiques de la saison. La diffusion s’inscrit dans le développement des spectacles enregistrés ou retransmis au cinéma : grâce à la qualité des images et du son, le public peut suivre le travail des comédiens, la mise en scène et les détails du spectacle tout en restant à Bernay.Le jeudi 24 septembre à 20 heures, ce sera au tour d’Artus d’être à l’affiche avec son « show XXL ». Capté à Paris La Défense Arena, le spectacle est distribué au cinéma pour une séance unique par Pathé Live. Ce programme d’environ deux heures, réalisé par Artus et Julien Faustino, transpose l’énergie d’une grande salle dans un cadre plus proche. Pour les spectateurs du Multi Rex, cette diffusion constitue une alternative aux représentations parisiennes, tout en conservant l’expérience collective d’une soirée de spectacle. Le directeur du cinéma souligne que ces rendez-vous sont souvent conviviaux, notamment grâce à l’entracte, qui rappelle l’ambiance d’un opéra.La danse occupera aussi une place importante dans cette programmation. Plusieurs ballets de l’Opéra de Paris doivent être diffusés au cinéma au cours de la saison. Le premier annoncé à Bernay est Roméo et Juliette, dans la chorégraphie de Rudolf Noureev et sur la musique de Sergueï Prokofiev. Inspiré de la tragédie de Shakespeare, ce ballet associe le lyrisme de la partition à une chorégraphie spectaculaire, centrée sur la passion et le conflit entre les deux familles. Le calendrier précis pouvant varier selon les réseaux, l’Opéra de Paris annonce une diffusion internationale à partir de novembre 2026, tandis que les programmations des salles partenaires indiquent une séance autour des 8 et 9 novembre. La version de Noureev, créée pour l’Opéra de Paris en 1984, permettra ainsi de découvrir un grand classique du répertoire.Enfin, la musique populaire sera représentée avec Mylène Farmer. Le Multi Rex annonce, le 27 octobre, une avant-première consacrée aux chansons de son nouvel album, dont les détails doivent encore être précisés. Ce rendez-vous complète une programmation qui cherche à dépasser le cadre traditionnel de la sortie hebdomadaire des films. Entre les séances pour les enfants, les classiques du cinéma, les avant-premières et les retransmissions de spectacles, le Multi Rex entend faire de ses salles un lieu culturel de proximité. Les prochains mois diront si cette formule élargira durablement les habitudes du public bernayen, mais le calendrier affiche déjà une volonté claire : proposer au cinéma des expériences qui ne se limitent pas à la projection d’un film.
- À Béon, Victoria Saturnin ouvrira la saison de Part’âge avec un concert de piano
À Béon, dans l’Yonne, la jeune pianiste Victoria Saturnin donnera un concert dimanche 13 septembre 2026, à partir de 16 heures, dans l’église Notre-Dame. Pour sa première manifestation, l’association Part’âge Béon a choisi d’inviter cette artiste de 18 ans, habitante de la commune, autour d’un programme volontairement ouvert : musique classique, musiques de films, jazz et variété française. L’entrée sera libre, avec une participation au chapeau proposée au public. Ce rendez-vous musical s’adresse ainsi à un public large, habitué des concerts comme curieux désireux de découvrir une jeune interprète du territoire. En réunissant plusieurs styles, Victoria Saturnin pourra passer d’un univers à l’autre et jouer sur les contrastes d’atmosphère. Le piano sera tour à tour associé à l’exigence du répertoire classique, à l’émotion immédiatement reconnaissable des musiques de films, au rythme du jazz et aux mélodies de la chanson française. Créée durant l’été, l’association Part’âge Béon entend contribuer à la vie locale en organisant des rendez-vous accessibles aux habitants. Ce premier événement s’inscrit dans cette volonté de faire de la culture un moment de rencontre, au cœur du village. Dans une commune rurale, une manifestation de ce type ne se résume pas à la programmation d’un concert : elle permet aussi de créer une occasion d’échange entre les habitants, les familles et les générations. Le choix d’une participation libre doit favoriser cette ouverture, sans constituer un obstacle pour le public. Le concert se déroulera dans l’église Notre-Dame, un lieu régulièrement retenu pour les manifestations musicales de proximité. Ce cadre donnera à l’après-midi une dimension particulière, en plaçant le piano au centre d’un édifice familier aux habitants de Béon. Les informations publiées par la commune de Béon et par plusieurs agendas locaux confirment l’horaire de 16 heures ainsi que le principe d’une participation