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- Octobre médiéval à Saint-Denis : quand la musique ancienne fait vibrer les pierres gothiques | La Grande Musique
Une immersion en cinq concerts de musiques médiévales répartis tout au long du mois au cœur de la Basilique Saint-Denis, pour célébrer le Moyen Âge par le son et la parole. < Retour E.Rials, rédacteur 04/10/25 Octobre médiéval à Saint-Denis : quand la musique ancienne fait vibrer les pierres gothiques 1/1 Une immersion en cinq concerts de musiques médiévales répartis tout au long du mois au cœur de la Basilique Saint-Denis, pour célébrer le Moyen Âge par le son et la parole. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien À l’automne 2025, la Basilique cathédrale Saint-Denis propose une nouvelle édition de son festival Octobre médiéval , un événement désormais bien ancré dans le paysage musical parisien. Au programme : cinq concerts de musiques médiévales répartis tout au long du mois, ainsi que deux conférences visant à éclairer le contexte historique, artistique et spirituel de cette période fascinante. Un écrin monumental pour une musique intemporelle Située aux portes de Paris, la basilique Saint-Denis n’est pas un décor anodin. Lieu chargé d’histoire — nécropole royale, monument gothique fondamental, témoin de plus de quinze siècles — elle offre un cadre à la fois spirituel, architectural et sonore d’exception. Le lieu, magnifié par son acoustique, invite l’auditeur à redécouvrir la musique médiévale non pas comme un objet de musée, mais comme une parole vivante, dialoguant avec le silence des voûtes. Pendant ces cinq rendez-vous, les ensembles — tous reconnus pour leur maîtrise du répertoire ancien — précéderont à l’issue de leur concert une présentation de leurs instruments ou des clés de lecture, favorisant l’échange avec le public. Cette dimension pédagogique ajoute une valeur précieuse à l’expérience musicale. Un voyage en cinq étapes musicales 7 octobre, 20h — « Les trouvères entre ciel et terre, sur les traces d’Aliénor… » (Ensemble Alla Francesca) Ce concert propose une traversée du XIIᵉ et XIIIᵉ siècle, à travers des chansons de trouvères liées à la figure d’Aliénor d’Aquitaine et à sa descendance. L’ensemble Alla Francesca, composé de voix et d’instruments anciens — cistre, harpe-psaltérion, vièle, luth, etc. — explore les territoires poétiques du temps médiéval, mettant l’accent sur l’éloquence du texte et la finesse des accompagnements. 11 octobre, 17h — « Sur les pas de Marie » (Ensemble Rue des Chantres) Dans un programme axé sur les manuscrits parisiens des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles, l’ensemble Rue des Chantres (fondé par d’anciens chantres de Notre-Dame) fait résonner des polyphonies mariales mêlées à des chants grégoriens. Le concert sera accompagné de projections visuelles (manuscrits, iconographie, traduction) pour éclairer les choix musicaux et littéraires. 18 octobre, 16h30 — « Ay ! Amours… » (Les Métamorphoses de l’Amour) Ici, le thème central est l’amour courtois aux XIVᵉ et XVe siècles. Le programme mêle poèmes et musiques de divers horizons — France et Italie — avec des œuvres de Guillaume de Machaut, Johannes Ciconia, Guillaume Dufay, ainsi que des pièces instrumentales. L’ensemble, formé de musiciennes passionnées, cherche à traduire les inflexions intimes du sentiment amoureux. 25 octobre, 16h30 — « Beles, Belles… » (Diabolus in Musica) Ce concert plonge dans les « chansons de toile » du XIIIᵉ siècle, poèmes lyriques dans lesquels une dame brode ou tisse tout en déplorant l’absence de l’aimé. L’ensemble Diabolus in Musica, déjà bien installé sur la scène médiévale, offre un programme raffiné où se conjuguent poésie, mélodie et délicatesse d’interprétation. 31 octobre, 20h — « Odyssée pour deux voix sœurs » (Dialogos) Clôture poétique et spirituelle : deux voix explorent ici le répertoire liturgique médiéval — plain-chant, premières polyphonies (Winchester, École de Notre-Dame…) — mis en miroir avec des textes contemporains. L’ensemble Dialogos, dirigé par la musicienne-musicologue Katarina Livljanić, donne à entendre une musique à la fois ancrée et ouverte, entre ferveur, questionnement et émotion. Aux confins de la musique et de l’histoire Les conférences viennent enrichir cette série musicale de réflexions érudites : Jeudi 9 octobre, 19h30 — « Musique & arts liturgiques au temps d’Hilduin, abbé de Saint-Denis » Le musicologue Jean-François Goudesenne (IRHT–CNRS) explore la production musicale et liturgique autour de l’abbé Hilduin (début du XIᵉ siècle), une figure clef dans l’histoire de l’abbatiale et de son rayonnement intellectuel. Lundi 13 octobre, 19h30 — « Le mystère des reliques de saint Denis » La professeure Anne-Marie Helvétius (Université Paris 8) propose une plongée dans les aspects cultuels et symboliques liés au culte des reliques, une composante essentielle du patrimoine spirituel et architectural de la basilique. Ces deux interventions permettront aux mélomanes comme aux amateurs d’histoire de mieux situer les œuvres interprétées dans leur contexte, de comprendre le rôle liturgique de la musique au Moyen Âge, et d’éclairer le lien intime entre foi, pouvoir et création artistique. Pourquoi ne pas manquer Octobre médiéval ? Cette nouvelle édition promet des moments forts, à la fois intellectuels et sensibles. Elle donne à entendre des musiques rarement données sous cette ampleur en Île-de-France, interprétées par des ensembles engagés dans une recherche exigeante. Le tarif d’entrée débute à 11 €, rendant l’accès possible pour un large public. Au fil de la programmation, se dessine un portrait vivant du Moyen Âge — non pas figé, mais vibrant d’enjeux esthétiques, spirituels et émotionnels. Entre chanson profane et musique sacrée, entre poésie courtoise et chant liturgique, cette saison 2025 de l’Octobre médiéval invite chacun à la découverte de l’“autre musique” du passé — tout en résonance avec nos questionnements contemporains. Pour participer à cette traversée musicale, il suffit de réserver sa place (disponible via le système national des monuments) et de se laisser emporter par la voix des siècles dans le silence solennel des voûtes gothiques. https://www.saint-denis-basilique.fr/agenda/octobre-medieval/concerts-de-musiques-medievales Précédent Écouter le direct Suivant
- Tempesta e Sospiri - une immersion baroque au Théâtre Déjazet avec les Furiosi Galantes | La Grande Musique