libre. Les personnes intéressées pourront donc se rendre directement sur place pour assister à ce concert de piano à Béon. Le choix de Victoria Saturnin n’a rien d’anodin. La jeune Béonaise est connue dans le secteur pour son parcours musical commencé très tôt. Dans un portrait publié en 2019, alors qu’elle était âgée de 12 ans, L’Yonne Républicaine racontait ses débuts au piano, entrepris à un peu plus de quatre ans, puis son entrée au conservatoire de Joigny. Elle y suivait notamment une formation musicale et développait parallèlement une pratique du chant. À l’époque, elle expliquait déjà vouloir proposer un répertoire suffisamment varié pour que chacun puisse y trouver son compte. Cette précocité témoigne d’un investissement ancien, mais le parcours de la musicienne ne se limite pas à l’apprentissage de l’instrument. Le piano s’est progressivement inscrit dans son quotidien comme un moyen d’expression et de partage. La scène lui offre la possibilité de transmettre un morceau, une ambiance ou une émotion sans réserver la musique aux seuls connaisseurs. Cette relation directe avec le public constitue l’un des fils conducteurs de son projet à Béon. Son parcours s’est construit en parallèle d’un quotidien marqué par l’arthrogrypose, une maladie qui limite la mobilité de plusieurs articulations. Le portrait consacré à la jeune musicienne évoquait ses interventions chirurgicales, ses séances régulières de rééducation et les efforts physiques nécessaires. Victoria Saturnin y parlait toutefois surtout de sa passion pour la musique et du plaisir de se produire devant un public. « J’aime énormément donner du plaisir aux gens. Cela me procure de la joie », déclarait-elle alors dans les colonnes du quotidien départemental. Elle expliquait également que la musique lui permettait de s’évader. Cette parole donne un relief particulier au concert annoncé à Béon. Sans réduire la musicienne à son histoire personnelle ou à son handicap, elle rappelle la place que la pratique artistique peut occuper dans un parcours de vie. Le travail du piano demande de la régularité, de la concentration et une capacité d’adaptation que Victoria Saturnin a développées au fil des années. Le rendez-vous de septembre sera donc à la fois une rencontre artistique et l’aboutissement d’un chemin commencé dans l’enfance. Depuis cette première présentation, Victoria Saturnin a continué à se produire sur différentes scènes. Son concert à Béon reposera, comme l’annoncent les supports de communication de l’événement, sur un répertoire éclectique. La musique classique y côtoiera des extraits de films, des standards de jazz et des titres issus de la chanson française. Une formule qui devrait permettre à la pianiste de s’adresser à des auditeurs venus pour des raisons différentes : amateurs de répertoire classique, passionnés de musiques de films ou habitants souhaitant simplement soutenir une artiste du village. Le programme ne sera donc pas celui d’un récital exclusivement consacré à un compositeur ou à une période musicale. Il privilégiera au contraire les changements d’atmosphère et les passerelles entre les styles. Cette diversité est aussi une manière de présenter les différentes facettes du travail de Victoria Saturnin, entre exigence instrumentale, culture populaire et goût de la scène. Les annonces diffusées par l’office de tourisme de Joigny et du Jovinien précisent que la variété française, la musique classique, la musique de film et le jazz composeront le fil conducteur de l’après-midi. Pour Part’âge Béon, ce rendez-vous constitue une première étape. La jeune association souhaite ainsi créer des occasions de rassemblement dans une commune où les initiatives culturelles reposent souvent sur l’engagement bénévole et la mobilisation locale. Le choix d’une artiste du territoire donne également à cette première rencontre une dimension particulière : le public est invité à découvrir le parcours d’une jeune habitante tout en soutenant le lancement d’une nouvelle structure associative. Le concert est annoncé dimanche 13 septembre 2026 à 16 heures, à l’église Notre-Dame de Béon. L’accès sera libre et la rémunération de l’artiste reposera sur la participation au chapeau. Au-delà de ce premier rendez-vous, l’enjeu sera désormais de savoir si cette initiative trouvera son public et permettra à Part’âge Béon d’installer durablement une programmation dans la commune. Pour l’heure, la réponse passera par la musique, avec Victoria Saturnin au piano et un programme conçu pour réunir plusieurs générations autour d’un même après-midi.
- Dans le Vignoble nantais, un week-end entre fête paysanne, nostalgie des années 2000 et musique classique
Le Vignoble nantais se prépare à vivre un week-end culturel particulièrement animé, du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 2026. De Saint-Julien-de-Concelles à Vallet, en passant par Haute-Goulaine, plusieurs rendez-vous mêleront concerts, spectacles, patrimoine et vie locale. Au programme : une soirée gratuite en plein air, une première fête paysanne organisée dans une ferme, une nuit consacrée aux tubes des années 2000 et un récital de piano dans les salons du château de Goulaine. Quatre propositions très différentes, mais un même objectif : rassembler les habitants autour de moments accessibles et conviviaux, dans des lieux parfois inhabituels pour accueillir de la musique ou du spectacle vivant. Le premier rendez-vous est fixé vendredi soir à Saint-Julien-de-Concelles. À partir de 19 heures, le quartier de l’Omnibus accueillera « Saint Yo en fête », une soirée de concerts en plein air présentée comme un rendez-vous familial de rentrée. La fanfare Roller Toaster ouvrira la soirée avec un répertoire qui navigue entre électro, techno, pop et chanson française. Sa présence devrait donner au début de soirée une couleur festive et déambulatoire, avant que Solar Project ne prenne le relais avec des influences venues de la soul, de l’afro, du gospel et du disco. L’événement est gratuit et l’entrée libre, selon les informations publiées par OpenAgenda et les agendas locaux. La soirée doit se poursuivre jusqu’à 23 heures, dans une ambiance de plein air et de proximité, à l’issue de la grande braderie organisée dans le bourg. Une manière de prolonger l’esprit de rentrée en associant commerces, habitants et musique, sans formalité particulière pour le public. Samedi, c’est à Vallet que se concentrera l’essentiel de l’activité. La ferme de l’Aufrère accueillera sa première Fête paysanne, de 11 heures à 23 heures. Le projet est porté par l’association La Tambouille de l’Aufrère, avec le réseau Accueil Paysan et l’Épicerie des Poètes, qui accompagne notamment les Bals paysans de l’artiste HK. D’après Actu.fr, environ 70 bénévoles participent à la préparation de cette journée destinée à faire découvrir la ferme, les producteurs et les initiatives locales. Une vingtaine de stands de producteurs, d’artisans et d’associations sont annoncés sur place. La programmation commencera dès la fin de matinée avec une visite de la ferme à 11 h 30, puis des balades en sulky entre midi et 13 heures et de nouveau de 15 à 16 heures. Les familles pourront aussi profiter de jeux en bois, de maquillage, d’animaux et d’un espace de détente. L’après-midi alternera les animations et les temps de réflexion. Une initiation au tango est prévue à 13 h 15. À 15 h 30, Dorian Angot, éleveur de vaches nantaises, interviendra autour du thème « Paysan.nes éleveur.euses de biodiversité – vie sociale, sauvage et domestique ». Le spectacle prendra ensuite une place centrale. La compagnie T’as pas dit balles doit présenter « Pop » à 16 h 30, avant une initiation folk à 17 h 15. À 18 heures, HK et ses musiciens donneront le coup d’envoi du Bal paysan. Depuis 2022, le principe porté par l’Épicerie des Poètes consiste à installer des concerts au cœur des fermes, en associant musique, marché local, restauration et animations. Cette formule crée une rencontre directe entre artistes, agriculteurs et public, tout en donnant à entendre une autre façon de faire vivre la culture sur le territoire. Le groupe CALLA prolongera la soirée à partir de 20 heures avec un répertoire folk. Bar et restauration seront disponibles sur place, avec notamment une cantine paysanne, des crêpes et des glaces. L’entrée est proposée à un prix libre et conscient, une formule qui laisse au public le soin de contribuer selon ses possibilités tout en soutenant l’organisation. Les organisateurs indiquent qu’il sera possible de camper et que le site est accessible aux personnes à mobilité réduite. Ils invitent également les participants à venir avec leur propre gobelet. Le même soir, Vallet changera complètement d’univers avec la soirée « Génération 2000 », organisée par l’association La Caravigne à l’espace culturel Le Champilambart. De 19 heures à 1 heure du matin, les