Plongez dans une soirée baroque exceptionnelle à Paris — Tempesta e Sospiri par l’ensemble Les Furiosi Galantes, entre virtuosité des castrats, passions intenses et liens entre musique et parole, jeudi 2 octobre 2025. < Retour E.Rials, rédacteur 01/10/25 Tempesta e Sospiri - une immersion baroque au Théâtre Déjazet avec les Furiosi Galantes 1/1 Plongez dans une soirée baroque exceptionnelle à Paris — Tempesta e Sospiri par l’ensemble Les Furiosi Galantes, entre virtuosité des castrats, passions intenses et liens entre musique et parole, jeudi 2 octobre 2025. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Le jeudi 2 octobre 2025, l’ensemble Les Furiosi Galantes invite Paris à une odyssée musicale au cœur de l’âge d’or italien, soirée présentée par Ève Ruggieri. C’est un rare événement qui s’annonce au Théâtre Déjazet : une soirée baroque où la musique et la parole s’entrelacent pour révéler les tourments et les élans intimes de l’âme humaine. Porté par l’énergie et la sensibilité de l’ensemble Les Furiosi Galantes , ce concert unique, intitulé Tempesta e Sospiri , mettra à l’honneur les grandes pages de Scarlatti, Händel, Vivaldi et Porpora — autant de florilèges où se déclinent la fureur, la tendresse, la noblesse ou le soupir amoureux. Sous la baguette et le timbre du contre-ténor Luan Góes , l’ensemble invite à réentendre la virtuosité qui fascinait les auditoires de l’Europe à l’époque baroque. À travers des airs de castrats, il s’agit moins de reconstituer un spectacle d’époque que de ressusciter une émotion vivante. Dans le cadre du principe de la teoria degli affetti , le programme explore les contrastes — les « tempêtes » et les « soupirs » — dans un mouvement dramatique presque théâtral, dans lequel chaque nuance sonore est mise au service de l’expression émotionnelle. La soirée sera présentée par Ève Ruggieri , figure appréciée du monde de la culture, qui agit ici comme marraine de l’ensemble. Avec sa voix chaleureuse, elle apportera un lien vivant entre le public et les œuvres, facilitant l’immersion dans un univers où la musique devient parole, et la parole musique. Ce concert se tiendra jeudi 2 octobre 2025 , au Théâtre Déjazet (41 boulevard du Temple, Paris 3ᵉ), avec des billets proposés entre 20 et 60 € , accessibles via billetterie en ligne . Il s’agit d’une seule représentation, ce qui renforce le caractère exceptionnel de l’événement. Avec Tempesta e Sospiri , Les Furiosi Galantes offrent au public parisien une fenêtre unique sur la puissance expressive du baroque italien, revivifiée par la modernité de l’interprétation. Que vous soyez amateur de musique vocale, passionné de l’esthétique baroque ou simplement curieux d’un moment musical fort, cette soirée promet une traversée sensible et vibrante. https://indiv.themisweb.fr/0058/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0058&EventId=312&request=QcE+w0WHSuA6/HqjqYIR0+xR24MVGxda5eKpfJdpmBZCQsbKNAm1n9jJwT2T65a8qenC7WKyrXFSQpbwxpqqLg==&yymm=20251002 Précédent Écouter le direct Suivant
- Entre Triomphes et Revers : La Semaine Mouvementée des Opéras et Festivals | La Grande Musique
Les derniers jours ont été intenses dans le monde de la musique classique française : un Américain couronne une décennie d'attente à Varsovie, un metteur en scène canadien prend les rênes d'Aix-en-Provence, et l'Opéra du Rhin doit renoncer à l'une de ses productions phares. Cette semaine témoigne autant des victoires que des fragilités de notre écosystème lyrique. < Retour E.Rials, rédacteur 29/10/25 Entre Triomphes et Revers : La Semaine Mouvementée des Opéras et Festivals 1/1 Les derniers jours ont été intenses dans le monde de la musique classique française : un Américain couronne une décennie d'attente à Varsovie, un metteur en scène canadien prend les rênes d'Aix-en-Provence, et l'Opéra du Rhin doit renoncer à l'une de ses productions phares. Cette semaine témoigne autant des victoires que des fragilités de notre écosystème lyrique. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Je ne vous cache pas mon émotion face à certaines actualités de ces derniers jours. Il y a les victoires éclatantes, les nominations stratégiques, mais aussi les renoncements douloureux qui nous rappellent la réalité économique de nos institutions culturelles. Parcourons ensemble cette semaine riche en rebondissements. Eric Lu ou la revanche d'un pianiste patient Dix ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Eric Lu pour triompher au Concours Chopin de Varsovie . Le pianiste américain de 27 ans, qui avait terminé quatrième en 2015, a décroché le premier prix le 21 octobre dernier, devenant le premier Américain à remporter ce graal depuis 55 ans. La finale s'est déroulée dans une atmosphère électrique : les billets se sont vendus en deux minutes, et le jury présidé par Garrick Ohlsson a délibéré pendant des heures avant d'annoncer son verdict vers 2h30 du matin. Cette édition 2025 a battu tous les records avec 642 candidats inscrits. Lu a impressionné par sa maturité et son intelligence de la partition, même si certains critiques polonais ont exprimé leur surprise face à ce choix. La récompense ? Soixante mille euros, mais surtout les portes des plus grandes salles du monde qui s'ouvrent à lui. Pour cet artiste que l'on décrit comme "tout sauf une bête de concours", c'est la consécration d'une décennie de travail acharné. Ted Huffman prend la barre d'Aix-en-Provence Le 27 octobre, le conseil d'administration du Festival d'Aix-en-Provence a désigné Ted Huffman comme nouveau directeur général . Le metteur en scène américano-canadien de 48 ans succède à Pierre Audi, tragiquement disparu en mai dernier. Cette nomination intervient au moment où le Festival vient de recevoir le prestigieux Prix Birgit Nilsson, récompensant son excellence artistique. Huffman n'est pas un inconnu à Aix : il a découvert le festival en 2012 en participant à son Académie et y a signé cinq mises en scène, dont la récente création mondiale de The Story of Billy Budd, Sailor cet été, qui a été chaleureusement acclamée. Son mandat de cinq ans débutera le 1er janvier 2026. Paul Hermelin, président du conseil d'administration, souligne que "le projet qu'il nous a présenté combine le respect des fondamentaux et une audace qui nous a semblé porteuse d'un nouveau souffle". Le nouveau directeur aura la délicate mission de mettre en œuvre les programmations 2026 et 2027 préparées par Pierre Audi, tout en imaginant dès maintenant les éditions 2028 et suivantes. Spécialiste de la création contemporaine et collaborateur privilégié de compositeurs comme Philip Venables, Huffman devrait insuffler