spectateurs sont invités à retrouver les codes musicaux et vestimentaires de cette décennie : strass, baskets compensées et tubes pop, R’n’B, dance ou électro. Tribal King, Big Ali, Franck des 2Be3 et Chris des G-Squad sont annoncés sur scène. Le DJ Aspé, associé à l’émission « Le Bigdil », assurera les transitions musicales. Un karaoké géant doit également permettre au public de reprendre des titres de Lorie, Tragédie ou Britney Spears. Selon l’agenda Infolocale, le tarif annoncé est de 25 euros, pour une soirée ouverte à tous, dans la limite des places disponibles. Les premières préventes avaient rapidement trouvé leur public, avec 150 billets écoulés en deux heures au moment de l’annonce de l’événement. Dimanche 13 septembre, changement de rythme au château de Goulaine, à Haute-Goulaine. Le pianiste Grégoire Humbert y proposera un récital consacré à Mozart et Chopin, avec deux séances prévues à 15 h 30 et 17 h 30. Le programme doit notamment comprendre les Variations « Ah vous dirai-je maman », la Sonate n° 5 en sol majeur et la Marche turque de Mozart, puis plusieurs œuvres de Chopin, dont la Grande valse brillante, les Valses opus 64 et la Polonaise héroïque. Ce dialogue entre Mozart, figure majeure du classicisme viennois, et Chopin, romantique du piano par excellence, offrira une conclusion plus intime au week-end. Le concert, d’une durée d’environ 55 minutes, sera donné dans les salons du château. Le Département de Loire-Atlantique présente ce rendez-vous comme une expérience intimiste, pensée pour rapprocher le public du musicien et faire dialoguer l’acoustique, l’histoire et l’architecture du lieu. Le tarif annoncé est de 30 euros, avec un verre d’accueil offert. Les places étant limitées, la réservation est recommandée. Entre animations agricoles, nostalgie musicale et répertoire classique, ce week-end culturel dans le Vignoble nantais illustre la diversité des rendez-vous proposés à la rentrée. Les organisateurs misent à la fois sur la proximité, la découverte des acteurs locaux et la capacité de la culture à investir des espaces différents : une rue de village, une ferme, une salle de spectacle ou un château. Reste désormais à espérer une météo favorable pour permettre au public de profiter pleinement de ces trois jours de rencontres, de musique et de convivialité.
- Montpellier : un concert de rentrée entre romantisme, modernité et classicisme à l’Opéra Comédie
L’Orchestre national Montpellier Occitanie fait sa rentrée avec une cheffe finlandaise au parcours fulgurant : Eva Ollikainen, lauréate du Concours Jorma Panula et directrice artistique de l’Orchestre symphonique d’Islande, dirige un programme aux éclats contrastés. D’abord l’Ouverture tragique de Brahms, née en 1880 : une page sombre et véhémente, comme un drame condensé. Puis, le Suédois Håkan Hardenberger, trompettiste à la carrière exceptionnelle (plus de 40 ans à repousser les limites de son instrument), crée en France Verse of Light de Karen Tanaka, compositrice japonaise formée à Paris auprès de Tristan Murail et Luciano Berio. Son concerto, aux atmosphères épurées, mêle éclats lumineux et méditation. Enfin la Symphonie n°39 de Mozart, la première de son glorieux triptyque final. L’adagio initial s’ouvre sur une grandeur solennelle, avant un menuet vif et un finale étincelant. Trois œuvres, trois univers : du romantisme orageux à la grâce classique, jusqu’à la création contemporaine. Une soirée qui conjugue tradition et audace. Autour du spectacle Rencontre avec les artistesavant le concert Au Programme Johannes Brahms (1833 – 1897)Ouverture tragique opus 81 Karen Tanaka (*1961)Verse of Light, concerto pour trompetteCréation françaiseCommande du Malmö Symphony Orchestra et de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791)Symphonie n°39 en mi bémol majeur KV 543
- « Ariane à Naxos » de Richard Strauss : une nouvelle production itinérante de l’Opéra national du Rhin en Alsace