sa passion pour l'expérimentation lyrique dans ce festival qui a su se réinventer au fil des décennies. L'Opéra du Rhin contraint de renoncer à Follies C'est l'actualité qui fâche. Le 24 octobre, l'Opéra national du Rhin a annoncé devoir renoncer à la création de Follies de Stephen Sondheim, prévue en juin 2026. La cause ? Le retrait du Théâtre du Châtelet et des "difficultés pour rassembler les financements nécessaires". Cette annulation illustre cruellement les limites du système de coproduction : quand un partenaire se retire, c'est tout l'édifice qui vacille. La nouvelle production, qui devait être mise en scène par Laurent Pelly avec Natalie Dessay en tête d'affiche, sera finalement créée en 2028 au Grand Théâtre de Genève. À Strasbourg et Mulhouse, l'OnR proposera aux mêmes dates une autre comédie musicale, Gypsy, également signée Laurent Pelly et avec Natalie Dessay. On sait que l'Opéra du Rhin se prépare à de lourds travaux de rénovation entre 2028 et 2033, ce qui ajoute une contrainte budgétaire supplémentaire. Cette annulation survient dans un contexte où les opéras régionaux font face à une pression financière croissante. Rappelons que 24 productions ont été supprimées la saison dernière dans les opéras en région représentés par Les Forces Musicales. C'est autant d'engagements en moins pour les artistes, techniciens et tout l'écosystème culturel. Lucie Leguay à Lausanne Dans un registre plus réjouissant, la cheffe d'orchestre française Lucie Leguay a été nommée directrice musicale du Sinfonietta de Lausanne le 27 octobre. Cette nomination témoigne de la reconnaissance croissante des femmes chefs d'orchestre sur la scène internationale. Le Sinfonietta de Lausanne, orchestre de chambre suisse réputé, bénéficiera de la sensibilité musicale de cette artiste au parcours remarquable. L'Ensemble intercontemporain renouvelle son équipe Le 28 octobre, l'Ensemble intercontemporain a annoncé l'arrivée de trois nouveaux chefs assistants pour renforcer son équipe artistique. Cette institution emblématique de la musique contemporaine, fondée par Pierre Boulez, continue ainsi d'investir dans la formation des jeunes talents et le renouvellement générationnel. Précédent Écouter le direct Suivant
- Iphigénie en Tauride à l’Opéra-Comique : Wajdi Mouawad réinvente le mythe avec intensité | La Grande Musique
Plongée dans la nouvelle production parisienne de Iphigénie en Tauride, mise en scène par Wajdi Mouawad : une tragédie lyrique revisitée, servie par Le Consort et une équipe artistique audacieuse. < Retour E.Rials, rédacteur 05/10/25 Iphigénie en Tauride à l’Opéra-Comique : Wajdi Mouawad réinvente le mythe avec intensité 1/1 Plongée dans la nouvelle production parisienne de Iphigénie en Tauride, mise en scène par Wajdi Mouawad : une tragédie lyrique revisitée, servie par Le Consort et une équipe artistique audacieuse. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien L’Opéra-Comique présentera du 2 au 12 novembre 2025 une nouvelle production d’ Iphigénie en Tauride de Christoph Willibald Gluck , dans une mise en scène signée Wajdi Mouawad . Avec cette création, le metteur en scène franco-libanais plonge le public au cœur d’une tragédie intérieure, portée par la musique lumineuse et dépouillée du compositeur allemand. Un chef-d’œuvre intemporel Créée à Paris en 1779, Iphigénie en Tauride est souvent considérée comme le sommet de la carrière de Gluck. Le compositeur y poursuit son ambition de réformer l’opéra en abandonnant les artifices du baroque pour privilégier la clarté dramatique et l’expression sincère des émotions.L’histoire met en scène Iphigénie, fille d’Agamemnon, devenue prêtresse en Tauride après avoir échappé au sacrifice imposé par son père. Chargée d’immoler tout étranger qui aborde ses rivages, elle se trouve confrontée à deux naufragés grecs, Oreste et Pylade. Sans le savoir, elle s’apprête à offrir son propre frère en sacrifice. Cette reconnaissance tardive, surgissant au bord du gouffre, transforme la tragédie en un drame de rédemption et de fraternité. Le regard de Wajdi Mouawad Wajdi Mouawad, connu pour sa capacité à mêler l’intime et le mythologique, aborde Iphigénie en Tauride comme une plongée dans la mémoire et la culpabilité. Fidèle à son style, il met en avant la puissance des silences , les ruptures, les respirations et les non-dits qui font naître la tension dramatique.Chez lui, la musique de Gluck devient un personnage à part entière , une force invisible qui accompagne le combat intérieur des protagonistes. Le metteur en scène ne cherche pas à moderniser le mythe à tout prix, mais à en révéler la part d’humanité la plus brute : celle d’une femme déchirée entre son devoir sacré et son instinct d’amour fraternel. Une distribution d’exception La distribution réunit des interprètes engagés et expressifs, à commencer par Tamara Bounazou dans le rôle d’Iphigénie, incarnation à la fois fragile et déterminée. Elle est entourée de Theo Hoffman , Philippe Talbot , Jean-Fernand Setti , Léontine Maridat-Zimmerlin , Fanny Soyer et Lysandre Châlon , formant un ensemble vocal où la clarté du texte et la précision du chant se répondent. L’accompagnement musical est confié à l’ensemble Le Consort , qui fait ici ses premiers pas dans une grande production lyrique. Sous la direction de Louis Langrée et Théotime Langlois de Swarte , l’orchestre baroque révèle toute la richesse des nuances gluckistes, où la rigueur classique se marie à une émotion d’une intensité rare. Un spectacle total Au-delà de la beauté musicale, cette production se distingue par sa recherche de cohérence entre texte, geste et image. Les décors épurés, les jeux de lumière et la sobriété du dispositif scénique renforcent le caractère intérieur du drame. Chaque élément semble participer d’un même souffle : celui d’une humanité égarée qui tente de se réconcilier avec elle-même. Une séance Relax, accessible à tous les publics, ouvrira la série de représentations le 2 novembre à 15 h, tandis qu’une rencontre avec les artistes permettra, le 8 novembre, de prolonger l’expérience au-delà du spectacle. Ces initiatives s’inscrivent dans la démarche inclusive et pédagogique que l’Opéra-Comique développe depuis plusieurs saisons. Un retour à l’essence du tragique Cette Iphigénie en Tauride s’annonce comme l’un des grands rendez-vous lyriques de l’automne. Elle offre au public parisien l’occasion de redécouvrir une œuvre fondatrice du répertoire classique sous un angle profondément humain.Loin des effets visuels ou des transpositions gratuites, Wajdi Mouawad signe ici une mise en scène à la fois claire et bouleversante, où la parole et la musique se répondent comme deux miroirs de la conscience . En confiant ce chef-d’œuvre à des artistes d’une telle exigence, l’Opéra-Comique confirme une fois encore sa vocation : faire dialoguer la tradition et la création, pour que le mythe ancien continue de résonner avec les inquiétudes du monde d’aujourd’hui. https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/iphigenie-en-tauride Précédent Écouter le direct Suivant