Du 31 octobre au 29 novembre 2026, l’Opéra national du Rhin (OnR) présente Ariane à Naxos (Ariadne auf Naxos) de Richard Strauss dans une production inédite signée Myriam Marzouki. Avec à la baguette le chef d’orchestre autrichien Christoph Koncz et la soprano française Eugénie Joneau dans le rôle-titre, ce spectacle s’inscrit dans une dynamique régionale forte, tournant à travers Strasbourg, Mulhouse et Colmar. Il offre aux amateurs d’opéra une immersion dans ce « opéra sur l’opéra », mêlant avec virtuosité opéra sérieux et farce carnavalesque, tout en posant une réflexion sur la création artistique et ses contraintes. Un opéra majeur du XXe siècle et sa mise en abyme Composé par Richard Strauss sur un livret de Hugo von Hofmannsthal, Ariane à Naxos est une œuvre emblématique du théâtre musical du XXe siècle. Sa version révisée, créée en 1916 à Vienne, mêle magistralement un prologue en un acte et un opéra en un acte proprement dit. Le concept de « mise en abyme » est au cœur de l'œuvre : un mécène ordonne qu’un opéra sérieux soit précédé d’une mascarade comique, provoquant un choc jubilatoire entre deux esthétiques. Ainsi se confrontent la quête d’absolu artistique et la légèreté du divertissement populaire, dans un affrontement où se dévoilent les rapports de pouvoir entre artistes et commanditaires. Longtemps perçu comme une œuvre exigeante réservée à un public averti, Ariane à Naxos est aujourd’hui régulièrement programmé sur les scènes internationales, appréciée pour sa finesse orchestrale, la vivacité de son humour et la virtuosité vocale qu’elle requiert. Sa durée d’environ deux heures et demie avec entracte, en version allemande originale surtitrée en français et allemand, en fait un spectacle accessible et captivant. Une production itinérante au cœur du territoire alsacien L’Opéra national du Rhin affirme par cette production sa vocation régionale et son engagement à diffuser l’art lyrique au-delà de Strasbourg. Après sa création à l’Opéra de Strasbourg, Ariane à Naxos sera donné au Théâtre de la Sinne de Mulhouse puis au Théâtre municipal de Colmar, illustrant la marque de fabrique de l’OnR qui rend ses spectacles itinérants. Cette stratégie cultivée en cohérence avec le Grand Est permet d’amortir les coûts de création et d’atteindre un public plus large et diversifié. Coproduite avec l’Opéra de Dijon, où la production sera reprise en février 2027, cette collaboration interinstitutionnelle s’inscrit dans une tendance croissante du partage des ressources artistiques et techniques. La mise en scène conçue par Myriam Marzouki est ajustée pour s’adapter aux spécificités des différentes salles, allant des grandes scènes au cadre plus intimiste. Une lecture scénique contemporaine et politique La mise en scène de Myriam Marzouki, actrice reconnue pour ses spectacles mêlant mythologie, politique et théâtre contemporain, offre une lecture résolument actuelle de Ariane à Naxos. Elle joue avec la porosité entre fiction et réalité, en introduisant le spectateur dans les coulisses de la préparation du spectacle, soulignant l’urgence, les tensions et les compromis inhérents à la création artistique. La transposition partielle dans une Grèce des années 1960 à Dijon, sans dissiper le mythe, permet de faire ressurgir les nuances politiques du livret, notamment les rapports de subordination de l’artiste vis-à-vis de son mécène, en écho aux enjeux actuels des artistes confrontés aux contraintes économiques et sociétales. Les décors oscillent entre un backstage contemporain et des éléments oniriques, métaphoriques de l’île mythique de Naxos, tandis que les chorégraphies de Jean-François Kessler soulignent le contraste entre la mélancolie figée d’Ariane et l’élan bouffon de la troupe commedia dell’arte, incarnant visuellement le dialogue conflictuelle entre sérieux et comique. Une distribution mêlant jeunes talents et artistes confirmés Le rôle-titre est confié à Eugénie Joneau, ancienne élève de l’Opéra Studio du Rhin, symbole de la pérennité des formations régionales. Reconnue pour sa voix puissante et sa musicalité, elle franchit ici un cap important en abordant l’un des grands rôles dramatiques du répertoire soprano. Aux côtés d’elle, une distribution internationale enrichit la production, avec notamment Tadeusz Szlenkier dans le rôle de Bacchus, Elisabeth Boudreault en Zerbinetta et Polly Leech en Compositeur. Plusieurs jeunes artistes formés par l’Opéra Studio incarnent des rôles de caractère, contribuant à la dynamique de transmission et d’émulation au sein de la maison. La direction musicale de Christoph Koncz, une lecture attentive et dynamique