- Rami Mekdachi, artiste pluridisciplinaire, entrepreneur visionnaire et fondateur de Lola James Harper (interview et podcast) | La Grande Musique
Une bougie qui raconte un lieu : voilà l’idée qui guide Rami Mekdachi, fondateur de Lola James Harper, invité de La Grande Musique. Dans cette conversation, il explique comment un parfum d’ambiance peut transformer une pièce en décor mental, et faire surgir un « ailleurs » dès qu’on allume une flamme. Pour lui, il y a deux mondes : l’odeur de lieu et l’eau de toilette. La première, pensée pour l’espace, cherche à capturer l’âme d’un endroit, réel ou disparu, en convoquant ses archétypes : le bois, les tissus, la lumière, l’histoire qu’on devine dans les détails. La seconde, portée sur la peau, agit « comme un vêtement » : elle change l’attitude, raconte une philosophie de vie, et se construit comme une grande composition, avec notes de tête, de cœur et de fond. Rami Mekdachi explique sa méthode, presque cinématographique : l’œil prépare le nez. La couleur du flacon, l’image d’un lieu, la photographie qui accompagne l’objet… tout oriente la manière dont on sent. Derrière la technique, il place la présence au centre, que ce soit pour composer une fragrance, saisir un portrait ou fabriquer une émotion. < Retour E.Rials, rédacteur 24/01/26 Rami Mekdachi, artiste pluridisciplinaire, entrepreneur visionnaire et fondateur de Lola James Harper (interview et podcast) 1/1 Une bougie qui raconte un lieu : voilà l’idée qui guide Rami Mekdachi, fondateur de Lola James Harper, invité de La Grande Musique. Dans cette conversation, il explique comment un parfum d’ambiance peut transformer une pièce en décor mental, et faire surgir un « ailleurs » dès qu’on allume une flamme. Pour lui, il y a deux mondes : l’odeur de lieu et l’eau de toilette. La première, pensée pour l’espace, cherche à capturer l’âme d’un endroit, réel ou disparu, en convoquant ses archétypes : le bois, les tissus, la lumière, l’histoire qu’on devine dans les détails. La seconde, portée sur la peau, agit « comme un vêtement » : elle change l’attitude, raconte une philosophie de vie, et se construit comme une grande composition, avec notes de tête, de cœur et de fond. Rami Mekdachi explique sa méthode, presque cinématographique : l’œil prépare le nez. La couleur du flacon, l’image d’un lieu, la photographie qui accompagne l’objet… tout oriente la manière dont on sent. Derrière la technique, il place la présence au centre, que ce soit pour composer une fragrance, saisir un portrait ou fabriquer une émotion. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien à propos : Artiste pluridisciplinaire, entrepreneur visionnaire et fondateur du projet Lola James Harper, Rami Mekdachi est né à Beyrouth et a grandi entre Paris, l’Angleterre et les États‑Unis. Musicien, photographe et cinéaste dès son plus jeune âge, il découvre l’univers du parfum à la fin des années 1990 et révolutionne rapidement le secteur en devenant le premier à créer des parfums dédiés à des lieux emblématiques. Son parcours commence avec le mythique concept store parisien Colette et l’iconique Hôtel Costes, puis se poursuit par des collaborations avec des lieux prestigieux tels que La Réserve Genève, Hôtel Arts Barcelona, Château de Jacques Garcia, Roger Vivier, Chloé, Lacoste, entre autres. Parallèlement, Rami mène une carrière prolifique de photographe et de réalisateur, travaillant avec des magazines emblématiques comme Rock & Folk et Rolling Stone, tout en composant et en se produisant avec différents groupes signés sur des labels tels que Chronowax et Pias. https://www.lolajamesharper.com/fr Précédent Écouter le direct Suivant
- Quand l'opéra français renoue avec l'audace et l'exigence | La Grande Musique
Du Théâtre des Champs-Élysées à l'Opéra-Comique, de Toulouse à Rouen, la scène lyrique nationale vit des heures intenses. Entre prises de rôle attendues, mises en scène audacieuses et reconnaissance des talents français, novembre marque un tournant pour notre patrimoine musical. Une effervescence qui témoigne d'une vitalité culturelle que nos institutions défendent encore avec fierté. < Retour E.Rials, rédacteur 01/11/25 Quand l'opéra français renoue avec l'audace et l'exigence 1/1 Du Théâtre des Champs-Élysées à l'Opéra-Comique, de Toulouse à Rouen, la scène lyrique nationale vit des heures intenses. Entre prises de rôle attendues, mises en scène audacieuses et reconnaissance des talents français, novembre marque un tournant pour notre patrimoine musical. Une effervescence qui témoigne d'une vitalité culturelle que nos institutions défendent encore avec fierté. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Je l'avoue : en parcourant les programmations de ces dernières semaines, je ressens cette excitation du mélomane qui sait qu'il vit un moment particulier. Car novembre 2025 n'est pas un mois comme les autres pour la musique classique en France. C'est celui où nos plus belles maisons lyriques rivalisent d'ambition, où de jeunes talents français s'imposent sur les scènes nationales, et où l'exigence artistique reprend ses droits face à la facilité. Prenons d'abord ce qui se joue actuellement à l' Opéra-Comique , salle Favart. Du 2 au 12 novembre, Wajdi Mouawad y signe une nouvelle production d' Iphigénie en Tauride de Gluck qui fait déjà parler. Le metteur en scène franco-libanais, qu'on connaît pour sa capacité à mêler l'intime et le mythologique, a même écrit un prologue original pour replacer cette tragédie dans notre époque troublée. Louis Langrée et le jeune Théotime Langlois de Swarte se partagent la direction musicale, avec l'ensemble Le Consort aux instruments anciens. La soprano Tamara Bounazou incarne une Iphigénie déchirée entre devoir sacré et amour fraternel. Ce qui me frappe dans ce projet, c'est justement cette volonté de ne pas moderniser à tout prix, mais de révéler l'humanité brute d'un mythe qui nous parle encore aujourd'hui – celui de l'exil, du sacrifice, de la réconciliation. Des thèmes qu'une France inquiète de son identité devrait méditer. Mais l'événement qui concentrait tous les regards se tenait avenue Montaigne, au Théâtre des Champs-Élysées . Benjamin Bernheim, notre ténor national dont la voix somptueuse fait la fierté de la scène lyrique française, devait y incarner Faust dans La Damnation de Berlioz du 3 au 15 novembre. Une prise de rôle très attendue pour ce chanteur qui cultive avec passion le répertoire romantique français. Hélas, comme l' a rapporté Forum Opéra le 1er novembre, le ténor était souffrant lors de l'avant-première réservée aux jeunes le 31 octobre et a été remplacé par François Rougier. Espérons que Bernheim se rétablisse rapidement pour donner les représentations suivantes aux côtés de la jeune mezzo Victoria Karkacheva et de Christian Van Horn. La mise en scène de Silvia Costa, qui promet de placer la musique au cœur de l'action en rendant visibles les gestes des musiciens, mérite qu'on y assiste. D'autant que Les Siècles, sous la baguette de Jakob Lehmann, apportent leur connaissance des pratiques d'époque à cette partition exigeante. Plus au sud, Toulouse ne manque pas d'ambition. L' Opéra national du Capitole annonce du 20 au 30 novembre une nouvelle production de Don Giovanni qui réunit cinq maisons d'opéra françaises – belle démonstration que nos institutions savent encore mutualiser leurs moyens pour l'excellence. Deux débuts prestigieux : Agnès Jaoui à la mise en scène (sa première au Capitole) et le jeune chef finlandais Tarmo Peltokoski à la direction musicale. Le choix de confier ce chef-d'œuvre mozartien à une cinéaste et comédienne française reconnue pour sa finesse psychologique n'est pas anodin. Jaoui saura certainement capter la complexité trouble de ce séducteur qui court à sa perte. La distribution réunit des voix françaises de premier plan : Nicolas Courjal et Mikhail Timoshenko alterneront dans le rôle-titre, Karine Deshayes et Alix Le Saux en Elvira. Voilà qui promet des soirées où le génie mozartien rayonnera dans la langue du drame et de la sensibilité. Ces derniers jours ont également vu l'annonce des nominations pour les Victoires de la Musique Classique 2025 , qui se tiendront le 5 mars prochain à l'Opéra de Rouen Normandie. Parmi les révélations artistes lyriques, on retrouve trois talents qui font honneur à notre école de chant : la mezzo Floriane Hasler, le ténor Julien Henric et la soprano Julie Roset, lauréate du prestigieux concours Operalia 2023. Dans la catégorie Enregistrement, le label français Bru Zane est nommé pour sa minutieuse reconstitution de La Vie parisienne d'Offenbach dans sa version originale. Natalie Dessay recevra une Victoire d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Autant de signes que la France continue de former et de célébrer des artistes d'exception. L'automne a aussi révélé une découverte passionnante, comme le relate ClassiqueNews : la redécouverte du compositeur viennois Oskar Posa (1873-1951), grâce à un nom aperçu sur une affiche de concert de 1905. Ce genre d'enquête musicologique, qui fait resurgir des œuvres chambristes et des lieder oubliés, rappelle que notre patrimoine musical européen recèle encore des trésors à exhumer. Pendant ce temps, l' Opéra de Paris poursuit sa Tétralogie wagnérienne avec La Walkyrie programmée du 11 au 30 novembre à Bastille, dans la mise en scène de Calixto Bieito et sous la direction de Pablo Heras-Casado. Les grands cycles ont ce mérite de fidéliser un public exigeant et de transmettre aux jeunes générations l'ampleur des cathédrales lyriques du XIXe siècle. La saison 2025-2026 de la maison Bastille-Garnier s'annonce riche, avec notamment le retour très attendu de Jonas Kaufmann dans Tosca , et l'entrée au répertoire de Satyagraha de Philip Glass – preuve qu'on peut défendre le grand répertoire sans fermer la porte à la création contemporaine. Ce qui me frappe dans cette effervescence, c'est la capacité de nos institutions à maintenir une exigence artistique malgré les contraintes budgétaires et les tensions qui traversent notre société. L'Opéra national Normandie Rouen, qui accueillera les Victoires en mars, affiche une activité foisonnante depuis la fusion de l'Opéra et de l'Orchestre en septembre 2024. Leur ambition : rayonner dans toute la Normandie, y compris dans les villages les plus éloignés. C'est cette mission de service public culturel, enracinée dans nos territoires, qui doit guider nos politiques : faire vivre l'excellence partout, refuser la concentration parisienne, transmettre un patrimoine qui forge notre identité. Car au fond, ce qui se joue sur nos scènes d'opéra dépasse largement le simple divertissement. C'est notre culture, notre langue, notre génie musical qui s'y exprime et s'y perpétue. À l'heure où tant de voix voudraient nous convaincre que ces arts seraient élitistes ou dépassés, ces programmations audacieuses démontrent le contraire : la grande musique reste vivante quand elle ose l'exigence et la transmission. Précédent Écouter le direct Suivant
- Concert Vivaldi, Mozart, Orchestre Hélios direction Glen Rouxel, Eglise de la Madeleine, jeudi 3 avril | La Grande Musique
Concert Vivaldi "Les 4 Saisons", Mozart "Petite Musique de Nuit", Orchestre Hélios direction et violon solo Glen Rouxel, Eglise de la Madeleine, jeudi 3 avril 2025 à 20h45 < Retour E.Rials, rédacteur 18/04/25 Concert Vivaldi, Mozart, Orchestre Hélios direction Glen Rouxel, Eglise de la Madeleine, jeudi 3 avril 1/1 Concert Vivaldi "Les 4 Saisons", Mozart "Petite Musique de Nuit", Orchestre Hélios direction et violon solo Glen Rouxel, Eglise de la Madeleine, jeudi 3 avril 2025 à 20h45 Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien L’Orchestre Hélios : Fondé en 2014 par Paul Savalle, l’Orchestre Hélios favorise l’insertion professionnelle des jeunes musiciens par la pratique orchestrale. Association ambitieuse et éclectique, il propose un perfectionnement aux jeunes diplômés auprès de professionnels expérimentés. Son répertoire, allant du baroque au contemporain, mêle musique symphonique et chorale grâce à l’implication de chœurs territoriaux, au cœur de son projet artistique. L’orchestre, à géométrie variable (du quatuor au grand orchestre), permet une grande diversité de formations et de répertoires. Cette souplesse lui ouvre l’accès à des lieux patrimoniaux inédits et facilite la rencontre avec divers publics. Composés de musiciens issus des grands conservatoires, plusieurs membres jouent aussi dans des orchestres nationaux. D’origine normande, l’ensemble s’est élargi à d’autres régions, affirmant son ancrage territorial et sa mission de lien entre formation et profession. https://classiqueatoutprix.placeminute.com/ Précédent Écouter le direct Suivant