Le chef autrichien Christoph Koncz, chargé de la direction musicale, est une figure montante de la scène européenne. Hautement qualifié dans les répertoires germanique et classique, Koncz inscrit sa lecture dans le respect de la complexité de l’écriture straussienne, mettant en lumière la délicate orchestration qui mêle densité et transparence. Son expérience de violoniste et son approche chambriste donnent au spectacle une énergie particulière et un équilibre subtil entre les éclats dramatiques et les passages plus intimistes, révélant toute la richesse d’une partition exigeante et moins souvent jouée dans sa version révisée. Un reflet contemporain des défis de la création artistique Plus de cent ans après sa création, Ariane à Naxos continue de résonner avec une actualité troublante. Il pose la question de la création sous contrainte, entre la pression économique et les exigences artistiques, et interroge la place du rire et du divertissement dans les expressions les plus nobles de l’art. À travers la mythologie retravaillée, la fable incarne ces tensions entremêlées entre aspiration à l’idéal et besoin de légèreté, bouscule les hiérarchies culturelles et révèle les échanges dynamiques entre différents registres. Cette production de l’Opéra national du Rhin, alliant exigence musicale et pertinence dramaturgique, invite le spectateur à une réflexion profonde sur ce que peut l’art aujourd’hui, tout en offrant un spectacle lyrique d’une grande richesse. Informations pratiques et perspectives La production sera accessible au public avec surtitres en français et allemand, facilitant la compréhension et l’immersion. Elle marque l’ouverture de la saison lyrique de l’OnR en 2026-2027, témoignant de son engagement pour un répertoire ambitieux et une diffusion locale active. Les spectateurs auront ainsi l’occasion de découvrir ou redécouvrir une œuvre majeure, dans un cadre scénique innovant et vibrant.
- Deux nuits de musique classique envoûtent la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac à Gimont
À Gimont, dans le Gers, la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac a accueilli les 28 et 29 août 2026 deux soirées de musique classique qui ont littéralement fait se lever le public. Pour la 7e édition du Festival des Trois Soleils, la petite bastide gersoise a vécu un week-end placé sous le signe de l’exigence musicale et de la convivialité, avec un premier concert en duo puis une seconde soirée portée par le Quatuor Tchalik. Deux rendez-vous « dignes de la Halle aux Grains », selon le compte rendu de La Dépêche du Midi, mais proposés ici dans un écrin rural et intimiste, à des tarifs très accessibles, presque symboliques pour les festivaliers. Un festival intimiste au cœur du Gers Créé et porté par l’association Arts en Gimont, le Festival des Trois Soleils s’est imposé au fil des ans comme un événement phare de la fin d’été dans le Gers. Organisé dans la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac, édifice religieux niché à l’écart du centre-bourg, il repose sur un concept original : inviter des musiciens de renommée internationale, habituellement programmés dans les grandes salles, pour offrir au public local une expérience musicale de tout premier ordre dans un cadre patrimonial préservé. Ce choix de lieu confère à la manifestation une atmosphère unique, où l’acoustique chaleureuse de la chapelle se conjugue à l’intimité du lieu, créant un lien privilégié entre les artistes et leur public. Soutenue par la mairie de Gimont, cette initiative bénéficie également de l’engagement des nombreux bénévoles, de nombreuses associations locales, et de partenaires privés, tels que les Chevalets Despiau, prestigieuse entreprise gersoise connue dans le milieu des luthiers. Cette synergie entre acteurs locaux illustre à merveille le dynamisme culturel d’un territoire rural soucieux de valoriser son patrimoine et de démocratiser la musique classique. Première soirée : une complicité musicale envoûtante Le vendredi 28 août, le festival s’est ouvert sur un duo éblouissant mêlant le violoniste franco-russe Gabriel Tchalik et le pianiste Sébastien Éné, ce dernier étant considéré comme le « local de l’étape ». Leurs interprétations, alliant finesse et passion, ont su captiver un auditoire déjà