- Bashar Nasri Président de Dorin, le parfum né à l’ombre de Marie‑Antoinette | La Grande Musique
Bashar Nasri raconte l’histoire de Dorin, maison de parfum française née au XVIIIe siècle. Marie-Antoinette et Louis XVI avaient décerné à la Maison Dorin le titre de « fournisseur de la cour de Versailles » pour la qualité de ses poudres et fards. Né à Damas, musicien puis entrepreneur, Bashar Nasri évoque un parcours d’opportunités, jusqu’à relancer cette marque patrimoniale et ses archives comme un véritable trésor. Dernière création évoquée: « God is coming down », un parfum inspiré des senteurs d’église, pensé comme un appel à la paix et destiné au pape. < Retour E.Rials, rédacteur 15/02/26 Bashar Nasri Président de Dorin, le parfum né à l’ombre de Marie‑Antoinette 1/1 Bashar Nasri raconte l’histoire de Dorin, maison de parfum française née au XVIIIe siècle. Marie-Antoinette et Louis XVI avaient décerné à la Maison Dorin le titre de « fournisseur de la cour de Versailles » pour la qualité de ses poudres et fards. Né à Damas, musicien puis entrepreneur, Bashar Nasri évoque un parcours d’opportunités, jusqu’à relancer cette marque patrimoniale et ses archives comme un véritable trésor. Dernière création évoquée: « God is coming down », un parfum inspiré des senteurs d’église, pensé comme un appel à la paix et destiné au pape. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien à propos : Bashar Nasri est un entrepreneur franco-syrien au parcours atypique et romanesque, à la croisée des sciences, des affaires et de la création. Né en Syrie, il suit des études d’ingénieur à l’université de Damas avant de s’installer en France au début des années 1960, où il poursuit sa formation en géophysique à Paris. Durant ses années étudiantes, il mène une vie débrouillarde et plurielle : musicien amateur, il joue de la guitare dans des bars pour subvenir à ses besoins. Après l’obtention de son doctorat, il retourne en Syrie pour travailler au ministère du Pétrole. Toutefois, ses méthodes jugées trop innovantes ne trouvent pas leur place dans l’administration, ce qui le pousse à revenir en France où il s’installe définitivement. Sa carrière prend alors une dimension internationale et multidisciplinaire. Il travaille d’abord dans le secteur pétrochimique, avant de créer sa propre structure. Il devient successivement conseiller technique auprès de ministères du pétrole dans plusieurs pays arabes, journaliste spécialisé, puis décorateur. Il participe à des projets prestigieux, notamment pour des membres de la famille royale du Qatar et d’Arabie saoudite, en collaboration avec le groupe Saudi Oger. Toujours en quête de diversification, Bashar Nasri s’investit également dans le cinéma, en coproduisant des films comme Le sang des autres de Claude Chabrol et Louisiane de Philippe de Broca. Dans les années 1990, il se tourne vers la parfumerie en lançant la marque Kesling, misant sur des essences rares, notamment issues de Damas. Cette activité l’amène à collaborer avec la maison Dorin, l’une des plus anciennes maisons de parfums françaises. En 2000, il en fait l’acquisition, récupérant à la fois la marque et des archives historiques remontant à plus de deux siècles. Bashar Nasri devient ainsi le propriétaire et le relanceur d’un patrimoine oublié de la parfumerie française, redonnant vie à la maison Dorin et à ses créations historiques. https://www.lagrandemusique.fr/podcast-laurent-poultier-du-mesnil Précédent Écouter le direct Suivant
- Le coup de canne qui tua Lully | La Grande Musique
Le 8 janvier 1687, Lully dirige son Te Deum pour Louis XIV quand survient la catastrophe : un coup de canne sur l'orteil déclenche une gangrène mortelle. Le compositeur refuse obstinément l'amputation – il ne peut renoncer à la danse, ce plaisir essentiel – et cette vanité scelle son destin. Le 22 mars, après avoir composé « Pécheur, pécheur, il faut mourir », le maître de la musique baroque s'éteint à 54 ans, victime du plus absurde décès de l'histoire musicale. < Retour E.Rials, rédacteur 16/11/25 Le coup de canne qui tua Lully 1/1 Le 8 janvier 1687, Lully dirige son Te Deum pour Louis XIV quand survient la catastrophe : un coup de canne sur l'orteil déclenche une gangrène mortelle. Le compositeur refuse obstinément l'amputation – il ne peut renoncer à la danse, ce plaisir essentiel – et cette vanité scelle son destin. Le 22 mars, après avoir composé « Pécheur, pécheur, il faut mourir », le maître de la musique baroque s'éteint à 54 ans, victime du plus absurde décès de l'histoire musicale. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien https://www.lagrandemusique.fr/podcast-pauline-courtin Précédent Écouter le direct Suivant
- Concert Daria Davidoff le 4 octobre 2025 au Conservatoire Rachmaninoff | La Grande Musique
Récital spécial de la Cantatrice Daria Davidoff au Conservatoire Serge Rachmaninoff de Paris, le Samedi 4 octobre 2025. < Retour E.Rials, rédacteur 23/09/25 Concert Daria Davidoff le 4 octobre 2025 au Conservatoire Rachmaninoff 1/1 Récital spécial de la Cantatrice Daria Davidoff au Conservatoire Serge Rachmaninoff de Paris, le Samedi 4 octobre 2025. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Récompensée par de nombreux prix internationaux, Daria Davidoff est une célèbre Soprano internationale, ayant fait ses débuts au Théâtre du Bolchoï et comme solliste au Théâtre de Moscou Stanislavski et Nemirovitch-Dantchenko, ainsi que pour la télévision. Elle s'est produite dans les plus beaux théâtres et opéras des Etats-Unis, Allemagne, Chine, Japon, Russie, Autriche, Pologne, Danemark, Finlande, République Tchèque, Portugal, Tanzanie, Congo, Italie, Liban, France, etc. Aussi, c'est une grande chance de pouvoir l'écouter et profiter de sa présence en France, entre deux destinations internationales, en partenariat exceptionnel avec votre radio de musique classique LA GRANDE MUSIQUE. Au programme de cette soirée exceptionnelle : Debussy, Ravel, Tchaikovsky, Rachmaninoff. ATTENTION : nombre de places limité Informations complémentaires : Réservations : Inscription et réservation contact@davidoff.paris Téléphone : +33 (0) 6 03 61 00 62 Précédent Écouter le direct Suivant
- Aida de Verdi renaît sous le regard brûlant de Shirin Neshat à l’Opéra Bastille | La Grande Musique
La metteuse en scène iranienne Shirin Neshat propose à l’Opéra de Paris une relecture saisissante de l’Aida de Verdi, entre tragédie antique et échos des conflits contemporains, portée par une distribution vocale d’exception. Opéra Bastille du 24 septembre au 04 novembre 2025. < Retour E.Rials, rédacteur 03/10/25 Aida de Verdi renaît sous le regard brûlant de Shirin Neshat à l’Opéra Bastille 1/1 La metteuse en scène iranienne Shirin Neshat propose à l’Opéra de Paris une relecture saisissante de l’Aida de Verdi, entre tragédie antique et échos des conflits contemporains, portée par une distribution vocale d’exception. Opéra Bastille du 24 septembre au 04 novembre 2025. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien L’Opéra Bastille a ouvert sa saison avec un choc esthétique et politique : Aida de Giuseppe Verdi, revisitée par l’artiste et cinéaste iranienne Shirin Neshat. Ce monument du répertoire, créé au Caire en 1871, est ici transfiguré par une mise en scène qui met en lumière les fractures du monde contemporain. Exit l’exotisme poussiéreux des temples égyptiens et des processions triomphales : place à une fresque sombre, tendue, où se superposent l’intime et le géopolitique, la passion et la guerre. Une Aida à l’épreuve du présent Shirin Neshat n’a jamais caché sa volonté de replacer l’opéra dans une actualité brûlante. Les costumes, signés par la créatrice elle-même, mélangent influences antiques et accents militaires modernes : uniformes kaki, foulards noirs, silhouettes évoquant à la fois l’Iran d’aujourd’hui et un Moyen-Orient ravagé par les conflits. Les projections vidéo qui ponctuent la scène, autre marque de fabrique de l’artiste, plongent le spectateur dans un univers de ruines, de visages en gros plan et de cortèges endeuillés. La « marche triomphale », souvent prétexte à des défilés spectaculaires, prend ici des allures funèbres : la victoire a le goût amer du sang versé. Cette relecture dérange, mais elle passionne. Car sous l’apparat verdien, il y a toujours eu une œuvre profondément politique. Verdi lui-même, chantre du Risorgimento italien, savait que derrière l’histoire d’une princesse éthiopienne captive et amoureuse de son ennemi Radamès, se jouait un drame universel : celui de la domination, de l’exil et du sacrifice. Neshat ne fait que tendre ce miroir à notre époque. Une distribution de haut vol Pour donner chair à cette vision, l’Opéra de Paris a réuni une distribution exceptionnelle. Dans le rôle-titre, la mezzo-soprano belge Ève-Maud Hubeaux impressionne par la noblesse de sa diction et la profondeur de son timbre, capable de passer de l’élan héroïque à la fragilité la plus désarmée. Face à elle, le ténor polonais Piotr Beczała campe un Radamès d’une intensité dramatique rare, éclatant dans ses aigus mais bouleversant dans ses hésitations de soldat partagé entre l’amour et le devoir. Amneris, la rivale, est incarnée par la mezzo Clémentine Margaine, dont la puissance scénique emporte tout sur son passage. Sa jalousie, sa rage, mais aussi sa douleur finale résonnent avec une vérité déchirante. Les seconds rôles, du Roi d’Égypte au grand prêtre Ramfis, complètent avec brio cette distribution homogène. À la baguette, le chef italien Michele Mariotti dirige l’Orchestre de l’Opéra national de Paris avec une énergie précise et fluide. Sous sa direction, la partition déploie toute sa richesse : éclats guerriers, grands ensembles choraux, mais aussi ces pages intimes où Verdi laisse parler la tendresse. Le Chœur de l’Opéra, magnifiquement préparé, s’impose comme un protagoniste à part entière, rendant palpable la ferveur d’un peuple tantôt exalté, tantôt accablé. Un opéra-monde Ce qui frappe, au-delà de la réussite musicale, c’est l’intensité avec laquelle le spectacle dialogue avec notre monde. Quand Aida et Radamès choisissent de mourir ensemble plutôt que de trahir leurs idéaux, c’est toute la condition humaine face à la violence des régimes qui s’exprime. Neshat filme cette mort lente comme une image de résistance : deux êtres écrasés par l’Histoire, mais invincibles dans leur fidélité à l’amour. Cette Aida n’est pas seulement une redécouverte d’un chef-d’œuvre lyrique ; c’est une expérience esthétique et politique, un coup de poing visuel qui oblige à penser l’opéra autrement. Comme l’écrit un spectateur en sortant : « On n’assiste pas à un simple spectacle, on traverse une épreuve ». Un pari audacieux pour l’Opéra de Paris En confiant à Shirin Neshat les clés de ce classique du répertoire, l’Opéra de Paris a pris un risque. Mais c’est précisément ce risque qui redonne au théâtre lyrique sa vitalité. Le public, parfois bousculé, ressort profondément marqué, preuve que l’art lyrique reste un espace de débat et d’émotion. Plus de 150 ans après sa création, Aida continue de nous parler. Verdi voulait faire de l’opéra une tribune pour l’humanité. En 2025, à l’Opéra Bastille, Shirin Neshat lui offre une nouvelle jeunesse, sombre et éclatante, qui résonne avec les tumultes de notre temps. Opéra Bastille du 24 septembre au 04 novembre 2025 de 15 € à 220 € Réservations : https://www.operadeparis.fr/saison-25-26/opera/aida#calendar Durée : 3h20 avec 1 entracte Langue : Italien Surtitrage : Français / Anglais https://www.operadeparis.fr/saison-25-26/opera/aida#calendar Précédent Écouter le direct Suivant
- Jean-Nicolas Diatkine, au piano comme au volcan : un 29 novembre exceptionnel à la Salle Cortot | La Grande Musique
Le 29 novembre à 20h, Salle Cortot, Jean-Nicolas Diatkine fait dialoguer Brahms, Schubert et Beethoven dans un récital placé sous le signe de la lumière arrachée à l’ombre. Un programme tendu comme un arc, pour un pianiste que la critique salue pour sa profondeur spirituelle autant que pour sa virtuosité. < Retour E.Rials, rédacteur 19/11/25 Jean-Nicolas Diatkine, au piano comme au volcan : un 29 novembre exceptionnel à la Salle Cortot 1/1 Le 29 novembre à 20h, Salle Cortot, Jean-Nicolas Diatkine fait dialoguer Brahms, Schubert et Beethoven dans un récital placé sous le signe de la lumière arrachée à l’ombre. Un programme tendu comme un arc, pour un pianiste que la critique salue pour sa profondeur spirituelle autant que pour sa virtuosité. Facebook X (Twitter) WhatsApp LinkedIn Pinterest Copier le lien Je ferme les yeux et j’entends d’abord un silence. Celui, raconté par plusieurs critiques, qui s’est abattu sur la salle Gaveau lorsque Jean-Nicolas Diatkine a laissé mourir le dernier accord de la Sonate « Waldstein » de Beethoven : un public retenu au bord du souffle, comme si personne n’osait briser la prière. C’est ce silence-là, plein, habité, qui me