conquis par la qualité du lieu et la rareté de l’expérience proposée. Le programme, riche et varié, s’articulait autour de pièces majeures de Beethoven, Brahms et Debussy, complété par des œuvres moins courantes, témoignant d’un souci d’équilibre entre grands classiques et découvertes musicales. Cette sélection reflète une volonté de rendre la musique accessible tout en maintenant un haut niveau artistique, caractéristique du festival. Dans cette configuration intimiste, la virtuosité de Gabriel Tchalik, déjà remarquable lors de concours internationaux et de tournées européennes, dialoguait parfaitement avec la sensibilité et l’ancrage régional de Sébastien Éné. Les nuances subtiles, les échanges complices, et une interprétation vivante ont emporté le public dans un univers où chaque note semblait résonner au plus près des émotions. Le Quatuor Tchalik : une fratrie au sommet de son art Le lendemain, le festival mettait à l’honneur un ensemble familial unique : le Quatuor Tchalik, composé de quatre frères et sœurs. Lauréat d’un concours prestigieux dédié à Mozart à Salzbourg, le quatuor est salué pour la cohésion exceptionnelle de son jeu et l’engagement passionné de ses membres. Cette formation semble incarner, par sa jeunesse et sa virtuosité, un souffle nouveau dans la musique de chambre. Leur programme empruntait aux grands repères du quatuor à cordes, avec des œuvres de Haydn, Beethoven et Schumann, offrant un parcours musical riche et structuré à l’auditoire. Chaque pièce révélait l’habileté technique du groupe mais aussi une profonde sensibilité, touchant l’assistance au cœur. Dans la chapelle Notre-Dame-de-Cahuzac, l’acoustique enveloppante mettait en valeur l’harmonie parfaite des instruments, faisant de ce concert un moment magique souvent réservé aux grandes capitales culturelles. Le public, visiblement ému, est reparti comblé, certains témoignant d’une expérience musicale qu’ils n’oublieront pas aisément. Une réussite collective et une dynamique locale Au-delà de la dimension artistique, ces deux journées illustrent aussi l’importance d’une initiative locale mise en œuvre grâce à un engagement collectif. La mairie de Gimont a souligné la solidarité des bénévoles, en particulier Françoise Dubarry et Maryse Jeandenand, figures clés du projet. Le père Guillaume Langlois, curé de la paroisse, a également apporté son soutien indispensable en autorisant l’usage de la chapelle pour ces concerts. L’entreprise Chevalets Despiau, reconnue pour son expertise dans la fabrication de pièces pour instruments à cordes, incarne à travers son partenariat l’alliance entre culture et savoir-faire local. Ce soutien économique est vital pour garantir la pérennité de telles manifestations tout en maintenant des tarifs abordables, renforçant ainsi l’accessibilité de la musique classique pour tous. L’impact culturel et perspectives d’avenir Le festival des Trois Soleils apparaît comme un modèle réussi de valorisation culturelle en milieu rural, alliant excellence artistique et convivialité. En proposant une programmation ambitieuse dans un cadre intimiste, il attire un public diversifié, venant parfois de loin, enthousiasmé par ce concentré d’émotions et de beauté. L’expérience démontre que les petites communes peuvent rivaliser avec les grandes métropoles en matière de programmation culturelle, à condition d’un engagement fort et d’une coopération entre acteurs variés. La fréquentation « très satisfaisante » et les applaudissements debout témoignent de l’accueil enthousiaste réservé à ces concerts. Pour les éditions futures, les organisateurs envisagent de continuer sur cette lancée d’exigence artistique tout en consolidant leurs partenariats et en élargissant leur public. Dans un contexte général où les moyens des structures culturelles se restreignent, ce festival illustre l’importance d’initiatives locales dynamiques pour offrir des événements culturels riches et accessibles, contribuant ainsi à la vitalité du Gers et à la valorisation de son patrimoine. En somme, la 7e édition du Festival des Trois Soleils à Gimont a su mêler avec succès tradition et modernité, grande musique et cadre rural, professionnalisme et convivialité, laissant présager de beaux lendemains pour cette belle aventure culturelle.