revient en pensant à son prochain récital à la Salle Cortot, le samedi 29 novembre à 20h, intitulé « Schubert et Beethoven, de l’ombre à la lumière ». Ce soir-là, dans l’écrin de la rue Cardinet, le pianiste français proposera un voyage très pensé à travers le romantisme allemand : Brahms pour ouvrir la soirée, avec la Rhapsodie n°1 op.79 ; Schubert avec le premier Klavierstück D.946 puis les Six Moments musicaux D.780 ; enfin Beethoven, d’abord la Sonate n°15 op.28 dite « Pastorale », puis l’Appassionata, l’une des sonates les plus brûlées au fer rouge de tout le répertoire. Le concert est annoncé sur le site de la Salle Cortot et sur plusieurs agendas parisiens qui précisent les mêmes œuvres, les mêmes horaires et les mêmes fourchettes de prix, de 17 à 55 €. En lisant l’entretien que Diatkine a accordé à Classiquenews , je comprends mieux la cohérence de cette soirée : le pianiste y explique comment il veut éclairer ce qui relie Brahms à Schubert, sans rien édulcorer des tempêtes intérieures de Beethoven. Il ne s’agit pas d’un programme « joli » mais d’un itinéraire dramatique, presque moral : la fragilité schubertienne, écrasée mais fécondée par la puissance de Beethoven, comme si le disciple trouvait enfin, après la mort du maître, la force de dire sa propre nuit. Une note de programme publiée sur Infoconcert va d’ailleurs dans le même sens en rappelant combien l’admiration de Schubert pour Beethoven fut à la fois paralysante et libératrice. Derrière ce projet se dessine un musicien à la trajectoire singulière. Né à Paris en 1964 dans une famille de médecins très engagés, Jean-Nicolas Diatkine a grandi dans une culture du service et du soin aux plus fragiles. Ses parents ont attendu la fin de ses études scientifiques avant de le soutenir dans le choix du piano, mais l’enfant avait déjà trouvé sa voie dès six ans. Son parcours le mène à plusieurs disciples de Claudio Arrau, puis à Londres auprès de Ruth Nye, qui lui transmet l’art des couleurs sonores, et enfin au compositeur Narcis Bonet, héritier de Nadia Boulanger, qui l’initie pendant treize ans à l’analyse de l’architecture musicale. Quand je regarde ce chemin, j’y vois une fidélité très classique : l’idée qu’un art authentique se construit dans la durée, dans la transmission des maîtres, loin de la vitesse et du bruit de notre époque. Ses disques racontent la même exigence. Pizzicato a salué la maîtrise dynamique et la profondeur de son album consacré aux Bagatelles de Beethoven, à la Sonate en si mineur de Liszt et à la Mort d’Isolde de Wagner, enregistrés Salle Gaveau : un jeu à la fois inventif, très mélodique, d’une articulation vive et d’une sensualité presque mystique. Crescendo, de son côté, a souligné la hauteur de vue de son Liszt « transcripteur », capable d’unir la forme et le fond dans une discographie déjà très fournie, et salue un Chopin « de haut vol » où chaque prélude est pensé comme un petit drame autonom. Ces critiques convergent : Diatkine n’est pas un pyrotechnicien de plus, mais un conteur qui met la virtuosité au service de la pensée musicale. La presse française l’observe aussi de près. Sur Vieillecarne , Stéphane Loison décrit ce silence impressionnant régnant à Gaveau pendant Bach et Beethoven, ce public « suspendu » à ses propositions musicales. Dans un autre portrait, le même site le montre chez lui, face à la Maison de la Radio, entouré de partitions, de tableaux abstraits et d’un étonnant simulateur de vol ; un petit autel bouddhiste côtoie des étagères remplies de livres. Je trouve ce détail touchant : un pianiste qui, loin des slogans creux, cherche dans la pratique spirituelle et dans le jeu une forme de verticalité, une manière de tenir debout dans un monde qui vacille. Le 29 novembre, cette verticalité passera d’abord par Brahms. La Rhapsodie op.79 n°1 n’est pas une ouverture mondaine mais une sorte de prière inquiète. Les critiques qui l’ont entendu dans Brahms et Schumann avec la violoncelliste Estelle Revaz parlent d’un chambriste solide et puissant, capable d’écouter l’autre tout en tenant la charpente harmonique. Je m’attends à retrouver cette noblesse du geste dans la façon dont il installera d’emblée la gravité du programme. Vient ensuite Schubert, d’abord avec le Klavierstück D.946, puis avec les Moments musicaux. Classicagenda, qui consacre un portrait détaillé à ce récital, insiste sur la manière dont Diatkine sait faire entendre chez Schubert « l’introspection et l’héroïsme » : un mélange de pudeur et de fièvre qui parle à nos propres fragilités. J’y vois quelque chose de profondément européen, au sens noble du terme : cette conscience que la beauté naît de la souffrance assumée, et que la musique nous aide à traverser l’épreuve sans renier nos racines. Beethoven refermera le triptyque. La Pastorale, souvent jouée comme une simple promenade champêtre, devient chez Diatkine une respiration habitée, un paysage intérieur. Puis l’Appassionata surgit, et avec elle ce feu que tous les témoignages évoquent : un jeu puissant mais jamais brutal, des contrastes fouillés, une construction dramaturgique pensée jusque dans le dernier galop. Dans un monde où l’on confond trop souvent liberté et pulsion immédiate, cette façon de tenir la forme, de dompter la tempête sans en étouffer la vérité, me paraît profondément salutaire. Au-delà du cas Diatkine, ce récital me semble incarner une certaine idée de la culture que j’aimerais voir davantage défendue en France : une culture qui ne s’excuse pas d’être exigeante, qui assume l’héritage chrétien et classique de notre continent comme une chance plutôt que comme un fardeau, qui ose parler d’âme, de courage, de transmission. Dans la petite salle Cortot, bâtie pour l’École normale de musique, ce 29 novembre aura des airs de veillée : un pianiste, trois compositeurs, et un public qui vient chercher autre chose qu’un simple divertissement du samedi soir. Pour celles et ceux qui souhaitent réserver, l’événement est référencé sur le site de la Salle Cortot ainsi que sur Classicagenda , L’Officiel des spectacles , Infoconcert ou encore Billetreduc , qui confirment tous la date du samedi 29 novembre 2025 à 20h, Salle Cortot, Paris 17e. Ce soir-là, je n’aurai pas seulement le sentiment d’assister à un beau concert de piano. J’aurai surtout le sentiment de voir, le temps d’une Rhapsodie, d’un Klavierstück ou d’une Appassionata, un homme mettre son art au service d'une certaine idée de la musique, de l’Europe et, osons le mot, de la dignité humaine. Précédent Écouter le direct Suivant











